Limites séparant deux entités territoriales différentes, les frontières, coupures ou coutures, peuvent être plus ou moins fermées, plus ou moins perméables. Tout organisme – individuel ou collectif – sécrète de la frontière, toute culture a ses limites : frontières et limites sont alors des instruments de régulation et de délimitation des systèmes socio-territoriaux. Les frontières s’accompagnent de discontinuités, d’effets de seuil, de gradients plus ou moins accentués qui en sont tout à la fois la cause et la conséquence.
Une frontière ne saurait être « naturelle » en soi. Elle est toujours conventionnelle, produite par les sociétés humaines qui font d’éléments morphologiques de simples supports physiques destinés à en conserver le tracé. Une ligne de crête sur un relief, par exemple, n’est une frontière que si les deux États riverains s’accordent pour le décréter : les communautés locales, pastorales par exemple, s’en affranchissent au quotidien.
Les frontières, si elles peuvent être des lieux de tension, d’incertitude, de confrontation, peuvent être aussi des interfaces actives de stimulation et de compétition fécondées par la présence de l’autre, par ses différences.
Frontières naturelles ou imaginaires, imaginées, défendues, rarement souveraines, souvent floues et poreuses, celles des nations, mais aussi celles des espaces, des esprits, des idées, des matières et des matériaux.
16 artistes – céramistes,graveures, peintres, photographes, sculpteurs – ont interprété ce thème librement.