En résonance avec la Biennale de Lyon 2026
Dans cette série de Paysages, Catherine Mainguy développe une pratique de l’encre qui relève moins de la représentation que de l’expérience. Les formes qui émergent sur le papier ne décrivent pas un paysage identifiable : elles en restituent la traversée, comme un passage intérieur, fragile et mouvant.
Chaque œuvre agit comme un passage L’encre y circule, portée par l’eau, se diffuse, se transforme, échappant en partie à la maîtrise. Dans ce dialogue entre geste et matière, il y a une part essentielle de jeu : laisser advenir, accueillir l’imprévu, recomposer avec ce qui apparaît. Peindre devient alors une forme de ré-création, au sens d’un recommencement toujours ouvert.
Ce rapport ludique et expérimental à la matière entre en résonance avec la pensée de Robert Filliou, pour qui l’art constitue un espace de liberté, d’invention et de jeu, capable de faire émerger d’autres formes d’économie. Ici, l’économie ne se mesure ni en production ni en valeur marchande, mais dans la qualité d’attention portée au processus, au temps et à la relation. L’eau, l’encre et le regard participent d’un même mouvement de circulation, où l’œuvre se construit autant qu’elle advient.
Ces paysages peuvent également être envisagés comme des interruptions du flux continu des images. Ils suspendent l’évidence du réel et ouvrent des espaces de perception en devenir, où d’autres imaginaires deviennent possibles. Le paysage n’est plus donné comme un décor, mais comme une expérience à traverser.
Déployées dans le cadre de la Biennale d’art contemporain de Lyon, ces œuvres participent à ce passage « d’un rêve à l’autre ». Elles invitent à parcourir des géographies sensibles, où le regard, engagé dans une attention lente et ouverte, devient lui-même un espace de transformation.