Luc Detot - Ratures
Du 14 mai au 23 juin 2026 - Vernissage vendredi 15 mai à 18h
Luc Detot présente à Ombre Blanche une série de gravures récentes, toutes réalisées depuis mai 2025. Ce sont des images dont la lecture nous montre différentes couches, ou strates, se superposant et qui, chacune, évoquent une technique picturale différente.
Raturer » et « rayer », c’est laisser une trace dans ou sur de la matière, qu’elle soit textuelle ou physique, page ou plage. Une trace en creux, une entaille. « Raturer » n’est décidément pas synonyme d’« effacer ». C’est pourquoi les ratures intéressent tant : elles donnent à voir ce qui relève de l’enfoui ou du déchu, au bord du rejet. Elles sont la trace d’un élément frontalier, du refoulé à fleur d’oubli. Les rayures sont sans motif, défigurent toute figure et, défigurant, permettent une sortie hors du narratif, du figuratif, de la figure.
Il y a tout d’abord la photographie. Il s’agit de clichés réalisés par l’artiste et qui n’ont d’autre point commun que l’intérêt que leur porte Luc Detot au gré de ses voyages ou de ses recherches.
On peut citer : « Les tamaris », petit arbre très résistant et tortueux présent sur les côtes du Sud-Ouest, « To Pénone » est une série qui montre la sculpture « L’arbre des voyelles » de Giuseppe Penone, présent au jardin des tuileries depuis 2004, « le ciel » ou bien « les vagues ». Il y a aussi « Andreï Roublev » images issues du film d’Andreï Tarkowski consacré à la vie du peintre d’icône, « Iraty », clichés d’une célèbre forêt du pays Basque, etc …
Ces séries de photographies vont trouver leur aboutissement dans le travail de métissage qui est réalisé ensuite : une fois imprimées sur un papier japon, différentes couches de pastels secs viennent, comme un sfumato coloré, en adoucir les contours. L’artiste donne à ses clichés une douceur et une sensualité dont le pictorialisme nous a, par le passé, déjà accoutumés.
La dernière étape est la gravure. Réalisée à la pointe sèche sur des plaques de cuivre, elle se superpose à la photographie pour venir en raturer la surface. L’artiste évoque alors des griffures, des biffures, ou des rayures et cite Marie-Claude Poix Tétu : « Les ratures donnent à voir ce qui relève de l’enfoui ou du déchu, au bord du sujet. Elles sont la trace d’un élément frontalier, du refoulé à fleur d’oubli. »
Dominique Dussol écrivait en 2008 « La fusion et la mixité des techniques et des supports ont toujours été la clé du travail de Luc Detot. Sculpter dans la feuille de papier huilé, maquiller un tirage photo avec de la peinture ou du pastel ou le caviarder avec la technique de la gravure révèlent une volonté de sortir des méthodes traditionnelles pour explorer de nouvelles possibilités. »
Toutes les œuvres sont des gravures sur cuivre sur papier japon, imprimé, collé, pastel.
Format 15 x 15 cm ou 20 x 20 cm sur vélin 21 x 30 cm. Tirage unique.
www.ombres-blanches.fr
Librairie Ombres Blanches, café côté cour 5 rue des Gestes 31000 Toulouse
Du mardi au jeudi de 14 h à 19 h – vendredi, samedi de 10 h à 13 h et de 14 h à 19 h
- Arts Plastiques
- - Publié le
- Philippe Cadu














