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Roman Garima – Sensations and a Mystery

Du 13 au 20 février 2026 – Vernissage jeudi 12 février à 18h

Roman Garima

Durant mon parcours aux Beaux-Arts, j’ai développé un travail autour de l’image et du

texte, plus précisément autour de la vidéo et de la poésie. Passionné de cinéma, j’ai commencé par travailler la vidéo avec la réalisation de courts-métrages et de films expérimentaux. L’univers cinématographique m’a toujours inspiré, il est au coeur de mon travail à travers deux approches : la cinéphilie et la place du spectateur. J’y évoque entre autres les films que j’aime, les images qui m’ont marqué, leur persistance dans la mémoire, la matérialité du cinéma et l’immersion du spectateur dans la salle. J’accorde beaucoup d’importance aux sens de l’observation et de l’écoute dans mes productions qui, selon moi, constituent la base du cinéma.

L’écriture a toujours été présente, mais a pris une place importante ces deux dernières

années avec la découverte de la poésie contemporaine et de certains auteurs comme Marcelline Delbecq, Suzanne Doppelt, Sandra Moussempès et Jérôme Game qui sont aussi influencés par le cinéma. J’ai donc pris conscience que la poésie pouvait être, au même titre que la vidéo, un médium de création et que l’on pouvait la travailler sous une forme plastique. 

C’est à partir de là que je me suis réellement mis à écrire des textes et à concevoir des éditions. Mon intention est de lier l’écriture au cinéma, d’établir un échange, une circulation entre le texte et l’image. Les images avec lesquelles je suis en contact, qu’elles soient physiques ou mentales, sont la plupart du temps un moteur pour l’écriture. Écrire à partir d’un film, d’une photographie, d’un souvenir, d’une image fantasmée fait entièrement partie de mon processus. J’exploite l’idée que les images sont génératrices de mots et les mots générateurs d’images. La poésie contemporaine m’a permis de découvrir de nombreuses formes d’écriture et des manières inédites de travailler le texte,

notamment le travail de Pierre Alferi autour des cinépoèmes. Mon attrait pour la poésie provient de cette liberté d’explorer le langage, de jouer avec les mots, avec leur potentiel visuel et sonore, avec les doubles sens et le mélange des langues. Le caractère visuel et sensoriel que j’apporte dans mes textes m’a conduit à changer mon processus de création vis-à-vis de la vidéo.

 

Ma façon de créer des films a donc évolué. Progressivement, je me suis détaché des étapes conventionnelles de réalisation afin de produire d’une manière plus libre. Autrement dit, pouvoir filmer sans forcément partir d’un scénario, mais plutôt d’une image, d’une phrase ou d’une pensée, sans pour autant délaisser la question du récit. Puis écrire à partir des images produites, filmer à nouveau, faire des allers-retours afin d’enrichir le dialogue entre l’image et le texte. Le montage devient alors une forme d’écriture et rejoint l’idée de créer le film en même temps que je le pense. En procédant ainsi, je retrouve la même liberté de composition qu’en poésie.

 

Concernant mes axes de recherche, l’un des principaux mentionné plus haut est le cinéma

et plus précisément comment le cinéma nous affecte physiquement et mentalement en tant que spectateur. Il devient aussi un prisme sous lequel je m’exprime plus ou moins intimement. En parallèle, je travaille sur les thèmes du désir et du mystère. Derrière ces deux mots, je développe un univers nocturne et fantastique où intimité, rêves, fantasmes, sensualité, communication non-verbale, énigmes et enquêtes sont les fondations. 

Dans cet univers, des éléments reviennent comme la couleur bleue, la figure de l’oreille qui symbolise l’écoute, le son et le chuchotement ou encore la lumière et l’obscurité qui implicitement évoquent le cinéma. Ce sont les thèmes choisis pour écrire mon mémoire et que je continue d’approfondir dans mon travail plastique. Ils proviennent notamment de mes principales sources d’inspiration qui sont les films de David Lynch, d’Apichatpong Weerasethakul et de Tsai Ming-Liang qui travaillent ces questions de façon singulière.

Actuellement, mes pistes de travail s’orientent vers des tentatives de mise en espace de

l’écriture. Je souhaite creuser les expérimentations que j’ai entamées grâce à la vidéo, à la lecture en live et à l’installation afin de partager mes écrits autrement que par des éditions. Concevoir une édition ou un recueil est un travail qui me plaît beaucoup, c’est un objet pratique pour diffuser des textes, mais qui révèle certaines limites dans le cadre d’une exposition. Ma recherche se base alors sur d’autres formes qui rendraient la lecture des textes plus immersive et plus ouverte. Faire entrer le texte dans l’exposition comme le font Marcel Devillers ou John Giorno par la conception d’affiches est une piste qui m’influence. 

Ce qui m’anime est aussi de faire vivre une expérience aux spectateurs, d’installer une ambiance particulière, de travailler l’espace avec des dispositifs simples (lumière, son, voix, projection…) mais qui viennent troubler notre perception et captiver nos sens. Derrière cette volonté, il y a l’idée de retrouver l’atmosphère et les conditions de la salle de cinéma. Qu’il s’agisse de vidéo ou d’écriture, mon intention est de dépasser le cadre, de sortir des formats classiques du livre ou de la salle pour les transposer ailleurs, pour créer mon propre espace

Galerie Etant Donné, 7 Rue du Courtieu, 30000 Nîmes

Du mercredi au samedi de 14h à 18h. Autres jours sur rendez-vous.