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Philippe Decrauzat, Brice Dellsperger, Huz & Bosshard

Du 18 avril au 30 août 2026 - Vernissage samedi 18 avril à 18h30

Philippe Decrauzat. « Intercisio »

Philippe Decrauzat développe une pratique qui interroge les mécanismes de la vision à travers la peinture, le film et l’installation. La pratique de l’artiste s’ancre dans l’héritage de l’abstraction du XXe siècle et des recherches de distorsions visuelles menées par les artistes depuis les années 1960. Son travail explore les phénomènes optiques, les processus corporels et les structures visuelles qui conditionnent l’activité perceptive. 

L’exposition au Mrac réunit un ensemble d’œuvres qui explorent la vision comme un champ d’opérations, plutôt qu’un simple acte d’observation. Le parcours orchestre une déambulation dans laquelle les peintures et les projections génèrent des glissements d’intensité : bascules d’échelle, variations lumineuses, instabilité des seuils de visibilité. Damiers, labyrinthes, trames, grilles, dégradés 

– les motifs récurrents du travail de Philippe Decrauzat composent une traversée où les compositions géométriques, par leurs variations d’intensité lumineuse et leurs effets de basculement d’échelle, empêchent toute stabilisation du regard, révélant ainsi que notre perception ne fonctionne pas de manière continue. 

Ce principe d’intermittence constitue le terrain d’opération de l’artiste. Les œuvres fonctionnent comme une expérience active de la construction du visible et mobilisent différents états d’attention où le regard oscille entre les limites de la visibilité et les zones de saturation. L’articulation des formes et des références visuelles prend ici la forme d’une expérience physique.

Cette intermittence possède une histoire. Elle procède des technologies de vision qui, depuis le XIXe siècle, ont progressivement déterminé les conditions matérielles de la perception. La fenêtre organise la transparence du paysage, la grille moderniste découpe et ordonne l’espace, la camera obscura projette l’image du monde sur une surface. 

Mais c’est le cinéma qui offre le modèle le plus précis de ce processus de fabrication du visible. Dans un projecteur de cinéma, chaque image est brièvement immobilisée le temps de sa projection avant de laisser place à la suivante, vingt-quatre fois par seconde. La croix de Malte – figure mécanique qui assure ce défilement saccadé de la pellicule et qui est repris dans la série de shape canvas intitulés Still (Times Stand) – introduit un arrêt dans un mouvement continu. Philippe Decrauzat s’empare de ce principe pour en faire les structures formelles de son travail. 

Mais là où le cinéma utilise ces mécanismes pour générer un mouvement fluide, l’artiste les ralentit, les étire, les décompose, nous rendant ainsi conscients de la manière dont ces dispositifs fabriquent notre expérience du visible. Avec la série des Blind Painting, les ombrages verticaux qui balayent progressivement la surface de la toile, passant du clair à l’obscur, évoquent le principe d’occultation et de passage de la lumière à travers les lames d’une persienne. 

Le fondu devient alors un procédé pictural donnant forme au passage entre intérieur et extérieur, entre opacité et transparence, faisant de l’impossibilité de voir à travers, l’objet même de la représentation. Lire la suite…

 

Brice Dellsperger. « Jean Biche & Sara Forever dans « Le cours des choses »

Double exposition dans deux lieux majeurs de la scène artistique en Occitanie

Le Frac Occitanie Montpellier et le Mrac Occitanie à Sérignan présentent conjointement une exposition consacrée à l’artiste Brice Dellsperger, figure majeure de l’art contemporain explorant depuis près de trente ans le genre et la construction des identités, le travestissement ou le simulacre.

Jean Biche & Sara Forever dans « Le Cours des choses » au Mrac Occitanie

À travers un nouveau film inédit issu de sa série emblématique Body Double, l’artiste Brice Dellsperger poursuit une recherche engagée depuis trente ans autour des notions de genre, de travestissement, de simulacre et de construction des identités. Conçu spécifiquement pour le Mrac (tourné dans l’espace d’exposition du Frac Occitanie Montpellier en janvier 2026) et déployé sous la forme d’une installation vidéo immersive à écrans multiples, ce nouveau film prend sa source dans les scènes de bagarre féminine de la série télévisée américaine Dynasty.

Depuis le milieu des années 1990, la série vidéo Body Double constitue l’axe central de la pratique de Brice Dellsperger. Chaque film repose sur un protocole rigoureux : rejouer plan par plan des scènes emblématiques issues de films cultes ou de séries populaires, en substituant aux acteurs et actrices d’origine, un ou plusieurs interprètes incarnant l’ensemble des rôles. Par ce procédé de duplication et de déplacement, l’artiste met à nu la structure même des images et révèle leur dimension artificielle.

