Soyez bien informé !

Les expositions À la Une !

Les incontournables

         

La colombe de la paix Pablo Picasso

+ Récent

— Les lieux d’exposition

C’est ce que fait Infomaniak, l’hébergeur de ce site. Non content d’alimenter ses serveurs en énergie renouvelable (barrage hydroélectrique), le nouveau datacenter permet de chauffer 6000 appartements et bientôt un quartier.

C’est cette volonté qui permet une action de tous les jours.

Donc lorsque vous naviguez sur le site de Contemporanéités de l’art, vous contribuez à chauffer des appartements ! (regardez la vidéo)

Visite guidée du Data center D4 à Génève

Infomaniak est aujourd’hui géré par une fondation.

Avec une gouvernance en toute transparence.


Lionel Sabatté - Apparitions & Bao Vuong

Du 17 septembre au 24 octobre 2026 - Vernissage jeudi 17 septembre à 18h

En résonance avec la 18ème Biennale d’Art contemporain de Lyon

Lionel Sabatté – Apparitions

À travers un ensemble d’œuvres inédites, l’artiste explore des territoires mouvants où les frontières entre matière, mémoire et apparition deviennent poreuses. Entre disparition et naissance des formes, les œuvres de Lionel Sabatté ouvrent un espace de perception instable, où chaque image semble osciller entre plusieurs états du réel.

Sabatté, tout à la fois vocation tardive et maturation lente, d’abord professeur d’éducation physique avant de faire les Beaux-arts, mais qui, quand il en sort, ne sait pas encore ce qu’il cherche, Sabatté, donc, présente les caractéristiques de ceux chez qui l’imagination s’est trouvée comprimée par un long temps de latence et qui, le jour où ils se révèlent, proposent un monde d’une vigueur et d’une ampleur inhabituelles – c’est un ressort sous pression qui brusquement se détend. 

On songe à Jean-Philippe Rameau, qui ronge son frein pendant plusieurs décennies pour ne commencer d’exister qu’à 51 ans, le soir de la création d’Hippolyte et Aricie, dont le grand Campra, estomaqué, déclare en sortant, on s’en souvient encore : dans ce que j’ai entendu ce soir, il y avait matière à dix opéras. […] 

Dans une œuvre aussi profuse, aussi riche de propositions, il est crucial d’identifier les constantes, les lignes de force, qui donnent au travail de [Lionel Sabatté] son unité profonde. Au premier rang d’entre elles, on distinguera le choix d’hybrider l’organique et le minéral, deux espèces di!érentes, presque contraires, comme Nicolas Lémery le suggère à la fin du XVIIème siècle – d’un côté la chimie des corps vivants, végétaux ou animaux, d’un autre celle des corps inertes, disons, les cailloux et, au-delà, s’occupant des questions de métallurgie. […]

Des poussières du métro aux peaux mortes, Lionel Sabatté transforme des matières rejetées en œuvres qui interrogent notre rapport au vivant, au corps et à l’humanité. Cette attention portée aux matériaux les plus humbles fonde la dimension profondément humaniste de son travail. […] 

Dualité organique/minéral dans ses [animaux] d’abord modelés en cire, avant d’être, une fois cette cire perdue, transmutés en métal. Issus de l’organique, échus dans le minéral. Minéraux, certes, mais qui figurent de l’organique, et doublement : d’abord parce qu’[animaux], [animaux] génériques pas plus identifiables que ne l’étaient les portraits humains [en poussière] ; mais aussi parce que matriciellement faits de la main de l’artiste, qui les travaille en les saisissant comme on pourrait le faire d’un petit volatile qu’on recueille ou tout autant d’un outil, oiseau-masse, travaillé avec des

outils et devenu l’un d’entre eux, puis accroché au mur de ce qu’on appelle si judicieusement un atelier. [En changeant] de point de vue, et nous serons là tout ce qu’il y a de littéral, puisqu’il va s’agir de la vue elle-même – plus précisément, de sa focale. C’est un nouvel exemple de la tension entre contraires qui anime le travail de Lionel Sabatté, soi-disant instinctif mais penseur profond de sa pratique. La focale…

C’est le mot de Proust, quand il proteste contre l’usage qu’il ferait, lui dit-on, du microscope pour observer ses personnages : on se trompe, c’est télescope qu’il fallait dire, corrige-t-il. Or, cette dichotomie microscope/télescope nous paraît presque toujours opérante chez Sabatté, renouvelant l’échange entre le tout et la partie qu’offre toute pièce d’art, qui souvent la justifie, qui engage celui qui l’affronte. […]

Télescope et microscope également dans les peintures de Sabatté, et d’abord à cause de la manière dont elles sont faites : infusions de structures minuscules, poussière métallique ou volcanique (la pouzzolane), des solutions que l’artiste verse sur la toile avant de les animer avec des compresseurs dont le sou »e engendre de vastes mouvements telluriques, télescopiques, explosion volcanique ou même interstellaire. 

