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Myriam Richard, Raphaël Larre, Arthur Batut
A dessein, sentimental

Du 11 juillet au 3 octobre 2026 - Vernissage vendredi 10 juillet à 18h30

La nouvelle galerie invite cet été les artistes Myriam Richard et Raphaël Larre. Tous les deux ont une pratique protéiforme. Myriam Richard est photographe. Elle fait aussi des collages, des cyanotypes et autres fantaisies. Raphael Larre écrit, dessine, met en volume.

Leurs deux pratiques initient une exposition à deux voix où mixer  les médiums révèle toute l’importance d’une joie à la création. Les formes se déclinent en plusieurs strates que sont les êtres, le théâtre, le paysage, le langage. La proposition est vue sous le prisme d’une poésie généreuse. 

En conversation avec ces deux artistes, les autochromes d’Arthur Batut, vibrants bouquets de fleurs craquelés, patinés, ofrent une vision délicate. Issues d’une pratique du début du 20ème siècle, ces compositions florales nous rappellent à l’histoire de l’art, à son cheminement qui, pour l’heure, réafrme les forces du vivant. À dessein, sentimental, souhaite un déploiement tendre, attentif, formule précisément une suggestion littérale, celle d’un sentimentalisme assumé.

C’est là que je me rassemble.

Là que palpitent tout à la fois le désir de jardin et celui de l’imprononçable joie.

Mon abri d’espérance,

Marie Huot, Le temps qu’il fait, Cognac, Chants de l’éolienne, 2006, p.53.

Chère Myriam, Cher Raphaël,

Lorsque j’entre dans l’atelier, Myriam, dans ta maison, je vois  une douce simplicité. Je rejoins le reflet d’un miroir, je vois tes  photographies, tout en cadrages précis, en subtils tirages. L’enfance  s’ébroue et cavale, les regards ne cherchent pas la fuite. J’entends dehors le bruit du vent dans les feuilles.  Chez toi Raphaël, nous partons dans ce petit cabanon où la lumière entre à flots. Les dessins de transparence s’éclairent, les sculptures frôlent l’instable. Le trait s’échappe, sinueux, le dessin circule, ouvre au langage.

Vos espaces commodes sont des décors habités de vos mains et de vos pensées. Ils sont des voyages de papiers et de couleurs. Corpus mêlés, dans une sensualité fragile, ils nous parlent d’herbes folles, de tendresse, d’attentions à l’éphémère. Lignes et creux, les ombres apparaissent tout en discrétion.

Je me plais à imaginer un flm : tendu, un drap tel un écran projette les boucles de cheveux d’un enfant, éclaire un corps joyeux esquissé, fait apparaître un loup en cabriole. Les images s’imbriquent par assauts surprenants. Les formes ondulent, s’insinuent en scènes saisies ou bricolées.

Ainsi, je prends des notes mouvantes, m’ofre à vos prudentes inattentions, aux préciosités.Touchée en plein cœur.J’imagine alors la maison de Cologne, ma distraction m’entraîne vers la table ronde de fer forgé, prête pour le déjeuner. Quelques fèves, un verre de vin blanc frais déposés sur la nappe de cotonnade brodée, vieillie, tout au souvenir de tendres empressements au jardin. 

Entourée de ses petits murs, nous pouvons nous y asseoir et porter nos regards aux hortensias, à la menthe cachée.

Dans la maison du Gers, nous observons le pli soyeux sous les doigts, le papier plié, relâché. Les photographies préparent la scène encore en attente de la vie des autres.

Que s’efondrent et s’embrasent les lumières sur les bras enfantins et les femmes, les hommes tout à la danse !

Que l’espace se réserve en surprise !

De traits en amusements, de coupe douce de ciseaux en temps arrêté, de cadrages inattendus et de pinceaux flottants, les travaux s’enchevêtrent, se mêlent.

Voyez, chère Myriam, cher Raphaël, disons que je voulais regarder la terre s’envoler, pouvoir imaginer les scènes s’emplir de hourras, voir les visages s’empourprer.

Changer de poils, fantasmer une vie facile et gaie sans donner d’explications. Je voulais goûter les fruits sans qu’aucun mensonge ne trouble l’envie. Je suis venue à votre rencontre pour me saisir de vos impressions et de vos œuvres.

À dessein, sentimental, nous rêvons ensemble. Merci !

Valérie Mazouin. commissariat

Nous tenons à remercier Dominique Blanc, directeur
du musée Arthur Batut, pour sa grande confance.
Avec le soutien de la mairie de Cologne et en partenariat avec le Musée Arthur Batut, Labruguièr

www.lanouvelle-galerie

La_nouvelle galerie, 15, place de la Halle 32430 Cologne (Gers)  Tél : 06 15 11 19 09
Ouverte les vendredis et les samedis de 11h à 12h30 et de 16h à 19h et sur rdv