Les pierres murmurent. La lumière en réveille l’écho.
Elles se dressent, silhouettes noires sur l’horizon, semblant nées d’une ombre pétrifiée. Gardiennes fantômes de la mémoire des lieux, elles portent en elles des mythes oubliés dans les strates du temps, que les lueurs captées par le photographe viendraient réveiller.
Patxi Laskarai saisit ces spectres par le jeu de superpositions où chaque couche dévoile sur le papier un fragment d’éternité. Mais ses images en surimpression ne figent pas l’instant : elles le font vibrer.
Le minéral y devient transparent, la lumière y dessine des formes incertaines – visages sans traits qui semblent murmurer des noms perdus, gestes suspendus comme des prières inachevées, portes élancées comme des offrandes aux astres éternels, cercles qui ne se ferment jamais tout à fait, comme des danses interrompues.
À l’écoute des chuchotements de la pierre, les photographies de Patxi Laskarai créent des échos visuels qui résonnent entre ombre et clarté.
Il fait de chacune de ses images une apparition, une respiration entre deux mondes, un moment où la matière laisse filtrer l’invisible, où le présent se laisse traverser par ce qui fut, où la lumière devient le langage secret des choses muettes.
Didier Mandart / L’ANGLE