Toute une hydrodynamique redoublée de toute une aérodynamique – de la mécanique des fluides à grande échelle et à grande vitesse dont on sait qu’elle produit d’imprédictibles structures turbulentes : un des plus vastes chantiers de la science contemporaine où la difficulté principale vient justement de la coexistence d’échelles disparates qu’il faudrait savoir décrire de la plus vaste à la plus ténue. Un défi aussi pour le regard, amplifié par la taille de la peinture choisie par l’artiste pour son accrochage au Musée d’Art Moderne. 

Non contente de nous englober, elle nous étire et nous emmène jusqu’à ses confins, depuis l’espèce de magma central qu’y fait un tissu de soie où tout semble se nouer et irradier. Un drap froissé, d’ailleurs organique, qui a servi de pinceau ou de spatule géante et qui est resté là pour en attester. […]

La multiplicité des points de vue, des plus fondés aux plus extravagants, mais qui trouvent invariablement matière à résonance, est l’épreuve qui nous paraît la plus sensible pour sonder le miroir que nous tend toute œuvre d’art. Si j’avais à dire en quoi ce travail me touche […], c’est d’abord parce qu’il donne autant à voir qu’à penser ; ensuite parce que j’y reconnais et y admire une

indéfectible démarche de chercheur, avec ses tentatives, ses fulgurances et ses prises de risque, et qu’à ce dernier titre on peut ne pas toujours suivre ; enfin, surtout peut-être, pour l’horizon chimérique qu’elle s’est donnée, intrépide, aventureuse et magnanime, et qui tient en un seul mot : autrui. C’est ce qui fait de Lionel Sabatté, tout uniment, l’un des nôtres.

David Quéré, extrait de l’oral du Prix Marcel Duchamp 2025

 

Bao Vuong – Manifesta La Traversée

À l’occasion de la 18e édition de la Biennale de Lyon — Art contemporain, Ceysson & Bénétière participe à « La Traversée », un nouveau format hors les murs imaginé par Manifesta, réunissant un nombre restreint de galeries dans un lieu d’exception au coeur des Monts d’Or. Du 16 septembre au 2 octobre 2026, dans le cadre de cette exposition collective inscrite au programme Résonance, la galerie présentera une exposition de l’artiste franco-vietnamien Bao Vuong.

L’artiste franco-vietnamien Bao Vuong peint ce que la mer cherche à retenir. Ses toiles portent les cicatrices des traversées à la fois intimes et collectives, des corps et des âmes malmenés par l’océan. Ses gestes viennent d’une nuit profonde et lointaine — celle de la peur et de la fuite, inscrite dans la chair des exilés et des survivants ; la nuit qui a vu l’enfant déraciné de sa terre natale.

Chaque vague, chaque reflet, murmure les noms e!acés dans le vent ; et ses toiles en sou »ent le souvenir, en disent la mémoire. La mer évoquée est celle des naufrages et des pertes, mais aussi celle des promesses d’un lendemain plus lumineux. Cette ligne d’horizon, qui paraît inatteignable, parfois même invisible, peut être franchie par les vivants — par ceux qui pourront raconter.

Le noir des toiles de Bao Vuong n’est pas celui du néant, mais celui du commencement. De cette matière jaillit la lumière. 

Ici, l’ombre et la lumière ne s’opposent pas : elles se prolongent. À l’instar du Yin et du Yang, elles se contiennent, se nourrissent et s’équilibrent dans un même sou »e. Entre les deux s’invente une infinité de nuances, comme entre deux points du monde se déploie une infinité d’existences possibles.

Dans ses tableaux, l’artiste ne cherche pas à représenter, mais à révéler : la beauté au bord de la peur, la vie fragile mais tenace, la persévérance des vagues à vouloir rejoindre le rivage, et celle de l’écume qui résiste aux derniers sou »es des marées. Son oeuvre parle de ce qui relie les êtres malgré la distance, de ce qui persiste même quand tout semble se désagréger.[…] 

Bao Vuong cherche l’essence du monde : l’infini.


Visites sur rendez-vous

23–27 chemin du Coûter 69450 Saint-Cyr-au-Mont-d’Or

Prise de rendez-vous : nazanin@ceysson.com

www.ceyssonbenetiere.com

Ceysson & Bénétière Lyon, 21, rue Longue 69001 Lyon Tél : 04 27 02 55 20 / 06 22 17 14 92