Pierre Mache - Traversées
Du 14 au 30 Avril 2026 - Vernissage mardi 14 avril à 17h
Sculpteur, dessinateur, peintre, Pierre Mache est aussi archéologue à ses heures, marcheur philosophe, écrivain…
Ses principales sources d’inspiration sont la spiritualité, l’anthropologie, l’art et la contemplation du paysage son terrain de prédilection.
Ses travaux portent entre autres sur l’art rupestre qu’il retraduit par le dessin, et sur la représentation du paysage sur le motif ou dans l’atelier.
Depuis quelques années déjà il utilise le néon dans des installations qui combinent dessin et sculpture pour transmettre une énergie qui s’apparente pour lui à l’énergie vitale, à la fois matérielle et spirituelle, autour de questions liées à l’environnement, au temps long, interrogeant par ce biais notre présence au monde. « Je travaille sur l’effacement, la mémoire et le temps.
Pour moi la nature est une ontologie, un socle, une terre pour la pensée. Les fleurs que j’utilise, les dessins que je réalise, sont des semences pour le futur… »
Né au Pt-Quevilly en Seine-Maritime, Pierre Mache a fait ses premières armes à Grenoble au début des années 80, où il s’est fait connaître comme sculpteur avec déjà des préoccupations questionnant la représentation du paysage. Sa pratique du bouddhisme Zen l’amène à interrompre son travail artistique au début des années 90, et malgré quelques tentatives à Toulouse au début des années 2000,
il faudra attendre son installation à Perpignan en 2007 pour qu’il pose les jalons du travail que nous pourrons voir cette année à la galerie l’Isba. A l’origine de ce travail il y a les dessins rupestres, qui sont de véritables relevés à l’échelle 1 des trouvailles faites par l’artiste lors de ses randonnées dans le département des Pyrénées Orientales. Dans un texte consultable à la galerie, il explique sa démarche :
L’espace de la feuille de papier sur laquelle le dessin est réalisé est un espace conceptualisé, blanc, qui neutralise tous les accidents du support. Pour le chercheur il reste un document, permettant d’approfondir l’étude, mais pour le lecteur il devient le témoin sensible d’une opération qui sublime par la finesse de ses traits des contenus originels difficilement accessibles.
Le dessin qui témoigne de la pensée des graveurs, toujours anonymes, a désormais une vie qui lui est propre, une forme d’aura qui est aussi une forme de vie. Avec l’aide des outils de l’imagerie moderne, il est duplicable à l’infini… L’original lui, restera le témoin d’un temps révolu, immergé qu’il est dans une nature qui progressivement l’incorpore en altérant ses traits jusqu’à totalement les absorber mais qui paradoxalement aussi, en décomposant sa matérialité, le dénature…
Par le soin qu’il apporte à leur réalisation comme à l’utilisation de crayons de couleurs pour rehausser le trait et retranscrire la beauté naturelle des supports, les dessins de Pierre Mache, outre le fait d’être des relevés fidèles, sont en fait aussi de véritables œuvres d’art. Ces travaux ont fait l’objet de communications auprès des services de l’archéologie départementale et régionale sous la forme de rapports, l’artiste laissant le soin aux archéologues de tirer les conclusions sur les nombreuses questions que soulèvent ses recherches…
Les contenus graphiques des dessins présentés à la galerie, signes, symboles, cosmogonies, ont été le prélude à la réalisation d’œuvres au néon qui sont aussi des signes de notre modernité. Ces œuvres établissent un lien formel entre le passé et le futur. Les autres dessins présentés dans l’exposition oscillent entre la figuration et l’abstraction. Il s’agit de dessins pris sur le motif représentant les paysages de notre département et renvoyant aux figures de la modernité. Ainsi les vues de Madeloc sur la côte vermeille se font l’écho des
Saintes Victoires de Paul Cézanne. Progressivement ces dessins débouchent sur une forme d’abstraction, direction vers laquelle se dirige aujourd’hui l’artiste.
Les sculptures, tableaux lumineux, installations que propose aujourd’hui l’exposition à la galerie, outre leur ancrage dans les problématiques évoquées précédemment, font également le lien avec les travaux antérieurs de l’artiste.
Ainsi la grande spirale au fusain présentée à l’étage et intitulée « Reprise », reprend un grand dessin réalisé en 1986, qui n’a pas été conservé. Le souci constant d’une cohérence interne de l’œuvre trouve ses prolongements dans l’accrochage des œuvres installées ici par le jeu des résonnances avec l’espace comme avec le spectateur dans une installation que l’artiste souhaite immersive. Une œuvre d’art « total », en quelque sorte …
www.facebook.com/p/Lisba
Galerie L'Isba, 19, avenue des Palmiers 66000 Perpignan Tél : 06 75 79 18 17
La semaine suivant le vernissage la galerie sera ouverte du mardi au samedi de 16h à 19h
- Arts Plastiques
- - Publié le
- Philippe Cadu














