Nicolas Daubanes - Le ciel nous vengera
Du 4 mars au 2 août 2026 - Vernissage samedi 7 mars à 19h
Avec cette exposition au Castelet, ancien bâtiment administratif de la prison Saint-Michel, l’artiste Nicolas Daubanes (né en 1983) poursuit son travail sur la mémoire, l’exploration des espaces d’enfermement et des formes de résistance.
Il réalise depuis plus de 15 ans un travail autour du monde carcéral, sous forme de dessins, installations, vidéos… issu de résidences immersives dans les maisons d’arrêt. La pluralité des média lui permet aussi de développer des techniques plastiques inédites : dessin à la poudre d’acier aimantée, incrustation d’acier incandescent sur verre, sculptures en béton et sucre ou céramique dentaire, photographies révélées aux étincelles d’acier incandescent, etc.
Son projet d’exposition au Castelet, se construit dans la suite de sa résidence à la Villa Médicis. Convoquant œuvres du passé, à l’image des prisons imaginaires de Piranèse et créations contemporaines, dont des œuvres d’autres plasticiens, l’artiste livre une restitution de son travail de résidence enrichie de la symbolique du lieu.
Nicolas Daubanes conçoit notamment pour la cour du monument une sculpture en bois, évocation à l’échelle 1 de la vasque de la Villa Médicis, dont la matière première provient de portes de prison.
Enfin, l’occasion de présenter son dessin à la limaille de fer de la prison Saint-Michel en son sein.
En partenariat avec la mairie de Labège, une exposition à La Maison Salvan débutera aux mêmes dates.
“Le ciel nous vengera” incarne l’espérance et fait écho aux sentiments liés à l’enfermement.
L’exposition met en valeur les poncifs du travail de l’artiste.
La mémoire des lieux : l’artiste engage un dialogue direct avec l’histoire de la prison Saint-Michel, en y réintroduisant des fragments matériels, symboliques ou imaginaires de l’enfermement.
La fragilité des images : ses dessins à la poudre d’acier aimantée, sensibles au moindre souffle, incarnent la précarité des récits et des existences dans les espaces coercitifs.
Le détournement des matériaux : portes, bois brûlé, limaille de fer, silicone… oscillent entre matérialité brute et pulvérisation, violence et libération.
Au Castelet, ces dimensions trouvent un terrain propice, l’exposition se déploie dans les espaces où fut administrée, consignée et organisée la vie des détenus pendant plus de 150 ans.
L’exposition met aussi en valeur le travail d’autres artistes, invités par Nicolas Daubanes.
Louisa Yousfi, pour le titre et une œuvre présentée réalisée avec Nicolas Daubanes, DOMÈNEC, via le prêt d’une œuvre interrogeant l’iconoclasme politique et la mémoire.
Enfin, des œuvres d’Ingres et de Piranèse témoignent, au-delà de la référence patrimoniale, de leur influence sur la construction du travail et de la pensée de l’artiste.
Louisa Yousfi (1988) est journaliste et écrivaine. Pensionnaire à de la Villa Médicis en 2024-2025, elle est l’autrice de Rester barbare (La fabrique, 2022).
DOMENÈC (1962) Monument démoli, 2014, œuvre acquise et prêtée par le Musée régional d’art contemporain de Sérignan.
Les œuvres d’Ingres et Piranèse sont prêtées par Le Musée Ingres de Montauban et le Musée de Gajac de Villeneuve-sur-Lot.
Nicolas Daubanes
« J’investis des questions essentielles : la vie, la mort, la condition humaine et les formes sociales qui les façonnent.
Dans mes derniers travaux, la vitesse, la fragilité, la porosité, l’aspect fantomal des images et des matières, transmettent la pression du passé au croisement de ce qui va advenir. Mon travail s’inscrit dans la durée, il dessine un chemin, une trajectoire qui tend vers la recherche de la liberté, du dégagement de la contrainte. Je tâche d’expérimenter l’intensité et la rigueur, je joue avec le danger, mental, visuel, physique, pour renforcer l’énergie créatrice et en transmettre la force.
Je suis conduit par mon histoire, mes propres questions existentielles et par le choix d’une adéquation permanente et subtile entre forme et contenu.
Par exemple : le silicone, celui-là même qui habituellement est utilisé pour restaurer les bâtiments patrimoniaux, transposé, permet de créer un nouvel espace qui induit visuellement la disparition du mur d’origine et suggère une possible échappatoire (Série des Membranes).
De cette façon, mue et peau s’introduisent dans mon propos. La limaille de fer, utilisée dans les dessins, renvoie aux barreaux des prisons, mais aussi aux limes qui permettent l’évasion. Cette matière fine et dangereuse pour l’œil se dépose par aimantation tandis que le moindre souffle peut faire disparaitre le dessin.
Ce qui apparaît est fragile, il faut en prendre soin et savoir que tout est éphémère. Le béton chargé de sucre, inspiré du geste vain des résistants pendant la Seconde Guerre mondiale, corrobore le caractère fugitif, temporaire des objets produits dans mon travail.
Il s’agit de voir avant la chute, avant la ruine, l’élan vital. »
Nicolas Daubanes
www.metropole.toulouse.fr/le-castelet
Le Castelet, 18 bis Grande Rue Saint-Michel 31400 Toulouse. Tél : 05 62 27 45 20
- Arts Plastiques
- - Publié le
- Philippe Cadu














