Festival Off Arles 2026 - Des images au delà des marges
Du 6 juillet au 5 octobre 2026 - Rencontres & Soirées du 6 au 12 juillet 2026
Gardons les yeux ouverts
L’année dernière, nous écrivions que créer, c’était résister.
Aujourd’hui, une autre question s’impose : comment ?
Comment habiter un monde qui parfois nous dépasse, nous inquiète ou nous échappe ? Peut-être en réaffirmant le commun, le collectif comme espace de circulation et de possible. À Arles, chaque été, des centaines d’expositions apparaissent dans la ville.
Derrière les lieux institutionnels et les circuits établis, d’autres espaces émergent : ateliers, cafés, lieux associatifs, occupations temporaires, espaces indépendants. Des formes parfois fragiles ou expérimentales, mais essentielles à la vitalité de la création contemporaine.
Le OFF Arles est né de cette nécessité : ouvrir un espace où les images circulent autrement. Depuis sa reprise par La Kabine, le festival défend une vision collective, indépendante et ouverte de la photographie contemporaine. Plus qu’un contre-festival, le OFF est un territoire de rencontres, de visibilité et de coexistence, où se croisent artistes, collectifs, galeries, écoles, associations et initiatives internationales.
Parler des marges aujourd’hui, c’est aussi interroger ce qui définit le centre : quels récits circulent ? Qui peut être vu, diffusé, soutenu ?
À travers plus de 150 lieux et une programmation pensée comme un espace vivant, le Festival OFF poursuit cette ambition : maintenir ouverts des espaces d’attention, de dialogue et de circulation pour des images venues d’ici et d’ailleurs.
Véritable temps fort de la création visuelle contemporaine, le Festival OFF s’impose comme un rendez-vous incontournable. En parallèle des grands événements photographiques, il fait vibrer la ville d’Arles grâce à une programmation riche, éclectique et entièrement gratuite, ouverte à tous les publics. Une invitation à découvrir des regards singuliers, des œuvres audacieuses et des formes d’expression qui repoussent les frontières de l’image.
Parmi les temps forts : projections, lectures de portfolios, performances, rencontres professionnelles, discussions avec la Radio du OFF et événements dédiés aux scènes émergentes internationales, notamment la remise du Prix Révélation Saif x La Kabine à l’ENSP Arles.
Les deux lieux principaux du festival sont :
Le Printemps — 2 avenue Lafayette à Arles, qui accueille notamment le programme d’expositions Au bord du monde, et de nombreux événements
Impasse Balze — lieu d’accueil du festival au cœur d’Arles
Soirées d’ouvertures 21h – minuit :
Lundi 6 juillet — Battle photographique avec Inland, Le Printemps
Mardi 7 juillet — Apéro d’ouverture, Impasse Balze
Mercredi 8 juillet — Soirée Filles de la Photo & projections, Le Printemps
Jeudi 9 juillet — Vernissage des expositions de La Kabine, Le Printemps
Vendredi 10 juillet — Soirée de l’Émergence, ENSP Arles
A découvrir (DÉ)GÉNÉRÉ(E)S Photographie générée et dégénérée
8 – 26 juillet 2026 À l’Étoile de la Roquette, Arles – Plan d’accès
– vernissage le vendredi 10 juillet à 17h
– du mercredi au dimanche de 15h à 20h
– présence des artistes sur la semaine professionnelle des Rencontres
En 1937, le régime nazi présentait l’exposition Entartete Kunst : « Art dégénéré ».
Le mot désignait ce qui devait être rejeté : les formes impures, les imaginaires réfractaires, les artistes qui échappaient à l’ordre esthétique et politique.
Près d’un siècle plus tard, le terme n’a rien perdu de sa violence. Il continue de circuler, parfois sous d’autres noms. Chaque époque invente ses catégories, ses exclusions, ses normes du visible. Chaque époque décide quelles images rassurent et quelles images dérangent. Les périodes brunes s’affirment rarement tout de suite par les autodafés. Elles commencent par le classement des corps, des récits et des images.
Nous vivons dans une période où les discours affirment une simplification désirable. Les identités se cristallisent, les récits se ferment, les nuances deviennent suspectes, les lignes sont droites, l’organique ne résiste plus à la rigidité des normes. Les algorithmes privilégient ce qui ressemble déjà à ce que nous connaissons. Le doute devient un défaut, la complexité : un obstacle.
De cette sensation, Nicolas Havette a lancé un appel à participation sous le titre (DÉ)GÉNÉRÉ(E)S. Non pour rejouer une histoire connue, mais pour interroger ce que pourrait être, aujourd’hui, une photographie dégénérée. Une photographie qui refuse de se tenir tranquille.
Une photographie qui déborde de son cadre, contamine les catégories, trouble les certitudes. Près d’une vingtaine d’artistes ont été retenus pour la singularité de leur démarche et la pertinence avec laquelle ils interrogent les mutations contemporaines. Tous ont accepté de se retrouver sous cette bannière volontairement provocatrice, conscients que certains mots méritent parfois d’être retournés contre leur propre histoire.
Ce qui réunit ces artistes n’est ni une esthétique commune ni une génération. Leurs pratiques sont parfois contradictoires. Elles utilisent l’archive, le document, la fiction, le collage, l’installation, l’image vernaculaire, l’intelligence artificielle ou les procédés photographiques les plus divers.
Mais toutes partagent une même méfiance envers les récits trop simples.
Le commissariat devient ici un acte de montage. Les œuvres ne sont pas réunies pour illustrer un thème mais pour produire des écarts et des collisions. Présentées sous la forme d’un vaste cabinet de curiosités contemporain, les images se répondent, se contredisent parfois, se contaminent souvent.
www.festivaloffarles.com
Festival Off Arles, QG du Festival, 1 rue Balze 13200 Arles
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- - Publié le
- Philippe Cadu














