Richard Cousin - Sources
Du 9 au 30 novembre 2026 - Vernissage lundi 9 novembre à 18h
L’exposition « Sources » présente successivement 3 thématiques : un chaos, une archive, un territoire. « Le chaos » est un ensemble de 12 toiles acryliques couleur Terre de Sienne, présentant les catastrophes récentes au Lybie, au Maroc et en Espagne. « L’archive » est une réinterprétation de 6 photos documentaires des « soldats français du IIIe Reich », présentés en fantômes de l’horreur (« ghosts ») à la gouache, encerclées de Noir et en négatif. Enfin « territoire » est une présentation chaotique mais naturelle du monde.
Richard Cousin propose un travail de mémoire à partir de photographies documentaires qui montrent un état du monde dévasté par les catastrophes naturelles ou les guerres. Il passe moins de temps à peindre qu’à rechercher les images médiatiques qui l’interpellent. Le regard en veille sur l’actualité, son choix se porte sur les photographies les plus chaotiques, les plus fouillées, les plus saturées en détails, soit parce que ces photographies prises en grand angle donnent une vision de larges scènes d’effondrement et de dispersion, soit parce que l’évènement est photographié avec quantité d’éléments détruits et éparpillés.
À partir de sa sélection d’images saturées d’éléments, l’artiste crée une banque visuelle qu’il classe par évènements. Et pour chaque événement, une palette d’une dizaine de photographies thématiques est créée . Puis, il va prélever des éléments existants sur les photographies et opérer un cadrage pour élaborer une image recomposée. Sa peinture explore un mouvement de va et vient entre la destruction et la reconstruction d’images. Il n’y a pas systématiquement de superposition de photos, mais une surimpression, une inversion de détails et un recadrage qui visent à augmenter l’effet de chaos pour un même évènement. Par un jeu de confusion, il recrée une image complexe.
Techniquement, l’artiste opère un travail numérique de projection des photos pour dégager 3 axes de recomposition plastique : la sélection des éléments et le cadrage de l’image recomposée ; le choix de l’unité chromatique de l’image qu’il va peindre détermine une série ; la contrainte restrictive de deux couleurs juxtaposées dont il explore toutes les nuances afin de pousser au maximum les contrastes entre les touches plus ou moins saturées sur le blanc de la toile.
Lors de la recomposition, l’artiste cherche à accentuer la dispersion et le fourmillement des éléments qui éparpillent le regard. Il s’agit de créer plusieurs points d’ancrage visuels pour accroitre la dispersion du regard et l’impression de désordre. L’absence d’un centre unique caractérise ses compositions. L’absence de perception d’un centre immédiat accentue l’effet chaotique : tout est débris, éclatement, dispersion… Par ce parti pris optique, l’artiste ajoute du chaos au chaos. En jouant sur la confusion des traits et des points, sur la saturation des couleurs ou leur transparence, sur la place du blanc sur la toile, le peintre trace dans le fourmillement de la matière la représentation d’un monde suspendu entre réalité et abstraction.
L’aspect chaotique de l’image appelle dans tous les cas une clarification. Ces peintures se présentent comme un inachèvement artistique (non finito) qui requiert la coopération du spectateur pour recomposer la structure de l’image. Le déplacement du regard du spectateur est essentiel pour reconstruire l’image brisée et confuse qui lui est donnée à voir. L’effet de chaos suggère des formes qui laissent place à l’imaginaire de chacun.
Propos recueillis par Agnès Savelli.
www.ut-capitole.fr/bibliotheque
Bibliothèque universitaire de l’Arsenal Université Toulouse Capitole
accès rue des Puits-Creusés, 31000 Toulouse
Ouvert Lundi-vendredi : 8h-22h Samedi : 9h30-20h
- Arts Plastiques
- - Publié le
- Philippe Cadu