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Au bord des mondes

Du 27 au 20 septembre 2026 - Vernissage jeudi 9 juillet à partir de 19h

Dans le cadre du Off d’Arles

À travers huit propositions photographiques et documentaires venues de différents territoires du monde, Au bord des mondes rassemble des artistes qui interrogent les manières contemporaines d’habiter la terre, d’habiter les frontières, les mémoires, les corps et les territoires fragilisés par les bouleversements écologiques, politiques et sociaux.

Que signifie habiter un territoire lorsque celui-ci disparaît, se transforme, brûle, se vide de son eau ou devient un lieu de guerre ? Comment continuer à habiter un monde traversé par les héritages coloniaux, les migrations forcées, les violences environnementales et les ruptures identitaires ? Les œuvres réunies ici explorent précisément ces zones de tension où vivre devient un acte de résistance.

Des rivages asséchés de la mer Caspienne aux terres brûlées de Californie, des plages de Gaza aux villages sacrés du Burkina Faso, des communautés mayas du Guatemala aux récits diasporiques entre Afrique, Caraïbes et Europe, les artistes donnent forme à des territoires en mutation, mais profondément habités. Habités par des souvenirs, des croyances, des langues, des gestes ancestraux, des récits invisibles et des formes de survie qui persistent malgré les fractures.

Ici, habiter ne signifie pas seulement occuper un espace géographique. Habiter devient une manière d’être au monde, de maintenir un lien avec le vivant, de transmettre une mémoire, de préserver une dignité ou de réinventer un “chez-soi”. Les corps eux-mêmes deviennent des territoires poreux, traversés par l’histoire, l’exil, les héritages et les transformations du paysage.

appartenance. Avec Dans ma chair, un pays, Nathyfa Michel imagine le corps comme une terre vivante où circulent mémoire, spiritualité et transmission diasporique.

La question écologique traverse fortement cette programmation. The Tears of Motherland de Masoumeh Bahrami témoigne de l’assèchement dramatique des zones humides iraniennes et de l’effondrement silencieux des écosystèmes. Guatemala, jusqu’à ce que le maïs repousse de Lys Arango documente la survie des communautés paysannes confrontées à la faim et à la sécheresse, tout en révélant la persistance des savoirs agricoles ancestraux. Avec HORŠE HÍYYIS, Kalie Granier met en lumière les pratiques de brûlage culturel des peuples autochtones Muwekma Ohlone, rappelant qu’habiter un territoire peut aussi signifier en prendre soin à travers des gestes transmis depuis des générations.

D’autres œuvres convoquent les dimensions spirituelles et symboliques du territoire. Nyaba Léon Ouedraogo et Arnold Fokam explorent les liens entre l’eau, les croyances et les cosmologies africaines, où humains, animaux et esprits coexistent dans des formes de relation qui résistent à la destruction des milieux naturels.

Enfin, l’exposition rend hommage au regard du photographe palestinien Ismail Abu Hatab, dont les images prises à Gaza témoignent de la capacité des êtres humains à continuer d’habiter l’espoir au cœur même de la guerre. Photographier devient alors une manière de préserver des vies de l’effacement, de résister au silence et de réaffirmer une présence au monde.

Au bord des mondes propose ainsi une cartographie sensible des territoires contemporains : des espaces vulnérables, disputés ou en transformation, mais toujours traversés par des forces de mémoire, de résistance et de réinvention. À travers ces récits, l’exposition invite à repenser notre manière d’habiter ensemble, au bord des fractures du monde contemporain.

Au bord des mondes – Off Arles 2026

www.instagram.com/leprintemps

Le Printemps, 2 Avenue La Fayette, 13200 Arles Tél : 04 88 09 20 99