Tom Barbagli - Force faible
Du 17 novembre 2026 au 6 février 2027 - Vernissage samedi 14 novembre à 18h
Résident permanent à La Station (artist run space), Tom Barbagli place l’objet au cœur de sa pratique. Chinés, récupérés, réparés ou augmentés, ses matériaux interrogent la frontière entre art et design. Il observe, transforme et détourne la matière grâce à un ensemble ingénieux de mécanismes, d’aimants et de liquides. L’univers s’intègre naturellement à ces dispositifs : galaxies, systèmes solaires, planètes, Tom Barbagli consigne le monde dans des objets activés par le geste, qu’il soit celui de l’artiste ou du visiteur, révélant ainsi leur étendue et leur potentiel de mouvement. Il s’inspire de la mécanique des fluides et des ondes sonores dans ses installations. Les sons, générés par des machines ou captés dans la nature, deviennent des vecteurs de distorsion temporelle : ils accélèrent, ralentissent ou suspendent le temps, plongeant le visiteur au centre de son univers.
Les œuvres de Tom Barbagli s’articulent autour du rapport au temps et à la matière. Elles se déploient à travers la lumière et le mouvement, dans une recherche ancrée dans les relations entre mécanismes, tensions, rotations et distorsions temporelles. L’artiste capture l’univers à différentes échelles, du micro au macro, et propose un regard à la fois sensible et technique. Ses créations prennent des formes variées : des petits objets aux installations monumentales ; Tout en conservant la même rigueur, inspirée des lois physiques.
Tom Barbagli explore les accointances et fractures entre le monde du design et celui de l’art, militant pour en supprimer les bords et les limites. Il se livre à des expérimentations singulières, déviant les lois de la physique par autant de matériaux utilitaires (moteurs, diodes électro-luminescentes, disques durs) que de matières naturelles (cire d’abeille, bois massif, minéraux). L’ingéniosité des assemblages mécaniques créée alors des objets oniriques ou des installations immersives, apparentées à de micro-phénomènes.
L’exposition s’attache à ce qui nous retient au sol. La gravité est la plus faible des forces fondamentales : un simple aimant suffit à soulever un trombone contre l’attraction de la Terre entière. C’est ce paradoxe, la fragilité de ce qui nous maintient sur Terre, que l’artiste met en jeu à travers le magnétisme, le son et les vibrations. La matière brute y voisine avec les principes mathématiques et métaphysiques qui l’interrogent. L’exposition est pensée comme une reconnexion à quelque chose que nous portons en nous sans y prêter attention.
Cette exposition est en partenariat avec le festival OVNi.
A L’ÉTAGE DE LA GALERIE
Suspension, 2026, vidéo 6 minutes, en boucle
La vidéo présente, en plan fixe, une cascade dont l’eau semble s’écouler dans un mouvement continu. Peu à peu, le mouvement se ralentit, jusqu’à tendre vers l’immobilité, sans jamais toutefois s’interrompre. Dans le même temps, le bruit blanc de la chute d’eau s’étire et se transforme.
Un travail sonore fondé sur l’effet Shepard-Risset produit l’illusion d’une descente infinie : le son semble chuter sans cesse, sans jamais atteindre de fond.
Cette répétition crée une expérience presque hypnotique. Le regard se fixe, l’écoute se prolonge et le spectateur se retrouve progressivement pris dans une temporalité suspendue. La chute demeure ainsi en équilibre entre mouvement et immobilité, entre continuité et arrêt, comme si le temps lui-même venait se mettre en suspens. Suspension constitue le deuxième volet d’une série consacrée à la perception de l’eau par le son et explore la manière dont l’écoute peut modifier notre expérience du mouvement, de l’espace et du temps.
www.eva-vautier.com
Galerie Eva Vautier, 2 rue vernier 06000 Nice. Tél: 09.80.84.96.73
Du mardi au samedi de 14 h à 19 h et sur rendez-vous
- Sculpture
- - Publié le
- Philippe Cadu