Simon Gabourg - Papi, dis-moi pourquoi les arbres pleurent ?
Du25 septembre au 1er novembre 2026 - Vernissage vendredi 25 septembre dès 18h30
Premier volet d’un projet qui se déploie en deux temps, à la Fabrique Pola à la rentrée puis aux Archives de Bordeaux Métropole à la fin de l’année ; « Papi, dis-moi pourquoi les arbres pleurent ? » est l’exposition la plus ambitieuse réalisée par Simon Gabourg à ce jour. Elle est également l’extension d’une installation actuellement présentée au Capc musée d’art contemporain de Bordeaux intitulée Je cherche des traces de toi (2026) (1) et s’inscrit dans Blackground : murmures des mornes.
« Papi, dis-moi pourquoi les arbres pleurent ? » est le fruit d’une année de résidences de recherches et de production menées entre Bordeaux à Zébra3 et aux Archives de Bordeaux Métropole (2), Taïwan au Pier2 Art Center, et la Guadeloupe, où l’artiste, qui y est né et y a en partie grandi, a effectué plusieurs voyages. C’est grâce à l’enracinement temporaire sur ces territoires qu’il en est venu à effectuer des recherches sur l’hévéa brésilien, espèce d’arbres qui produit le latex à partir duquel est obtenu le caoutchouc. Plante qui, comme son nom l’indique, est d’abord endémique d’Amérique du Sud et qui sera, à partir du début du XIXème siècle, introduites sur différents territoires au climat tropical pour en accélérer la production et en augmenter le rendement.
Comme le titre de l’exposition le suggère, le projet de Simon Gabourg part d’un questionnement sur sa propre histoire familiale. En 1950, l’un de ses grands-pères quitte la Martinique pour rejoindre le Vietnam sous l’égide de l’armée française lors de la guerre d’Indochine. C’est sa présence sur ce territoire et son métier de conducteur qui vont l’amener – par association avec le pneu – à l’hévéa, cultivé dans des plantations qui servent notamment les intérêts d’entreprises françaises comme Michelin.
Selon un mode opératoire établi lors de ses années d’études à l’ebabx école supérieure des beaux-arts de Bordeaux – d’où il est sorti diplômé en 2022 – et développé ensuite sur plusieurs années, la focalisation de Simon Gabourg sur l’hévéa lui permet de concentrer un ensemble d’histoires et d’en extraire une variété de formes. Auparavant, il avait notamment employé la palette de transport en bois, symbole de circulation commerciale et logistique post-colonial, comme matière principale de ses sculptures – qui prenaient également la forme de végétaux. […]
Aux abords de la Garonne, dans les hangars de la Fabrique Pola, l’exposition prend également un sens particulier puisque le port de Bordeaux a joué un rôle historique dans l’importation du caoutchouc en France, notamment lors de la première moitié du XXème siècle. La triangulation qu’opère « Papi, dis moi pourquoi les arbres pleurent ? » entre les Antilles, Bordeaux et le Vietnam vient complexifier et brouiller les routes de circulation de denrées et de personnes que l’on a l’habitude de raconter lorsqu’il s’agit de traiter de ces territoires.
Inscrit dans le projet « Blackground : murmures des mornes » qui s’intéresse aux survivances de l’esclavage dans le monde contemporain, le projet de Simon Gabourg nous fait aussi sentir les échos mortifères du système plantationnaire tout en donnant une forme à ce que l’on pourrait appeler la résilience décoloniale, ou la capacité des corps, des terres et autres êtres vivants à survivre malgré et avec la catastrophe.
Cédric Fauq
Commissaire en chef Capc musée d’art contemporain de Bordeaux
www.pola.fr
La Fabrique Pola, 10 Quai de Brazza 33100 Bordeaux. Tél : 05 56 40 62 85
Du jeudi au dimanche de 14h à 18h30 I Polarium I Petite Galerie I Vitrine
- Arts Plastiques
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- Philippe Cadu