Gwen Gérard - Face à/Sur Face : Horizon Paradoxal
Du 6 au 29 novembre 2026 - Vernissage vendredi 6 novembre à 18 h
À travers un parcours associant sculptures, installations, photographies et vidéo, l’artiste invite le visiteur à une expérience immersive, à la croisée de l’espace physique, de l’image et de l’imaginaire.
L’exposition prend pour point de départ l’architecture hexagonale de la salle, au sein de laquelle s’inscrit une structure provisoire évoquant une tente. Cette « salle dans la salle » introduit un jeu de correspondances entre fragilité et permanence, présence et disparition, figuration et abstraction.
Face àSur Face : Horizon Paradoxal est pour commencer une mise en abîme de l’architecture hexagonale de la salle d’exposition : une salle dans la salle, plus fragile, forcément éphémère, une tente posée provisoirement au milieu de la pierre et du béton. Dès son entrée, le spectateur est invité à s’immerger et à suivre un chemin initiatique entre espaces physiques et projectifs, une déambulation à travers sculptures, installations et photographies.
C’est dans le déplacement que se découvre cette exposition, où la phrase « Come back des
Songes – Flash Back des Mondes » revient comme un leitmotiv qui finit par devenir une mélopée enveloppante, un lien sonore qui unifie cet espace « mouvementé » et se substitue finalement à toute représentation. C’est ainsi que partant d’ « images » autofictionnelles, le visiteur est amené à l’abstraction minimale.
La phrase m’a été confiée par G., un patient dont j’ai été proche : il me l’avait griffonnée sur un petit bout de papier. J’en ai oublié l’ordre mais peu importe puisque c’est une phrase en miroir.
Elle est projetée verticalement, suivant les arrêtes d’un carré situé au centre de la structure par laquelle entre le spectateur : à la fois ligne d’horizon – boomerang et source lumineuse céleste.
Au sujet de sa théorie sur le rayonnement, Stephen Hawking en vient à conclure que les trous noirs finissent par s’évaporer et avec eux s’effacent les informations liées à la matière donc au passé. Si les équations mathématiques me sont complètement étrangères, leur puissance poétique me fascine et accompagne mon travail jusqu’à l’analogie.
Auparavant, j’ai souvent ressenti un état d’urgence à gratter le passé pour découvrir et poursuivre un récit tangiblement linéaire. Au cours de mon parcours d’artiste plasticienne vieillissante qui expérimente la disparition successive d’êtres chers, les évènements cruciaux considérés comme traumatiques, ataviques et fondateurs s’entremêlent et finissent par se confondre, ils perdent leur dramaturgie puis leur consistance jusqu’à se déliter.
C’est alors que la figuration s’estompe pour devenir abstraction minimale, et il ne reste que le mouvement d’une valse de Strauss, Le Beau Danube Bleu rythmant la vidéo Face à Sur Face. Les formes closes représentant l’enfermement de couples, s’ouvrent puis disparaissent pour rejoindre le mouvement du tempo 1,2,3, d’un horizon paradoxal.
Ne rien savoir,… juste valser.
Durant près de trente années, parallèlement à mon activité d’artiste, j’ai pratiqué celle d’infirmière de secteur psychiatrique puis d’art thérapeute. Ce métier m’a aussi permis de financer ma pratique artistique. Contre l’inadéquation et l’opposition apparente de ces deux activités ; l’une liée au désordre subjectif de la créativité et l’autre à l’ordre de l’institution qui s’organise en fonctions du savoir, j’ai choisi de les allier, de leur trouver des correspondances bilatérales, notamment entre le processus de créativité et reconstruction de l’identité du sujet.
Ainsi l’onirisme, la fabulation, les hallucinations, les interprétations s’apparentent à des procédés plastiques comme l’analogie, le détournement, la métaphore, le cut up etc.Dans les deux cas un principe associatif singulier relie les constituants entre eux pour accéder à un récit, qualifié de délirant, donc incompréhensible, dans une approche psychiatrique et de poétique dans le domaine de l’art en général. En tant qu’art thérapeute, ma pratique plastique, liée au monde de l’image et de ses associations, m’a permis d’accéder à ces mondes imaginaires, de les ressentir, de les considérer avant tout sous leur aspect poétique et ainsi de les reconnaitre comme récit communicant.
M’en inspirant, j’ai toujours été intéressée par l’alliance paradoxale des éléments qui remettent en question les notions de causalité, d’univocité, et à leurs liens «inhabituels» ouvrant, à mes yeux, de nouveaux espaces et possibles
www.vam-octon.org
PARC Village des arts Octon, 1 chemin de Ricazouls – 34800 Octon Tél : 06 83 18 92 20
Horaires : vendredis, samedis, dimanches et jours fériés, de 14 h à 18 h
- Arts Plastiques, Installation, Vidéo
- - Publié le
- Philippe Cadu