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Galerie Virginie Baro

Faune et flore - Une anatomie du vivant

Du 14 novembre 2026 au 20 janvier 2027 - Vernissage inauguration samedi 14 novembre à 18h30

Les images de Romain Baro sont le résultat de radiographies de spécimens animaliers sélectionnés dans les réserves du Muséum d’Histoire Naturelle de Nantes. L’enjeu de la taxidermie est de conserver intact l’épiderme tout en feignant la vitalité de l’animal. Dans ce travail, le photographe donne à voir le point de rencontre — normalement invisible — entre l’extérieur et l’intérieur, révélant, dans le même temps, les secrets techniques d’une pratique singulière. 

Les squelettes laissent place à un réseau filaire qui soutient une posture de guet, d’alerte ou de repos. Ce réseau graphique donne lieu à une esthétique évoquant l’orfèvrerie ou encore la bijouterie, ajoutant ainsi une préciosité à l’espèce déjà si soigneusement conservée. Les clichés issus de cette recherche s’accumulent ; la scénographie de l’exposition vise à les classifier, non pour les ordonner, mais pour révéler les enjeux de cadrage mettant tantôt en avant l’attitude de l’animal, tantôt la mécanique technique de la taxidermie.

Les céramiques d’Éliane Monnin, pensées spécifiquement pour cette exposition, constituent un défi chromatique : l’artiste sort de sa zone de recherche actuelle pour pénétrer le monochrome dans un jeu binaire en noir et blanc. Les textures, la brillance et la matité se substituent à la couleur pour teinter ce noir et ce blanc d’une multitude de facettes. Cette chromie met en exergue le déploiement en fractal de la flore. 

La céramiste s’emploie à révéler la mathématique naturelle à l’œuvre par la répétition et les variations que la multiplication peut engendrer. Elle procède également à un changement d’échelle, faisant basculer le microscopique vers des éléments observables et préhensibles, inspirés du pollen et des pistils. Il en résulte des pièces en germination, turgescentes et ambivalentes. Le végétal est présent dès le processus créatif : Éliane Monnin moule des courges ou utilise des cupules de glands comme matrices. L’ensemble se répand horizontalement et verticalement, venant dialoguer avec les spécimens radiographiés.

Si les notions de vivant, de choses animées, figurent bien dans le travail des deux artistes (posture de l’animal qui simule un être encore en vie, bouton de fleur qui semble s’épanouir…), faune et flore sont ici inertes, comme figées, pétrifiées dans leur mouvement ou leur croissance : l’un par la taxidermie et le tirage photographique qui en découle, l’autre dans la terre cuite. Les deux productions illustrent notre fascination pour le vivant, nos travers d’appropriation, de domination et de conservation, ainsi que notre désir illusoire d’éternité. C’est aussi toute la beauté de ce qui nous entoure que nous donnent à voir Romain Baro et Éliane Monnin, ainsi que nos savoir-faire manuels et techniques.

14 nov., 17 h 30
Conversation avec les artistes

Rencontre et échange avec Romain Baro et Éliane Monnin
En ouverture de cette rencontre, Romain Baro et Éliane Monnin présenteront tour à tour leur travail, en revenant sur la genèse de leurs recherches, leurs méthodologies de création et de production, ainsi que sur les intentions et les enjeux qui traversent leurs pratiques respectives.

Ils évoqueront également les correspondances, les écarts et les points de rencontre qui se dessinent au sein de cette scénographie réunissant deux médiums et deux approches singulières du vivant. La rencontre se poursuit par une conversation entre les artistes et le public. Ce dernier est invité à questionner librement le photographe et la céramiste. L’échange pourra faire émerger des questionnements plus larges : notre posture vis à vis du vivant, des enjeux écologiques, sociaux et politiques, et interroger la teneur sensible et poétique du travail de ces deux plasticiens.

Cette conversion se veut être un espace de dialogue et de partage ouvert à tous.

www.virginiebaro.com

Galerie Virginie Baro, 46 bd du Général de Gaulle 64700 Hendaye Tél : 06 84 17 89 57