Le lieu multiple montpellier propose pour la rentrée la dixième édition du salon du dessin contemporain Drawing draw, qui invite des regards croisés d’artistes autour de la pratique du dessin, sous des formes diverses. Cette année, (re)découvrons les travaux de Régina Blaim, Matthieu de Malte et Anouck Manzoni.
Régina Blaim base son travail sur le côtoiement du burlesque, de l’absurde et du dramatique… autour d’une esthétique joyeuse et légère. À partir de ses réflexions sur l’absurdité de la guerre et le sens de nos existences, elle propose ici une représentation panoramique de gravures, assemblées approximativement (tel un téléscopage cinématographique) : la marche militaire semble en fin de course… L’oxymore du soldat vulnérable est sublimé par la présence de papillons, symboles de légèreté … et d’éphémère.
Le travail de Matthieu de Malte explore les relations entre culture, société et consommation, et interroge les mécanismes de construction des représentations contemporaines. Survêtements, personnages de dragon ball Z, tee-shirts à l’effigie de Cézanne ou Claude Viallat… : sa pratique fusionne les langages visuels du monde marchand, l’iconographie de l’histoire de l’art et les codes de la culture populaire. Portraits minimalistes à la facture colorée et directe alternent avec des compositions denses, peuplées de symboles ou de motifs.
À base d’encres et de pigments sur papier Arches, les dessins d’Anouck Manzoni évoquent la « surréalité » d’André Breton. Les forces conjointes de l’eau et des matières opèrent et engendrent des formes qui invitent le spectateur à l’introspection (tel un test de Rorschach). Évoquant (au choix) la cosmogonie, le tellurique, l’organique, le chamanique, la propagation des systèmes rhizomiques, telle une pulsion primordiale, symbolise l’harmonie du monde, de l’humain et des esprits…