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Bruno Barbey - Visions sur le monde 1964-2020

Du 28 mars au 7 juin 2026 – Vernissage vendredi 27 mars à 18h

Bruno Barbey (1941–2020) occupe une place majeure dans l’histoire de la photographie humaniste et du photojournalisme international. Membre de l’agence Magnum Photos dès 1966, qu’il présidera de 1992 à 1998, il a parcouru le monde pendant plus de cinquante ans, témoignant des bouleversements politiques, sociaux et culturels de son époque. 

Du Portugal sous Salazar à la Pologne de Solidarność, du Moyen-Orient à l’Asie, ses images conjuguent rigueur documentaire et regard profondément humain. 

Très tôt, Bruno Barbey fait de la couleur un langage à part entière, révélant avec subtilité les ambiances, les tensions et la poésie du réel. En 2016, il est rentré à l’Académie des Beaux Arts dans la section photographie.

La Villa Tamaris accueille aujourd’hui une grande rétrospective consacrée à ce photographe essentiel, réunissant plus de 200 tirages. 

L’exposition présente ses séries emblématiques, parmi lesquelles Les Italiens et les images devenues iconiques de Mai 68, ainsi qu’une large sélection de reportages réalisés à travers le monde.

Bruno Barbey passe son enfance au Maroc où il est né à Berrechid en 1941[1], alors protectorat français[2]. Il y passe les douze premières années de sa vie, entre Rabat, Marrakech et Tanger, au gré des affectations de son père qui est haut fonctionnaire[3] du Protectorat français du Maroc.

À seize ans, il obtient son brevet de pilote d’avion et pratique le parachutisme. L’année suivante, il part à Paris étudier au lycée Henri-IV. Il a pour camarades de classe Éric Rohmer et Barbet Schroeder avec lesquels il passe de longues heures à la Cinémathèque française au palais de Chaillot[4]. En 1959, il rentre à l’École des arts et métiers de Vevey en Suisse où il s’ennuie car le programme est surtout axé sur la photo publicitaire ou industrielle.

Fasciné par le cinéma néo-réaliste italien, il débute en 1962 un essai photographique sur les Italiens, en séjournant pendant plusieurs semaines et à de nombreuses reprises en Italie, où il rencontre Alberto Moravia, Elsa Morante et Carlo Levi. Il présente ses photos à l’éditeur Robert Delpire. Le projet de livre ne se réalise pas immédiatement mais il rencontre à cette occasion Henri Cartier Bresson et Marc Riboud.

Il commence alors à voyager à travers le monde, notamment à Naples, en Camargue (avec Yvan Audouard en 1965[5]), au Portugal, au Kenya, au Koweït et en Écosse pour le compte des Éditions Rencontre de Lausanne. Il y publie un livre d’illustration de chacune de ces destinations.

Bruno Barbey a 25 ans quand il rejoint l’agence Magnum en 1966 et en devient pleinement membre en 1968[6]. Il exerce les postes de vice-président pour l’Europe de 1978 à 1979 et de président de Magnum International de 1992 à 1995.

Au sein de l’agence Magnum, il amorce alors, parallèlement à son travail d’auteur, une carrière de photo-journaliste qui va le conduire à multiplier de courts séjours liés à l’actualité à travers le monde en vue de publications dans des magazines (tels que Life, Paris Match, Stern ou le National Geographic). Il se rend au Biafra au début de la guerre de sécession avec le Nigeria, il suit le général de Gaulle en Pologne, réalise le portrait de Nasser et photographie le cinquantième anniversaire de la révolution soviétique à Moscou. De temps à autre, il séjourne plus longtemps dans un pays ou une région particulière pour en publier un livre.

Il photographie, en couleur, abondamment les révoltes ouvrières et étudiantes de Mai 68 à Paris[7]. Il s’associe à un groupe composé entre autres de Marker et Godard pour réaliser des films au banc-titre sur les grèves. Il photographie également les émeutes étudiantes à Tokyo. En 1970, il réalise avec Jean Genet un reportage sur les Palestiniens, publié dans le magazine Zoom. En 1971 et 1972, il couvre la guerre du Vietnam, notamment la bataille d’An Lộc. Ses photographies sont publiées dans le magazine Life.

Il amorce en 1972 un travail au long cours sur le Maroc, pays de son enfance, avec le désir de sauver une mémoire qui se perd. Plusieurs livres, avec des textes de Jemia et J. M. G. Le Clézio et de Tahar Ben Jelloun, seront publiés dans les années 1990 et 2000.

Bruno Barbey séjourne en Chine en 1973 pendant la Révolution culturelle puis à Phnom Penh assiégée par les Khmers rouges. Il photographie la guerre du Kippour en Syrie et en Israël. En 1974, il se rend clandestinement chez les Kurdes en Irak en passant par l’Iran. Il y rencontre le général Moustapha Barzani. En 1975, il photographie la Marche verte effectuée du Maroc au Sahara occidental. En 1976, il séjourne de nouveau en Iran pour y préparer un livre avec René Maheu, à l’époque directeur général de l’UNESCO.

En 1980, il passe trois mois à Bombay et en tire un livre publié aux éditions Time and Life. En 1981 et 1982, il fait de longs séjours en Pologne qui est, sous l’impulsion du syndicat Solidarność, à un tournant de son histoire. Il suivra la très populaire tournée du Pape. Il en tirera un livre (préfacé par le journaliste Bernard Guetta). En 1984, il publie un livre sur le Gabon. En 1991, il couvre la guerre du Golfe puis suit les réfugiés kurdes en Irak et en Turquie.

www.villatamaris.fr

Villa Tamaris, 295, avenue de la Grande Maison 83500 La Seyne-sur-mer Tél : 04 94 06 84 00