Elsa Gurrieri - Paysages ouatés
Du 11 avril au 17 mai 2026 - Vernissage samedi 11 avril à 17h
De paysages ouatés, fondus ou contrastés, émergent aussi d’autres plus sauvages, singuliers, qui pour moi sont des sortes de radiographies des autres paysages.
Ils sont les mémoires invisibles, les squelettes de tous mes paysages habituels. Je commence toujours par l’empreinte, la trace, la tache. Je creuse, j’enlève, je soustrais, j’attends, j’entends la vision par la peau…
Dans l’œuvre d’Elsa Gurrieri, le paysage n’est jamais un simple décor. Il est une présence, presque un être, traversé par des forces invisibles, animé d’une respiration lente et profonde. Ses paysages oscillent entre le romantisme et le tourment, comme si la nature y révélait à la fois sa beauté la plus apaisée et sa puissance indomptable.
La terre y est forte, sauvage, parfois âpre. Les roches semblent vivantes, vibrantes d’une énergie ancienne, chargées de mémoires minérales. Elles ne sont pas figées : elles frémissent sous la lumière, s’ouvrent à l’ombre, se laissent traverser par l’eau. Les cascades dévalent avec une intensité presque musicale, tandis que les lacs retiennent le silence, offrant à la nuit un espace pour se refléter et se multiplier.
La magie de la nuit habite profondément ces paysages. Les nocturnes d’Elsa Gurrieri évoquent des partitions intérieures, semblables à des nocturnes musicaux, où chaque nuance de bleu, de noir ou de gris devient une note. L’eau y capte la lumière comme un secret, la diffracte, la transforme en murmure. Rien n’y est tout à fait visible, rien n’y est totalement caché : le regard est invité à s’attarder, à écouter autant qu’à voir.
Ces paysages sont aussi des paysages intérieurs. Ils parlent de solitude, de tension, de contemplation, parfois de vertige. Le dehors et le dedans s’y confondent. La nature devient le miroir de l’âme humaine, reflétant ses zones calmes et ses tempêtes, ses silences profonds et ses élans brusques. Chaque roche, chaque étendue d’eau semble porter une émotion, une trace sensible, comme si le monde extérieur révélait ce qui, en nous, reste souvent inexprimé.
Chez Elsa Gurrieri, le paysage est un seuil. Il ouvre un passage entre le réel et l’imaginaire, entre la matière et l’émotion. Il nous regarde autant que nous le regardons, et dans ce face-à-face silencieux, il nous renvoie à notre propre profondeur. La nature n’y est pas seulement observée : elle devient un miroir, à la fois sombre et lumineux, dans lequel chacun peut reconnaître ses propres paysages intérieurs.
www.galerie-oeil-ecoute.fr
Galerie l’Œil Écoute, 3 quai Romain Rolland 69000 Lyon 5ème Tél : 06 09 75 71 98 ou 06 82 72 02 50
Ouvert vendredi & samedi : 14h à 19h - dimanche : 11h à 17h et sur rendez-vous
- Arts Plastiques
- - Publié le
- Philippe Cadu














