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Stéphan Gladieu – Corée du Nord

Du 12 juin 2026 au 2 janvier 2027

« Le portrait est un miroir qui nous apprend autant sur nous-même que sur celui qui nous fait face. » Stéphan Gladieu

Stéphan Gladieu s’intéresse aux sociétés fermées et plus particulièrement aux portraits, interrogeant le rapport entre identité et apparence… Entre 2017 et 2020, il se rend cinq fois en Corée du Nord où, malgré un strict encadrement, il crée un espace de liberté à l’intérieur du cadre qui lui est imposé.

Sa série, inspirée par les codes de l’image de propagande, essaye de capter l’individu dans une société où seul le collectif compte et où le moindre des comportements est contrôlé. Elle décrypte une mise en scène quotidienne du régime.

C’est un pays que l’on connaît peu… et pour cause : la Corée du Nord est une des dictatures les plus fermées au monde.

Le photographe Stéphan Gladieu s’y est rendu cinq fois pour réaliser une série de portraits entre 2017 et 2020. Dûment autorisé à entrer dans ce pays de contrôle absolu, accompagné en permanence, il recrée, avec son studio photographique mobile, un cadre de liberté en jouant avec les arrière-plans et les codes de la propagande.

Du salon de coiffure à la patinoire, de l’usine à la rizière, une quarantaine de portraits ouvrent autant de fenêtres sur la vie quotidienne en Corée du Nord, documentant un moment charnière de l’histoire contemporaine.

Soigneusement étudiée, la mise en scène frontale des modèles offre une approche humaniste d’individus habituellement fondus dans le collectif. Le travail sur les couleurs et la répétition des poses agissent comme le fil conducteur de l’exposition, entre réalité et représentation, entre identités propres et apparences codifiées. En partageant le récit de ses séances de prises de vue, Stéphan Gladieu interroge également notre rapport aux images.

Devant l’appareil photographique, les Nord-Coréens nous regardent, autant que nous les observons. Mais que voient-ils en nous et que percevons-nous vraiment d’eux ?

Pourquoi avoir choisi la Corée du Nord pour ce projet ?

Au fil de mes années de grands reportages, je me suis rendu compte que j’allais souvent dans des endroits dans lesquels il était compliqué de rentrer : des dictatures, des endroits fermés, des sociétés secrètes… C’est pour cela que j’ai toujours eu une fascination pour la Corée du Nord. J’ai essayé pendant 15 ans d’y entrer, sans succès jusqu’à une rencontre qui m’as permis de rencontrer des représentants nord-coréens en France et d’obtenir l’autorisation de m’y rendre.

Quelle réalité avez-vous cherché à montrer à travers vos images ?
La Corée du Nord est un pays où le contrôle est absolu, mes déplacements ont donc été soumis à autorisation, et j’ai été encadré tout au long de mon séjour.

Imposer le portrait était un premier défi, mais le procédé photographique que j’ai choisi a dû les rassurer, puisque travailler de façon statique leur donnait certainement la sensation de contrôler la situation. Le lien qu’ils ont avec la perfection, avec le côté abouti des choses, le contrôle qu’ils souhaitent avoir sur la vie mais aussi l’esthétisme général de leur environnement les poussent à vivre dans une société qui est totalement théâtralisée.

Quand on regarde les photos, on a parfois l’impression qu’elles sont fausses, que ce sont des montages travaillés sur des fonds verts, qu’il y a quelque chose de stéréotypé.

C’est en réalité, volontaire, et ce que j’ai photographié est réel. Les gens que vous voyez sont habillés ainsi lorsque je les croise, les arrière-plans existent… Les Nord-Coréens vivent dans cefte société là. C’est leur mode de vie, c’est leur façon de fonctionner.

Quelle a été votre méthode pour ces portraits ?
Je vais choisir des gens de façon complètement aléatoire. L’expérience m’a appris que c’était souvent lié à des associations de couleurs, mais surtout de gens qui me touchent, quel que soit leur âge ou leur typologie. Je vais toujours rester à la même distance, à 5 mètres du modèle.

En indiquant une marque au sol et en demandant aux gens de se positionner là, je prends soin de toujours associer la personne que je photographie avec un arrière-plan.

C’est cette rencontre entre les deux que j’aime travailler.

Stéphan Gladieu

Stéphan Gladieu est né en 1969, il vit et travaille à Paris. Autodidacte, il débute sa carrière de photographe en 1989, en documentant les conflits et les sujets de société qui agitent le monde. Durant ces années, il se forge un style personnel basé principalement sur le portrait, alliant recherche esthétique et travail documentaire rigoureux.

Aujourd’hui, il se concentre sur la réalisation de séries personnelles qui interrogent le rapport entre identité et apparence, et notamment sur la standardisation d’idéaux collectifs qui « font société ». 

Son travail est régulièrement exposé et publié en France et à l’étranger.

www.museedesconfluences.fr

Musée des confluences, 86 quai Perrache 69002 Lyon. Tél : 04 28 38 12 12
Mardi à dimanche de 10h30 à 18h30 (période scolaire)
Lundi à dimanche de 10h30 à 18h30 (vacances scolaires)