Manon Diemer & Lionel Dinis Salazar - Les Larmes de Sirène
Du 11 juillet au 6 septembre 2026 - Vernissage jeudi 10 juillet à 18h
L’exposition Les Larmes de Sirène, présentée à la Chapelle des Dames Blanches par Manon Diemer et Lionel Dinis Salazar, mène une réflexion artistique incisive sur la mutation écologique de nos océans. La Rochelle, cité maritime historique, devient le point névralgique d’un écosystème altéré, les artistes imaginent une ère où la nature ne subit plus la pollution, mais la métabolise.
C’est cette tension, là où l’esthétique du merveilleux se confronte au contact d’une réalité dystopique, qui marque l’avènement d’un nouveau paradigme.
Le nom de l’exposition, Les Larmes de Sirène, détourne une expression poétique donnée aux billes de microplastiques dans les eaux. Ces résidus quasi invisibles, irréversiblement incrustés dans les fonds marins, symbolisent une contamination de nos océans sans retour possible.
Pensée comme une archéologie spéculative, l’exposition emprunte au diorama naturaliste la posture de chercheurs compilant les premières reliques d’une biodiversité sous-marines en pleine mutation. Les artistes mettent en scène de troublantes hybridations à la lisière du vivant et du déchet synthétique. les larmes de Sirène
Des bas-reliefs gravés dans l’aluminium y côtoient des artefacts repêchés des abysses. À l’image d’une chaise en plastique phagocytée par des coquillages chimériques, l’objet manufacturé devient le nouveau récif. Coquillages, crustacés et algues ne subissent plus la pollution plastique : ils l’ingèrent et l’assimilent comme une extension structurelle de leur morphologie.
Ces organismes hybrides oscillent entre prolifération organique et logique quasi industrielle, dessinant une nouvelle taxonomie du vivant. Les coquilles se nourrissent de polymères et fusionnent avec eux, intensifiant l’éclat de leur nacre.
À travers ce dialogue poreux entre métal, sculpture et installation, le projet révèle une vertigineuse « fossilisation inversée » : ce n’est plus la nature qui sédimente le pétrole, mais la pétrochimie qui retourne vampiriser et reconfigurer le monde marin jusque dans ses strates et ses organismes les plus microscopiques.
Naviguant entre archive scientifique et mise en scène phénoménologique, l’exposition Les Larmes de Sirène sonde notre capacité à esthétiser la dystopie. L’exposition génère une zone d’éco-anxiété sourde où la beauté fascinante, devenue indissociable de la contamination, dresse le portrait d’une transformation de notre écosystème d’ores et déjà à l’œuvre
Biographies
Manon Diemer
Amoureuse de la mer depuis son enfance, Manon Diemer (1990) développe un travail visuel centré sur l’observation des océans.
Par une maîtrise rigoureuse du cadrage et de la lumière, elle traduit la beauté brute d’une nature sauvage, capturant ce “sentiment océanique” où l’individu se dissout dans l’immensité.
Elle articule les traces du réel dans un imaginaire qui se veut foisonnant, emprunt de mystères et de fantasmes.
Les sciences naturelles s’entremêlent aux mondes imaginaires inspirés de ses lectures et voyages. Manon Diemer porte une volonté d’investir les champs de l’écologie et de la protection de l’environnement.
Lionel Dinis Salazar
Designer et cofondateur de Döppel Studio, Lionel Dinis Salazar (1988) s’inspire de l’archéologie et de la mythologie. Il lie sa fascination pour la mer aux légendes locales par une approche sculpturale de la matière.
En explorant les récits ancrés dans les territoires, il place la narration au cœur d’installations immersives. Une pratique qui s’inscrit dans une recherche constante de dualité, d’équilibre entre fonction et émotion, imaginaire et rigueur.
Leur collaboration fusionne l’image et l’objet pour susciter une émotion plurielle. Avec Les Larmes de Sirène, les artistes cristallisent leurs obsessions communes : les fonds marins, le rite, la science et l’écologie. Le dessin s’y déploie en trois dimensions, amplifié par une mise en scène où l’objet et la lumière deviennent vecteurs de symboles et de messages.
www.larochelle.fr/chapelle-des-dames-blanches
Chapelle des Dames Blanches, 23 quai Maubec, 17000 La Rochelle. Tél : 05 46 51 53 78
Du mardi au dimanche de 14h30 à 18h30 et les matinées du mercredi et samedi de 10h30 à 12h30
- Dessin, Installation, Sculpture
- - Publié le
- Philippe Cadu