Dans ce nouvel opus, Brice Dellsperger choisit de travailler à partir de Dynasty, série télévisée emblématique des années 1980, où deux familles rivales de la haute société d’Atlanta, se mènent une guerre scandaleuse pour le pouvoir et le prestige, et jouent dur pour préserver leurs fortunes. 

L’artiste isole exclusivement quelques scènes de bagarre entre deux personnages principaux féminins, moments où le corps bascule dans une gestuelle excessive, où le jeu dramatique atteint un paroxysme quasi chorégraphique. Ces séquences sont aujourd’hui devenues cultes dans l’imaginaire collectif. Comme le souligne l’artiste : « Le conflit est toujours une mise en scène. Ce qui m’intéresse, c’est de montrer comment le corps devient le lieu où s’écrivent ces fictions de pouvoir, de désir et de genre » (Brice Dellsperger, entretien avec l’artiste).

En se concentrant sur trois scènes de disputes, chacune dans un décor distinct où les protagonistes en viennent aux mains, Brice Dellsperger déplace le regard du récit vers le geste. Les coups, les chutes, les empoignades et les cris composent une partition physique répétitive, presque abstraite. Débarrassées de leur contexte narratif initial, ces scènes apparaissent comme des constructions pures, régies par des codes précis, hérités autant du théâtre que du cinéma ou du feuilleton télévisé. 

On pense forcément ici au cinéma muet et à l’héritage des films de Charlie Chaplin, Buster Keaton ou Les Trois Stooges où le corps devient le lieu principal du rire et de la résistance. Le burlesque, ici, oscille entre sanction et choix esthétique. Brice Dellsperger joue sur ces deux niveaux avec une grande ambiguïté. Les figures de la richesse américaine deviennent caricaturales, presque monstrueuses. Lire la suite…

 

Huz & Bosshard. « Une pensée pour les familles des vitrines »

Une exposition consacrée au travail des graphistes Huz & Bosshard, acteurs essentiels mais souvent invisibles de la vie du Mrac Occitanie. Depuis plus de 10 ans, le duo de graphistes conçoit flyers, affiches, livrets de salle, programmes, cartons d’invitation pour le musée : ces objets graphiques accompagnent les expositions, les événements et la programmation du musée. À travers cette exposition, le Mrac Occitanie met en lumière une pratique fondamentale : celle du design graphique comme outil de médiation, de collaboration et de création à part entière.

Pensés pour informer, orienter ou séduire, ils sont par nature éphémères, souvent manipulés, emportés, parfois jetés ou collectionnés par le public. Leur fonction première les destine rarement à être conservés, encore moins exposés. Pourtant, ils constituent une mémoire visuelle précieuse et témoignent d’un travail de conception rigoureux, sensible et engagé.

L’exposition propose de revenir sur ces productions graphiques en les extrayant de leur contexte d’usage pour les considérer comme des objets culturels à part entière. Elle dévoile les coulisses du travail des graphistes du musée : leurs méthodes, leurs choix esthétiques, leurs contraintes, mais aussi leur dialogue constant avec les équipes curatoriales, les artistes invité·es, l’équipe du musée et l’identité de l’institution. 

Par essence, le travail des graphistes est collaboratif, c’est donc tout naturellement qu’ils ont souhaité inviter les artistes Camille Llobet et Matthieu Saladin à intervenir dans leur exposition. Dans cette relation, le design graphique agit comme une interface, à la fois au service des œuvres et capable d’en proposer une lecture singulière, parfois critique, parfois normative. Il en résulte aussi une réflexion convergente sur la notion de travail, d’archive et de partage.

En mettant en regard différents projets de communication réalisés sur les dix dernières années pour le musée et par extension dans d’autres contextes, l’exposition souligne la dimension collaborative du design graphique. Chaque projet est le fruit d’un échange, d’une interprétation et d’une traduction visuelle d’un propos artistique ou scientifique. Le graphisme devient alors un espace de rencontres entre le musée et les artistes, entre le contenu et le public.

Au-delà de la valorisation d’un travail parfois relégué à l’arrière-plan, Une pensée pour les familles des vitrines interroge les enjeux contemporains du design graphique : sa visibilité, sa pérennité, son statut entre fonction et création. Elle invite le public à porter un nouveau regard sur ces formes familières, à repenser leur rôle dans l’expérience des lieux culturels et à reconnaître le graphisme comme un langage essentiel de notre environnement visuel. Lire la suite…

www.mrac.laregion.fr

MRAC, 146, avenue de la plage - 34 410 Sérignan. Tél : 04 67 32 33 05