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Matthias Olmeta & Denis Felix - Être au Monde - Aix en Provence

Matthias Olmeta & Denis Felix – Être au Monde 

Du  11 février au 25 Mars 2023 – Vernissage samedi 11 février à partir de 18h

Être au Monde

Deux photographes croisent leur regard sur l’être humain…

De par le monde, Denis Felix a capté des regards derrière sa chambre grand format. Ces visages nous scrutent, nous observent …

Matthias Olmeta réalise des portraits de ses contemporains, homme, femme, enfant.

Mélant écriture et photographie, ils questionnent notre devenir

Matthias Olmeta

Une communauté charnelle flotte dans un bain incertain. Peu importe la chimie du photographe, elle doit beaucoup au XIXème siècle et à ses pratiques de laboratoire. Nous n’en parlerons pas, la matière photographique, au sens physique, restera toujours le secret de l’opérateur. Ce que l’on aperçoit nous suffit. Cela est dense, jamais translucide, comme un dépôt d’écume, d’ambre et de lichens. Rien d’autre que ce liquide visqueux ne désigne cette communauté. Sa consistance, lourde et ferme, ne cesse cependant d’être animée. La matière est composée de telle sorte qu’elle vit, affectant la photographie, métamorphose d’objet ardent.

En ce sens, l’épreuve unique ne peut revendiquer l’immortalité, le verre se brise, le collodion se craquelle, mais à chacune de ses vibrations, elle se perpétue. Ainsi se constitue une sorte d’histoire qui dépasse son auteur, où l’important n’est que l’immersion des objets et des figures dans un réceptacle aux vertus démesurées. On ignore de quelle façon cela s’est fait, mais la photographie est là. Chimique, artisanale, elle s’impose comme un démenti de l’acte industriel et de la nouveauté technique. On entrevoit – ce qui auparavant nous paraissait détestable – l’amour de la matière, la fusion et la confusion entre sensation et affect.

Ces images font ainsi le procès du vocabulaire critique contemporain. Car les nuances du monochrome de la substance, chose essentielle à la perception, n’ont rien à avoir avec un néo-pictorialisme passé d’âge. Lorsque les personnages et les objets s’imprègnent de cette matière toujours aléatoire, on ne peut se défendre d’une impression quasi mystique, et de les contempler, hiératique, conséquence d’un mystérieux recouvrement. Chaque image prolonge ceux qui ne sont plus là, ou ne seront plus là. Aussi se moque t-on de ce qui pourrait les définir, les décrire, les dépeindre… Les choses et les gens errent sans antécédents et sans décision dans un monde clos, prisonnier d’un alliage, inscrit dans une mince lame que la lumière fait vibrer.

Il y a dans l’oeuvre de ce photographe une profonde croyance en la divination. La photographie nous autorisait à pénétrer dans l’avenir. Regardez ces images, plongez sans indifférence dans ce bain, buvez-en même, voici un gouffre qui se découvre, plongée béante dans le vif !

François Cheval,

conservateur en chef du musée, Niécephore Niépce , 2015

Denis Felix

Denis Félix nous conduit de son fil d’Ariane en des labyrinthes de réminiscences et nous confirme son aisance à capturer, organiser les formes et à leur donner vie. Avec ce travail tiré sur platine-palladium, il va « découper » plus de 25 ans de négatifs et de plaques de verre photographiés à la chambre, les agencer et nous transporter en des contrées fantasmagoriques. Structurant l’espace par strates, des visages emprunts des vestiges de l’intime, se révèlent et puis se cachent comme pour se rappeler à notre mémoire altérée. De cette mythologie personnelle dont le cadre serait hors du temps, ils composent avec des fragments de vie morcelée, des univers oniriques d’où émergent comme le vague souvenir d’un lieu, d’un voyage, d’un visage, d’une matière.

Denis Félix a un parcours atypique. Après cinq années de médecine, il se lance dans la photographie en 1985, à vingt-cinq ans. Pour ses recherches personnelles depuis 1993, son propos est de mettre en lumière le temps de la tradition et du passé qui s’expriment sur les hommes, les spécificités du matériel choisi par Denis Félix, la chambre grand format, créent un lien particulier entre les sujets et le photographe. Il ne réalise qu’un seul et unique cliché par personne photographiée, avec la volonté de partager un instant ultime unique particulièrement intense.

En 1994, il part pour le Mali en pays Sénoufo, puis en 1995 à la frontière guinéenne en pays mandingue, à la rencontre d’hommes vivants dans la pure culture traditionnelle. Les spécificités du matériel choisi par Denis Félix, la chambre grand format, créent un lien particulier entre les sujets et le photographe. Le Maroc en 1995, l’ile Maurice et Saint Martin les années suivantes, permettront à Denis Félix de partir « à la quète d’une liberté dont le regard est dépositaire ». En 1998, Hermès lui commande une première exposition intitulée « Les plis de la vie », étude sur le lien qui existe entre les plis sur les écorces d’arbres et les visages. Puis viendra « Hermès dans les étoiles », voyage au coeur même des regards. Denis Félix toujours sensible aux histoires inscrites dans les plis des visages, des yeux, des mains, continue son voyage. C’est cette fois en Afrique du Sud puis au Guatémala qu’il capte en images ce monde traditionnel tant recherché. En Irlande, en 2002, puis l’Inde en 2004 à la rencontre de deux ethnies sensibles, les Dalits et les tribus forestières.

Entre 2010 et 2012, il élargit son champ de recherche et associe les lieux et les détails à la matière humaine. “Harmonies” se développe en Inde, en Afrique du Sud, en Indonésie, en Chine et au Brésil au sein de populations et d’ethnies rurales.

De la matière humaine, de l’être dans l’humain, Denis Félix glisse ensuite progressivement vers la matière des choses, la trace et l’empreinte du vivant.

De cette mythologie personnelle dont le cadre serait hors du temps, ils composent avec des fragments de vie morcelée, des univers oniriques d’où émergent comme le vague souvenir d’un lieu, d’un voyage, d’un visage, d’une matière.

Suivre le cours des images de Denis Félix est une traversée dans les méandres d’un intime formel, physique et mental propre à retranscrire, l’énergie même du vivant. Distinguer ce qui les relie, c’est toucher du regard en un rêve éveillé, l’essence même de ce qui nous constitue et découvrir les madeleines de Proust d’un très grand plasticien.

« Empreintes »

Depuis mon enfance, je m’intéresse à l’homme et à la nature, ainsi qu’au monde animal, minéral et végétal, entre fascination et émerveillement. Mon travail exprime le lien délicat qui unit l’homme à l’univers.

Mon intuition me guide vers les sujets à mettre en lumière et dans la lumière. Il est question de l’impermanence, de la fragmentation, de l’altération, de la disparition et de l’imprégnation.

Ce travail de portrait, « Empreintes », débuté en 1993 à Ouatiali au Mali, invite à un voyage au coeur de chaque regard, de chaque histoire de vie. Photographiant à la chambre grand format de façon immersive, chaque personne fait l’objet d’un seul et unique cliché.

L’empreinte photographique qui en résulte révèle la beauté des êtres, sculptée par les éléments naturels et le temps. Tout comme chaque moment de vie façonne les visages, la lumière burine les peaux, ravine les sourires, la terre imprègne la matière humaine.

Je photographie la présence, et tente de recueillir l’intensité et le mystère de la vie

Galerie PARALLAX 3 rue des Epinaux 13100 Aix en Provence Tel : 0660552060 / 0981719785

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