Enrique Brinkmann
Du 21 mai 2026 au 11 juillet 2026 – Vernissage jeudi 21 mai à 18h30
Même si je comprends et accepte – comment pourrait-il en être autrement ? –que l’art soit « cosa mentale » je n’ai jamais réagi face aux productions de l’esprit de façon intellectuelle.
Une œuvre, quel que soit son registre, doit d’abord être massivement un choc, un esprit frappeur, qui avant toute raison atteindrait en premier lieu le ventre, l’autre affaire mentale.
Il faut ensuite apprendre à se méfier de son émotion. Mais, si après avoir laissé un peu décanter, la force d’attraction de l’œuvre perdure, on peut alors avec tranquillité lui accorder sa confiance.
J’ai rencontré Enrique Brinkmann il y a 20 ans à Toulouse.
Rien ne prédestinait un des grands peintres contemporains de l’Espagne à la fréquentation d’une modeste galerie de province. C’est là toute la fraîcheur du regard d’Enrique sur l’art. Il va en liberté où bon lui plaît. Les dynasties de peintres officiels ou l’action de ce que l’on pourrait nommer les « Madrazo » d’aujourd’hui n’ont aucune prise sur cet homme dont les sentiments sont si forts parfois que je l’imagine assez bien peindre avec une mitraillette.
Heureusement pour nous tous il a civilisé toute la violence existentielle que sa peinture possédait initialement pour composer une des œuvres les plus fortes du XXème siècle espagnol.
Enrique Brinkmann
Né en 1938 à Malaga,
Vit et travail entre Malaga et Madrid, EspagneLa peinture était jadis basée sur l’organisation de points et de tâches sur l’espace de la toile. Je voulais reproduire exactement la même chose dans un espace réel, c’est-à-dire dans l’air.
J’ai utilisé ensuite une toile d’acier et dans un premier temps le résultat m’a plu bien que je fusse dérangé par les reflets moirés de la maille d’acier. Par la suite, j’ai laissé l’acier s‘oxyder et je l’ai traité avec un produit anti-rouille.
J’ai ensuite cousu deux moustiquaires ensemble et rajouté un autre bout de tissu avec des petits carrés centraux afin de constituer du volume et créer une grille. J’ai peins cette superficie en deux dimensions avec des résines et de l‘huile. Par la suite, je les ai monté sur un support en fer de structure légère qui les séparaient de quatre centimètres du mur, ceci étant l’équivalent de la toile telle qu’on l’exposait avant.
L’espace ainsi créé entre les toiles métalliques, le mur et les ombres produites par l’opacité des résines donne une véritable profondeur et un effet de trois dimensions.
www.le-confort-des-etranges.com
Galerie Le Confort des Étranges 33 rue des Polinaires 31000 Toulouse
Ouvertures: jeudi de 17 à 20h vendredi-samedi: 16 à 20h. Tél: 06 63 69 29 52. et sur rendez-vous.
- Arts Plastiques
- - Publié le
- Philippe Cadu














