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Melika Sadeghzadeh - The hour of wolf and sheep

Du 7 mai au 18 juillet 2026 - Vernissage jeudi 7 mai à 17h

The hour of wolf and sheep présente des œuvres récentes de Melika Sadegzadeh, dont une partie évoque une maison qui se transforme sans cesse et qu’il est impossible de retrouver.

On aperçoit plusieurs tentatives de reconstruction, d’activation des souvenirs, pour rendre compte de ce qu’on ne peut plus voir. A l’inverse, certaines œuvres résistent au regard : opaques, elles contiennent les traumatismes collectifs avec lesquels on s’est habitué à vivre. Le regard se trouble, incapable de se souvenir précisément ou d’aller de l’avant, entre chien et loup.

Une ville est constituée de réseaux interdépendants. On y trouve des services publics plus ou moins malmenés, un large éventail de pratiques culturelles et cultuelles, des commerces dont l’activité fluctue au gré des orientations économiques, ainsi qu’une diversité de logements permettant à chacun·e de rentrer chez soi. L’espace public relie l’ensemble : il rend possible la circulation, favorise les rencontres dans des zones intermédiaires et permet la confrontation des points de vue. Une ville structurée par ces réseaux et soutenue par un espace public protégé offre ainsi les conditions d’une vie en société souhaitable.

Lorsque cet espace est fragilisé, c’est toute la vie sociale qui vacille, à l’échelle d’une ville comme d’un pays. Cette mise en péril du commun prend des formes multiples. Les plus visibles sont les murs érigés autour de quartiers ou d’habitations — signes presque toujours alarmants. 

D’autres, plus insidieuses, passent par des formes d’effacement culturel : musique, écriture, arts visuels, cinéma ou théâtre disparaissent progressivement ou se réduisent à des manifestations à peine perceptibles. Ces dynamiques sont généralement le fait de gouvernements autoritaires, qui restreignent la capacité de leurs concitoyen·nes à désirer librement. Or, une vie sociale émancipée, tout comme cette capacité à désirer, porte en elle une puissance de subversion qui menace toute forme de dictature.

Melika Sadeghzadeh s’intéresse à ces effacements et à la vie qui persiste derrière l’opacité des murs concrets et symboliques. Elle explore ce qu’on ressent quand l’espace domestique absorbe toute la vie sociale et que les fenêtres et les portes n’autorisent plus à être franchies. 

Les objets du quotidien y acquièrent une double dimension mémorielle : ils témoignent de la vie intime, inscrite dans les corps, tout en révélant un rapport figé à l’extérieur. Chaque élément, chaque pièce, se situe dans un entre-deux instable, capable d’évoquer à la fois la mélancolie d’une histoire familiale précieuse et le dégoût d’un chez-soi devenu étranger.

L’heure du loup et du mouton désigne cet espace interstitiel où le jour bascule vers la nuit, moment où cette ambivalence domestique se manifeste avec le plus d’intensité. Dans le film éponyme, une succession de plans d’intérieur d’une maison fictive, ponctuée de vues de l’extérieur filmées depuis cet intérieur, compose un espace en perpétuelle reconfiguration. 

Les murs familiers semblent se déplacer, produisant l’illusion d’un changement au sein d’un système où, en réalité, rien ne se transforme. Le rythme lent laisse affleurer la voix de l’artiste, accompagnée d’une variation musicale mélancolique qui installe une tension diffuse. S’y entremêlent des figures familières — celle du grand-père et des arbres qu’il a plantés dans le jardin — et d’autres, inconnues : celles des habitant·es passé·es ou à venir, inscrit·es dans des temporalités éloignées.

Commissariat : Guilhem Monceaux

www.cacncentredart.com

CACN - Centre d'Art Contemporain de Nîmes, 4 Place Roger Bastide 30900 Nîmes Tél : 09 83 08 37 44