Jean Dupas & Co - Le grand Art déco
Du 26 juin au 29 novembre 2026 - Vertnissahe jeudi 25 juin à 18h30
Première rétrospective dédiée à Jean Dupas (1882-1964), l’exposition met en lumière l’œuvre foisonnante et l’univers singulier de cet artiste majeur de l’Art Déco, dont la renommée s’est étendue de la France aux États-Unis dans les années 1920-1930.
Jean Dupas, figure emblématique de l’Art Déco
Le musée des Beaux-Arts de Bordeaux est heureux de présenter la première rétrospective dédiée à l’artiste d’origine bordelaise Jean Dupas (1882-1964), peintre et décorateur, dessinateur et affichiste, qui fut l’une des figures majeures de l’Art déco, en France comme aux États-Unis.
Figure iconique des années 1920-1930, Jean Dupas se distingue comme l’un des grands artistes de l’Art déco en développant un style particulièrement inventif, né d’une rencontre originale entre tradition éclectique et modernité cubiste. Son univers étrange et intemporel, peuplé de figures élégantes et d’animaux exotiques, s’est imposé dans les pavillons des grandes expositions internationales, les intérieurs de collectionneurs, les salons des paquebots transatlantiques et les bâtiments civils et religieux.
Héritier des ateliers académiques, nourri par l’exemple des maîtres de la Renaissance, Dupas voit dans le grand décor la finalité de son projet artistique : « Plus grand est mon travail, plus je suis heureux ».
Une exposition consacrée à l’âge d’or de l’Art Déco
L’exposition Jean Dupas & Co. Le grand Art déco met en lumière les artistes bordelais majeurs de l’Art déco et explore l’art de Dupas jusqu’aux années 1940, en se concentrant sur l’apogée des années 1920-30, illustrée par l’Exposition internationale des Arts décoratifs et industriels de 1925 ainsi que par les décors des paquebots transatlantiques.
À travers un panorama riche et transdisciplinaire (peinture, sculpture, arts graphiques, céramique…), l’exposition invite à redécouvrir la carrière et l’œuvre de Dupas, mais aussi sa résonance chez ses contemporains, pour ainsi l’inscrire dans le stimulant contexte culturel de l’entre-deux-guerres et des cercles artistiques qui ont gravité autour de sa personnalité si singulière.
Sont ainsi évoqués ses compagnons de route et émules, rencontrés à Bordeaux, Rome et Paris : Alfred Janniot, Lili Boulanger, Robert Pougheon, Jean Despujols, Pierre-Henri Ducos de la Haille, Pierre-Albert Bégaud, Raphaël Delorme, André Caverne, Jean Dunand ou encore René Buthaud.
Au-delà de son approche inédite, cette exposition fait aussi écho aux récentes célébrations nationales du centenaire de l’Exposition internationale de 1925, qui révéla Jean Dupas.
Le parcours d’exposition
– Au premier niveau, sur un écran LCD, poussent d’étranges fleurs, les Bella Donna sive Linnius de la série des Fractal Flowers. Ces fleurs virtuelles évoluent à la lisière de quatre mondes : végétal, minéral, animal et robotique. Nées de la germination numérique, elles dévoilent des formes poussées à l’extrême de leur géométrisation.
De différentes couleurs, elles naissent et ondulent au gré d’un vent virtuel que nous ne sentons pas, puis disparaissent pour laisser place à d’autres variations. Les plantes se courbent de droite à gauche, sans rompre leur fragile tige articulée. Miguel Chevalier nous convie à un vrai ballet végétal : les corolles tombent pétale par pétale, les feuilles chutent en une pluie poétique, les fleurs disparaissent dans une explosion d’étamines. Cette œuvre hypnotise dans une éblouissante dialectique entre le réel et le virtuel.
Mouvantes sur l’écran LCD, Fractal Flowers se fixent dans le temps sous différentes formes de créations :
L’installation Bella Donna sive Linnius 1 > 12, composée de 12 sculptures, matérialise ces fleurs algorithmiques. Ces sculptures post-virtuelles réalisées grâce à la technique d’impression 3D, disposées circulairement, matérialise la croissance virtuelle d’une Bella Donna de sa naissance à sa décroissance.
Bella Donna sive Linnius (Chronographie) comprend 12 digigraphies mêlant matité et brillance, témoins du cycle de la vie. Cette œuvre reprend le principe de la chronophotographie, développée dans les années 1870 par Eadweard Muybridge et Étienne-Jules Marey. Cette technique consiste à prendre une succession de photographies permettant de décomposer les phases d’un mouvement.
La tridimensionnalité des fleurs est aussi soulignée par la présentation d’un hologramme d’une Bella Donna. Il est la résultante de l’holographie, procédé de reproduction en relief qui enregistre le volume d’un objet en 3D et le restitue malgré sa planéité. Selon l’orientation du visiteur devant l’œuvre, il découvre une Fractal Flower en relief étonnante qui semble sortir du cadre. Le public est invité à se déplacer devant l’œuvre pour capter toutes les subtilités de ce jeu optique.
Un dessin codé réalisé au robot questionne quant à lui sur la multiplicité de l’œuvre à l’heure du numérique. Le procédé de création repose sur un code qui peut être interprété différemment selon les logiciels et admettre toutes les variations et supports possibles pour donner une matérialité au virtuel. Ainsi un bras robotique équipé d’un feutre est en mesure d’esquisser les contours d’une Bella Donna et de superposer plusieurs variations qui font écho aux Transparences chères à Picabia.
Enfin, une planche imprimée réalisée en 2010, présente côte à côte une Bella Donna et un texte rédigé par un générateur de textes (préfiguration de ChatGPT). La fiction est omniprésente dans ces descriptions imaginaires de l’origine et de la spécificité de ces Fractal Flowers.
– Au deuxième étage du centre, nous retrouvons 3 autres graines virtuelles de la série des Fractal Flowers : Lilus Arythmeticus dit d’Euclide (evolution 2), Alchemille Dentelée dit de Faust (evolution), Peyotl Mandragora Officinarum (evolution 2).
Ces 3 fleurs numériques seront présentées sur écran, accompagnées de 3 sculptures par impression 3D, 2 hologrammes et 7 dessins au robot réalisés en hommage aux Transparences de Francis Picabia.
L’exposition – Fractal Flowers, Transparences imaginaires – Hommage à Francis Picabia – questionne à la fois notre rapport à une nature de plus en plus maitrisée et conditionnée, ainsi que sur l’existence de la vie artificielle. Au-delà de leurs qualités esthétiques, les œuvres éveillent aux enjeux de la manipulation génétique : nul ne peut prédire ce que produiront ces fleurs, libres de se croiser et de se reproduire à l’infini… Elles interpellent sur une biodiversité à préserver au risque d’être réduite à une nature totalement artificielle.
La présentation, dans le hall d’accueil, d’un film de 46 minutes réalisé par Claude Mossessian invite à s’immerger au cœur de son univers artistique et de comprendre l’évolution de son travail.
www.musba-bordeaux.fr
Musée des Beaux-Arts de Bordeaux Jardin de la mairie 20, cours d’Albret
Galerie des Beaux-Arts, Place du Colonel Raynal 33000 Bordeaux
Tél : 05 56 96 51 60. de 11h à 18h Fermé mardi et jours fériés
- Art Moderne
- - Publié le
- Philippe Cadu














