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Kouka Ntadi

Du 21 juin au 1 novembre 2026 - Vernissage samedi 20 juin à 17h30

Contempler le travail de Kouka, c’est entrer dans une cohérence rare, presque troublante.

Son trait est brut, immédiat, presque instinctif mais toujours guidé par une pensée profonde, une conscience aiguë de ce qu’il cherche. Il ne peint pas pour représenter, il peint pour comprendre. Et peut-être aussi pour se souvenir, peut-être même pour honorer une forme d’universalité enfouie en chacun de nous.

Au commencement, il y a eu les guerriers bantus. Ces silhouettes dressées comme des présences nous racontaient les Mémoires des Civilisations. Cette histoire venue d’une autre époque était plus vaste que l’individu et plus ancienne que les frontières.

Le guerrier de Kouka n’est pas une figure de conquête. Il est un gardien. Gardien d’une origine commune, d’une humanité partagée. Il nous regarde, parfois nous tourne le dos, mais il nous oblige toujours à nous situer. Qui sommes-nous, dans ce monde en mouvement ? D’où venons-nous ? Que reste-t-il de cette part essentielle que nous portons tous en nous ?

Cette même question traverse ses Vénus.

Figures de femmes, souvent enceintes, elles apparaissent comme des évidences silencieuses. Là où le guerrier protège, la Vénus engendre. Elle est le commencement, le berceau, la matrice. Dans ces corps, il n’y a ni idéalisation ni détour. Il y a la puissance nue du vivant. Kouka y célèbre une force universelle : celle de donner la vie, de porter en soi l’origine de tout. Une origine qui dépasse les cultures, les époques, les distinctions.

Ces figures prolongent, autrement, une réflexion ancienne sur la représentation. Là où l’histoire de l’Art a parfois assigné des rôles, hiérarchisé les corps et les regards, Kouka revient à l’essentiel : une humanité commune, incarnée, universelle.

Et puis, il y a eu la forêt …

Comme un glissement. Ou peut-être comme un retour.

Les paysages de Kouka parlent le silence, ses arbres portent le bruissement de nos antériorités et de nos intériorités. Après avoir cherché l’Homme, Kouka est allé le retrouver dans ce qui le précède et le dépasse. Sa forêt devient alors un espace de réconciliation. Elle porte en elle la transmission et l’apaisement.

En écho à son grand-père, le peintre Francis Gruber, Kouka prolonge une filiation. Cet héritage n’est pas figé, il est vivant comme une conversation à travers le temps.

Dans ses arbres, il n’y a plus de confrontation mais une respiration, une présence diffuse, presque collective. L’humain et le vivant ne font plus qu’un.

Au bout de la quête, il ne reste que cela : une énergie, une lumière, une force de vie. Kouka est un idéaliste.

Quand le monde devient trop sombre, le geste de Kouka produit de la lumière.

Ses œuvres n’apportent pas de réponses. Elles rappellent simplement que nous venons tous de la même Origine. Et dans un monde où tout semble fragmenté, cette idée devient presque un acte de résistance.

Guerrier, Vénus, Forêt, il y a toujours cette même intention : nous ramener à ce qui est fragile et précieux à la fois, la vie…

Nadège Buffe, Extrait du catalogue de l’exposition

Kouka Ntadi est un artiste franco-congolais né en 1981 à Paris, il est le petit-fils du peintre expressionniste Francis Gruber.

En 2005, il est diplômé de l’école des Beaux-Arts d’Avignon.

Sa peinture joue avec le langage du graffiti pour explorer le sens de l’image et venir questionner la notion d’origine.

Il utilise à la fois la bombe et le pinceau, et ses principaux supports d’expression artistique sont des éléments de récupération: du papier, du carton, du bois, de la toile de jute.

Son travail se caractérise par l’expression et la spontanéité du geste, laissant volontairement apparaître les imperfections et les coulures.

À travers l’art du portrait, Kouka développe ses thèmes autour de l’identité, la quête de soi, et l’essence de la nature humaine.

En 2008, Kouka crée sa célèbre figure des Guerriers Bantu, œuvre urbaine qui lui permets de se démarquer de ce qui se faisait auparavant et le fait connaître du grand public. Ce thème deviendra très vite le symbole de l’homme universel dans son travail artistique, qui tend à humaniser les espaces publics et rendre l’art accessible à tous.

Lors d’un voyage à Libreville au Gabon, il découvre ce qui aurait dû être le Centre international des civilisations bantu. Initié il y a plus de 20 ans, le projet inachevé est reconverti en camp d’entraînement militaire. En y apposant ses Guerriers Bantu comme figure de mémoire, il marque sa première empreinte urbaine singulière qui fera ensuite le tour du monde.

En 2011, Kouka investit le Château d’Albat’art, le plus grand squat d’artistes de Paris, qui resta ouvert de décembre 2010 à mai 2011. Soucieux de l’image du lieu, Kouka se lance dans un projet monumental: peindre une par une les fenêtres pour y apposer ses guerriers qui deviennent alors un symbole pour les habitants du quartier.

Le bâtiment va être transformé en hôtel de luxe, une vente aux enchères est alors organisée pour sauver les fenêtres. Les bénéfices seront reversés à la Fondation Chirac et à l’Amref1 Flying Doctors.

Ses guerriers immenses réalisés en 2013, 2014 et 2015 à Vitry-sur-Seine, Aulnay-sous-Bois, et Miami, témoignent de véritables performances artistiques et physiques qui inscrivent son art dans l’instantanéité.

Son style particulier dénonce, interroge, amuse parfois, et questionne toujours la condition humaine.

L’artiste Kouka est représenté en France par la galerie Taglialatella à Paris, et au Maroc par Jardin Rouge à Marrakech

www.espace-rebeyrolle.com

Espace Paul Rebeyrolle, route de Nedde, 87120 Eymoutiers Tél :  05 55 69 58 88
Ouvert tous les jours : 10 h à 18 h - L’été (juin/juillet/août) de 10h à 19h