16e biennale de Lyon 2022

16e édition de la Biennale d’art contemporain de Lyon

Biennale de Lyon 2022

Du 14 septembre au 31 décembre 2022

Manifesto of Fragility / Le Manifeste de la fragilité

La Biennale de lyon est heureuse d’annoncer sa 16e édition. Imaginée par les commissaires Sam Bardaouil et Till Fellrath comme un « Manifeste de la fragilité », la 16e édition de la Biennale d’art contemporain de Lyon, affirme la fragilité comme intrinsèquement liée à une forme de résistance, initiée dans le passé, en prise avec le présent et capable d’affronter l’avenir.
 
La 16e Biennale de Lyon se positionne résolument dans une perspective transhistorique avec des prêts exceptionnels en provenance du Metropolitan Museum of Art de New York, du Louvre Abu Dhabi, des Staatliche Kunstsammlungen Dresden, mais aussi de nombreuses institutions culturelles lyonnaises majeures, telles que le Musée des Beaux-Arts de Lyon, le Musée Lugdunum, le Musée des Tissus, le Musée des Confluences ou encore Gadagne.
 
Persuadée que le dialogue est primordial pour construire un avenir plus équitable et durable, la Biennale s’inscrit dans le temps avec une série d’évènements qui auront lieu avant, pendant et après la manifestation à Lyon, grâce à des collaborations engagées avec des institutions du monde entier.
 

A propos de Sam Bardaouil et Till Fellrath

Sam Bardaouil et Till Fellrath sont les fondateurs d’une plateforme curatoriale multidisciplinaire, lancée à New York et Munich en 2009. Ils président la Fondation Culturelle Montblanc à Hambourg et sont curateurs affiliés au Gropius Bau à Berlin. Curateurs indépendants et auteurs multi-primés, de renommée internationale, ils sont réputés pour leur exigeante démarche intertemporelle, transculturelle et pluridisciplinaire.

Leur pratique curatoriale s’inspire tout à la fois des pratiques artistiques du monde contemporain comme de leurs connaissances de la période moderne. Ils ont enseigné dans diverses universités dont la London School of Economics et l‘Université de New York.

Sam Bardaouil et Till Fellrath collaborent depuis 10 ans auprès d’institutions très diverses au plan mondial. Parmi leurs expositions : Walking through Walls, Ways of Seeing, Surrealism in Egypt, Mona Hatoum: Turbulence, Dansaekhwa and Korean Abstraction, Staging Film, Tea with Nefertiti, and Told Untold Retold.

Elles ont lieu dans des institutions telles que le Centre Pompidou à Paris, la Villa Empain à Bruxelles, le Kunstsammlung K20 à Dusseldorf, le Mathaf: Arab Museum of Modern Art à Doha, le Moderna Museet à Stockholm, l’IVAM à Valence, le Reina Sofia à Madrid, le Tate Liverpool, les Gwangju and Busan Museums of Art en Corée du Sud, le Beirut Exhibition Centre, ainsi que l’ARTER à Istanbul. En 2016, ils ont fait partie de l’équipe curatoriale de la 20e Biennale de Sydney.

Dans le cadre de la Biennale de Venise, ils ont assuré le commissariat du Pavillon du Liban en 2013 et du Pavillon des émirats Arabes Unis en 2019.

Pour en savoir plus sur les curateurs www.new.artreoriented.com

LYON

La 16e édition de la Biennale de Lyon s’inspire de l’histoire complexe de Lyon. De la glorieuse colonie romaine de Lugdunum jusqu’aux frères Lumière qui ont offert au monde les premiers films, de Napoléon en exil prononçant cette déclaration d’amour :

« J’aime fort les Lyonnais, ils me le rendent bien » jusqu’à Louise Brunet la méconnue et dont le périlleux voyage vers Beyrouth l’a conduite jusqu’aux usines de soie du Mont-Liban, le destin de Lyon est indissociable de celles et ceux qui l’ont traversée et marquée de leurs originalités, de leurs bizarreries et de leurs destinées souvent romanesques.

En invoquant ces multiples histoires, la 16e Biennale de Lyon explore la fragilité, à la recherche de connexions au-delà des limites de la géographie et du temps.

FRAGILITÉ

Notre fragilité est universelle – elle est ressentie partout et par tous, quel que soit le contexte dans lequel elle se révèle. Le corps en porte l’illustration.

Qu’il soit racisé, genré, colonisé ou surexploité, le corps est le premier des nombreux lieux où les conflits font rage et se dénouent, où la maladie empire et se soigne, et où la vie, dans toute sa complexité, débute et s’achève.

Les différentes strates de la société sont tout aussi fragiles, en particulier sur la ligne de crête qui sépare les nantis des démunis. L’agitation civile croissante suscitée par le refus de répondre aux injustices d’un autre âge et aux iniquités systématiques, renforce l’instabilité du tissu social.

Qu’elle se niche dans le corps meurtri d’un manifestant ou dans le ciel empli de cendres qui surplombe la surface enflammée de la terre, la conscience de notre précarité commune a rarement été aussi tangible et visible. La fragilité est inévitable et inhérente à notre planète.

RÉSISTANCE

La 16e Biennale de Lyon rassemble de nombreux objets et pratiques créatives qui incarnent la nature fragile et fugace de notre existence.

Ces pratiques évoquent la vulnérabilité des personnes et des lieux, mettent à nu leurs cicatrices et leurs difformités, témoignent de leurs tourments ou attirent simplement l’attention sur les traces indélébiles du temps. Que deviendrait notre monde si, au lieu de considérer la vulnérabilité comme une marque de faiblesse, nous l’exploitions pour tenter de reprendre le pouvoir ?

Dans ce nouveau scénario, le véritable pouvoir n’a pas pour but de conquérir de nouvelles frontières mais celui de poursuivre sa marche vers une sorte de paix intérieure. La Biennale propose une déclaration collective étayée par des voix résilientes – des voix qui se nourrissent de tendresse et s’épanouissent dans l’adversité.

Une communauté qui respecte la fragilité se forme là où le mot, l’image, le son et le mouvement se rejoignent, aboutissant à la rédaction d’un Manifeste de la fragilité pour un avenir collectif.

TEMPS

La 16e Biennale de Lyon considère que les artistes d’hier et d’aujourd’hui comptent souvent parmi les voix les plus vulnérables de nos sociétés. Cette vulnérabilité va de pair avec celle des objets et œuvres d’art ainsi créées.

Bibliothèques et musées sont les temples de ces témoignages temporaires que nous léguons aux générations futures, dans l’espoir que leurs héritages survivent à notre propre mortalité. De même, la nouveauté nous enchante, au risque de nous faire perdre notre capacité à apprécier la contemporanéité de toute forme d’art.

En abordant de front ces impulsions contradictoires, la 16e Biennale de Lyon rassemble des œuvres d’art et des objets qui couvrent des géographies composites sur plusieurs millénaires et qui déploient des récits intemporels faits de vulnérabilité et de persévérance. Puisant dans la richesse des collections des musées de Lyon et d’ailleurs, la Biennale de Lyon a pour objectif d’initier une nouvelle lecture des œuvres et des récits qu’incarnent ces institutions.

Faite de cycles éternels, notre fragilité revient constamment sur le devant de la scène : elle nous regarde droit dans les yeux, puis semble disparaître. Elle persiste sous la peau épaisse du temps, impassible mais bel et bien présente, silencieuse mais jamais réduite au silence.

Cité Internationale 81 quai Charles de Gaulle 69463 Lyon cedex 06