Ida Jakobs – Ces fantômes qui crient
Du 14 février au 26 mars 2026 – Vernissage samedi 14 février à 18h
J’ai peur du noir.
Le soir dans mon lit, je me recouvre en entier dans ma couette,
je laisse juste la place de ma bouche et de mon nez pour respirer.
Il ne faudrait pas que les fantômes qui rôdent autour de moi viennent me toucher.
J’essaie de me persuader qu’ils ne sont pas là pour me faire du mal.
Mais un doute persiste.
C’est cette nausée terrible qui me prend lorsque je lis ces textes qui racontent l’holocauste.
Ou quand j’entends à la radio que l’on assassine impunément un peuple, au nom d’une vengeance tellement unique.
Quand il faut accepter en silence le génocide en cours du vivant.
Quand l’on me dit qu’il est interdit d’aider un homme. Ou qu’on le laisse mourir en détournant simplement les yeux. Quand, à l’école, on ne veut pas que les enfants bougent. Quand on préfère donner un calmant plutôt que de prendre le temps d’écouter le malaise.
Quand donner la main ne fait plus partie des gestes humains.
Il faut se taire!
« Ce travail est le fruit de 5 mois de résidence à l’Hôpital Gérard Marchant, hôpital psychiatrique de Toulouse. Là, j’ai accompagné une dizaine de patients et deux soignantes dans des créations photographiques personnelles d’une part, et d’autre part ils ont pris part à mon propre travail. »
Production DRAC-ARS d’Occitanie, Hôpital Marchant, Labo Sauvage
Tirages Bruno Seigle / Photon, Toulouse
Ida Jakobs est née en 1978 à Foix. Elle passe son enfance entre l’Ariège, Toulouse et l’Angleterre. Petite, elle découvre la photo auprès de sa mère.
Après des études de lettres, d’histoire de l’art et de communication, elle monte un festival photo, puis travaille pendant 15 ans dans le théâtre.
La photographie revient au centre de sa vie en 2013, elle repart à l’ETPA pour passer son diplôme, obtient une mention spéciale du jury, Expose à Manifesto (Coup de Coeur), fait la résidence à Niort, y expose, aux Boutographies à Montpellier (Prix du Public) et puis à La Rochelle et à Nantes, projette ses images à Kathmandou et à Sète, publie un portfolio dans Libération, Photopapers, Fisheye’s Photobook#1.
A 40 ans, elle décide enfin de se consacrer entièrement à la photographie, et expose à la Maison de l’Image Documentaire à Sète. Puis elle montre son travail à Céret (Centre pour la Photographie Lumière d’Encre), à Saint Girons (Zoom), à Paris (Galerie Rachel Hardouin), Arles (Galerie Le Lac Gelé), Toulouse (Galerie La Petite Photo). Elle mène des ateliers pour tous les publics (enfants, jeunes, scolaires, découverte, pratique, suivi pour artistes) et accompagne régulièrement des publics spécifiques (jeunes en décrochage, détenus, patients en institution).
Son travail photographique est toujours relié à un travail d’écriture.
En partenariat avec Bruits d’Couloir.














