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C’est cette volonté qui permet une action de tous les jours.

Donc lorsque vous naviguez sur le site de Contemporanéités de l’art, vous contribuez à chauffer des appartements ! (regardez la vidéo)

Visite guidée du Data center D4 à Génève

Infomaniak est aujourd’hui géré par une fondation.

Avec une gouvernance en toute transparence.


Florian Jayet & Antoine Vincens de Tapol - Décors

Du 2 juillet au 17octobre 2026 - Vernissage jeudi 2 juillet à 18h30

Avec l’exposition Décors, le musée Arthur Batut se pare de la tenue estivale : couleurs éclatantes, lumières vives, mer bleu turquoise, exotisme etc. Une grande partie de la panoplie des termes communément associés à cette saison et aux vacances pourrait qualifier les œuvres d’Antoine Vincens de Tapol et de Florian Jayet. Néanmoins derrière l’apparente séduction des images, ces artistes mettent en exergue des angoisses bien ancrées dans notre monde contemporain.

Pour Antoine Vincens de Tapol, l’expression de celle-ci passe par une relecture de ses propres archives photographiques de voyage qu’il croise avec les photos de vacances de ses grands-parents qui ont fait beaucoup de tourisme à travers le monde dans les années 70. A la croisée de ces deux pratiques, qu’il ne cherche volontairement pas à distinguer dans sa présentation, la même quête : celle de garder trace de ce « paradis perdu » qu’est cet ailleurs fantasmé à partir de récits antérieurs teintés d’exotisme.

Florian Jayet nous propose quant à lui une dystopie : celle d’un monde ou la montée des eaux a recouvert une bonne partie de la surface de la terre, où les hommes ont disparu et n’ont laissé comme trace de leur présence que des objets manufacturés. Ces mises en scène pleines de poésie, baignées du bleu chatoyant de la mer méditerranée sous le soleil, renvoient, aussi bien à une imagerie de l’archéologie sous-marine qui nous est familière qu’à la question de la croissance exponentielle des déchets qui polluent des espaces jusqu’alors préservés.

Antoine Vincens de Tapol, Les Paradis perdus

Les photographies présentées sont celles de mes grands-parents ainsi que les miennes et peu importe si les lieux, les légendes deviennent interchangeables.

Depuis les premiers voyages, depuis toujours, nos récits s’attachent à fantasmer l’ailleurs à partir de récits antérieurs. Le voyage est une fiction qui se construit sur une nostalgie d’un passé que l’on n’a même pas vécu. Mais à cataloguer la beauté du monde, ne nous faisons pas les publicitaires d’une beauté colossale ? À l’époque de mes grands-parents, le mot anthropocène n’existait pas. Aujourd’hui, je réalise que chaque génération a la conviction d’assister au couchant d’un monde, d’en être le dernier témoin.

Entre les années 70 et aujourd’hui, le monde ne cesse de se muer. La guerre, l’essor, l’eau, le sec, la science, le temps bouleversent « les décors ». D’une génération à l’autre s’imprime la même quête – celle chimérique – de photographier le sursis du paradis, sans savoir qu’un paradis ne peut pas mourir puisqu’il est éternel

Florian Jayet, Les bateaux voguent dans le ciel d’autrefois

Le bassin méditerranéen a vu naître et périr de nombreuses civilisations depuis l’antiquité. Une culture riche et foisonnante dont la mer, à la fois gardienne et témoin, conserve les traces. Notre époque contemporaine est le fruit de cette évolution. A l’ère de l’Anthropocène la méditerranée subit pourtant de plein fouet l’impact des activités humaines. En moins de 40 ans elle est devenue l’un des espaces maritimes les plus pollués au monde, avec quatre fois plus de concentration microplastique que le 7ème continent.

Une accumulation de déchets, d’artefacts qui questionneront les générations à venir et lointaines sur notre conscience humaine et la nature de notre civilisation.

De nouveaux symboles émergeront alors de ces vestiges pour nous représenter…Des images qui nous racontent…
Inspiré par le destin de ces vallées et villages sacrifiés, engloutis, pour créer des barrages hydroélectriques, et par l’écrivain André Besson, qui écrivit à ce sujet, j’ai choisi d’appeler cette série « Les bateaux voguent dans le ciel d’autrefois ».

En agençant des objets du quotidien à une profondeur de 10 à 15 mètres, je fais exister des scènes dystopiques qui questionnent le mode de vie des sociétés occidentales, l’impact de l’activité humaine sur l’environnement et l’héritage que nous laissons aux générations futures.

www.arthurbatut.fr

Espace Photographique Arthur Batut, 1 place de l'Europe 81290 Labruguière. Tél : 05 63 82 10 63
Ouverture : lundi : 14-18h, du mardi au vendredi : 10h-12h et 14-18h,samedi : 10h-12h et 14h-17h30