Résister à l’artificiel - L’écran fait écran à la réalité
Ou : comment perdre le sens de la vie
Sommes-nous passés de la jungle aux écrans : métamorphoses de l’état de nature
Je ne sais pas pour vous, mais en ce qui me concerne il me paraît difficile d’y voir clair dans ce tohu-bohu médiatique ou la propagande guerrière s’entremêle aux fake-news diffusées en boucle sur les chaînes d’infos en continu de la « fachosphère bolloréenne » et sur les réseaux sociaux.
Par exemple pour le Climat : comment se propage la désinformation ?
Le déficit de l’attention nous guette : sommes-nous encore capables de regarder un film jusqu’au bout ? Certains étudiants en sont incapables.
Et pourtant Pavel Talankin résiste à la propagande poutinienne en réalisant un film sur le quotidien d’une école « Mister Nobody contre Poutine » (visible jusqu’au 29 avril)
C’est le combat extraordinaire d’un Russe ordinaire (interview de Pavel Talankin). Le mouvement « No Kings, no ICE, no War » a revendiqué près de huit millions de manifestants dans plus de 3 3 00 cortèges à travers tous les États-Unis.
Résister est possible, non sans mal parfois comme en Israël ou les manifestations contre la guerre sont dispersées par la police.
C’est en 1956 que le philosophe Allemand Günther Anders écrivit cette réflexion :
« Pour étouffer par avance toute révolte, il ne faut surtout pas s’y prendre de manière violente. Les méthodes archaïques comme celles d’Hitler sont nettement dépassées. Il suffit de créer un conditionnement collectif en réduisant de manière drastique le niveau & la qualité de l’éducation, pour la ramener à une forme d’insertion professionnelle.
Un individu inculte n’a qu’un horizon de pensée limité et plus sa pensée est bornée à des préoccupations matérielles, médiocres, moins il peut se révolter. Il faut faire en sorte que l’accès au savoir devienne de plus en plus difficile et élitiste… que le fossé se creuse entre le peuple et la science, que l’information destinée au grand public soit anesthésiée de tout contenu à caractère subversif. Là encore, il faut user de persuasion et non de violence directe : on diffusera massivement, via la télévision, des divertissements abrutissants, flattant toujours l’émotionnel, l’instinctif.
On occupera les esprits avec ce qui est futile et ludique. Il est bon avec un bavardage et une musique incessante, d’empêcher l’esprit de s’interroger, penser, réfléchir. On mettra la sexualité au premier rang des intérêts humains. Comme anesthésiant social, il n’y a rien de mieux. En général, on fera en sorte de bannir le sérieux de l’existence, de tourner en dérision tout ce qui a une valeur élevée, d’entretenir une constante apologie de la légèreté ; de sorte que l’euphorie de la publicité, de la consommation deviennent le standard du bonheur humain et le modèle de la liberté » Günther Anders « L’obsolescence de l’homme » 1956.
Et L’IA, on en parle alors ? Nous sommes nombreux·ses à nous poser beaucoup de questions
Y a-t-il un bon usage de l’intelligence artificielle ?
IA : comment se prépare-t-on à l’inconnu ?
Elle est et devient l’instrument de la domination, Anthropic a refusé de collaborer avec l’armée américaine pour la surveillance de masse et le contrôle d’armes entièrement autonomes
Mais si certains ont encore un peu d’éthique, Open AI s’ empresse de reprendre les contrats juteux avec ChatGPT.
Si vous voulez voir comment un pacifiste se fait embarquer par la propagande nazie pour continuer de maintenir son train de vie, je vous invite à aller voir le film « Les Rayons et des ombres » (bande annonce)
Derrière l’IA, il y a des hommes et leurs idées, c’est un très bel outil pour créer de la propagande à destination d’esprits peu critiques dans le flux de l’information et de la désinformation.
Philippe Cadu
- Édito
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- Philippe Cadu














