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Pierre-Elie de Pibrac – Desmemoria

Du 5 juin au 5 juillet 2026 – Vernissage jeudi 4 juin à 17h30
Vernissage au chateau d'eau à18h30

Le sucre est le sang de Cuba. Il en est aussi l’âme. Pendant des siècles, la culture de la canne a façonné les structures économiques, sociales et identitaires de l’île. À l’origine du métissage cubain, elle a accompagné les mutations du pays, nourri ses imaginaires et soutenu ses récits politiques.

Avec Desmemoria, Pierre-Elie de Pibrac propose une immersion au cœur de cet héritage aujourd’hui en déclin. Entre 2016 et 2017, le photographe séjourne 8 mois en famille, à Cuba et rencontre les azucareros, ouvriers du sucre dont les métiers, autrefois centraux, sont aujourd’hui menacés de disparition. À travers leurs visages, leurs gestes et leurs lieux de vie, il donne à voir les conséquences humaines de l’effondrement d’un système.

Au début des années 2000, la fermeture de plus de 70 % des sucreries du pays, consécutive à la chute du bloc soviétique, bouleverse profondément l’économie et le tissu social cubains. En quelques années, des millions de personnes se retrouvent privées de leur activité, contraintes de vivre dans des villages désertés, marqués par la précarité et l’absence de perspectives.

Pour rendre compte de cette réalité, Pierre-Elie de Pibrac développe une approche photographique qui conjugue exigence documentaire et construction plastique. Travaillant notamment à la chambre photogra- phique, il instaure avec ses sujets un temps de pose et d’échange qui engage une forme de « dialogue photo- graphique ». Ses images, à la fois précises et silencieuses, portent la trace des individus tout en inscrivant leurs existences dans une dimension plus large, historique et sociale.

Le projet se déploie en plusieurs registres : du documentaire au portrait, jusqu’à une écriture plus allégorique. Certaines séries, comme Silenciar, prolongent cette réflexion en donnant forme à une parole empêchée, où les corps deviennent des figures suspendues, presque fantomatiques. Ainsi Desmemoria interroge la manière dont les images peuvent témoigner des cycles de l’Histoire. À travers cette œuvre, Pierre-Elie de Pibrac propose une méditation sur la disparition, la mémoire et le devenir des sociétés, donnant à voir les visages d’un monde en train de s’effacer.

*série Hakanai Sonzai exposée au Château d’eau

Biographie

Pierre-Elie de Pibrac, né le 20 juin 1983 à Paris, a une approche singulière de la photographie, à mi-chemin entre la tradition du reportage humaniste et la photographie plasticienne, chaque projet immersif faisant l’objet d’un important travail de recherche et d’une approche conceptuelle déterminée par le sujet.

Nommé Emerging European Talent par le Fotomuseum Winterthur en 2019, Pierre-Elie de Pibrac a bénéficié d’expositions dans de nombreuses institutions en France et à l’étranger ; au Channel NeXus Hall de Tokyo, au Musée des Arts Asiatique de Haïfa, aux Rencontres d’Arles, à Kyotographie, au Festival Planches Contact de Deauville, à La Casa Victor Hugo de la Havane, au Musée du Nouveau Monde de la Rochelle ou encore au Mu- sée National des Arts Asiatiques – Guimet.

« Pour mener à bien mes projets, j’ai besoin de m’immerger profondément dans la vie de ceux que je vais suivre » explique le photographe. Comme le souligne l’historien de la photographie Michel Poivert : « Pierre-Elie de Pibrac fait sienne les valeurs de l’instrument : l’opérateur est non seulement visible, mais il co-construit avec la pose et les échanges un « dialogue photographique » avec celui qui livre son image. »

Passant du noir et blanc à la couleur, de l’argentique au numérique, Pierre-Elie de Pibrac est en quête, pour chacun de ses projets, d’un procédé de prise de vue et d’une technique de tirage en totale adéquation avec le sujet.

Ces deux séries, présentées au Château d’Eau et à la Chapelle des Cordeliers, sont les premières parties d’une trilogie anthropologique et sociale dont la dernière, « Le Cri des Racines » a été réalisée en Israël.

Pierre-Elie de Pibrac a été lauréat du Prix Levallois en 2018 avec la première partie de la trilogie Desmemoria réalisée à Cuba en 2016- 2017. Le livre éponyme aux éditions Xavier Barral obtient en 2020 le prix HIP du meilleur livre photographique.

Hakanai Sonzai, projet réalisé au Japon entre 2019 et 2020 a été lauréat du Taylor Wessing Prize de la National Portrait Gallery de Londres en 2021, exposé au Musée National des Arts Asiatiques – Guimet en 2023 et a donné lieu à la publication d’un ouvrage publié aux éditions Atelier EXB.

Ses oeuvres sont présentes dans de nombreuses collections publiques ou privées, notamment celles du Musée Guimet, de la banque Neuflize-OBC, de la collection Bachelot, de la BNF, du Musée de l’Elysée de Lausanne, du Musée Tikotin de Haïfa, de la fondation Aperture de New-York, ou encore de la National Portrait Gallery de Londres.

Pierre-Elie de Pibrac est représenté par l’Agence Vu’ et la Galerie Anne-Laure Buffard.

Chapelle des Cordeliers, 13 rue des Lois, 31000 Toulouse
Ouvert du mardi au samedi de 14h à 19h