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Alain Chevrette – Fragmentation

Du 23 octobre au 28 novembre 2025 – Vernissage jeudi 23 octobre de 18h à 21h

La force d’apparaître, de donner formes et couleurs à ce qui cherche à naître afin de le rendre visible dans l’espace attribue à la peinture d’Alain Chevrette une puissance de poétisation et d’incarnation. C’est d’ailleurs en exerçant une telle force qu’il transforme l’espace immaculé de la toile vierge en surface picturale.

Celle-ci, dans l’amplitude de son intensité visuelle, est un champ esthétique mouvant et comme en lévitation d’ondes et de vibrations.

En revendiquant l’expression de surface picturale, l’artiste nous indique que désormais rien n’est plus important que le spectacle de la peinture elle-même… La peinture en expansion dans ses mouvements expressifs est portée dans son incandescence par les contrastes du chromatisme avec ses transparences, ses fulgurances, ses irisations… 

Avec ses lumières affirmées tranchant parfois sur du sombre, avec ses tonalités nocturnes de braises rougeoyantes comme une obscure clarté… Notons également qu’Alain Chevrette, au moyen d’aplats monochromes en certains endroits, ouvre la toile sur la surnaturalité d’une lumière inventée pour spatialiser mieux encore l’infini.

Formes et couleurs sont solidaires et donc indissociables, d’autant plus qu’il n’y a pas d’autre paysage maintenant que mental ou imaginaire ; pas d’autre paysage que celui de la peinture se soulevant et montant vers nous dans la sensualité texturologique de sa matière. 

C’est pourquoi la forme ne représente ni ne signifie mais intensifie : ni vague ni précise, flottante ou volante, toujours en apesanteur, elle incarne une présence picturale et plus exactement la présence même d’une action picturale. Cette dernière libère l’intensité esthétique plurielle : perceptions poétiques et oniriques, sensations tactiles et émotionnelles.

La toile ne s’organise pas en fonction d’une ligne d’horizon, car rien de ce qui s’y produit au niveau de la sensation n’est rabattu sur une perspective. La surface picturale est une spatialité imaginaire dont l’intensité visuelle est en suspension mobile sur son plan d’infini qu’elle embrase de ses feux. La toile est un planisphère ou un plan fusionnel traversé par des forces invisibles du cosmos et par celles, tout aussi invisibles, de la vie traversant les êtres et les choses. 

Ces forces invisibles sont fixées à la surface matérielle du visible par les présences picturales qui les captent et les manifestent, nous les ressentons intuitivement et au cœur des relations silencieuses entre les présences poétiques et émotionnelles. 

Aussi nous déplaçons-nous dans une atmosphère de méditation contemplative mais couplée à une réceptivité dynamique capable d’épouser le mouvement et la métamorphose des formes que A. Chevrette amène à une limite de l’informel où elles atteignent le point culminant de leur présence expressive. Nous suivons alors les trajectoires des affects transportés par les émulsions de couleurs qui rendent la surface picturale sensible comme une membrane réactive à tout regard qui s’y pose.

Le geste artistique d’Alain Chevrette agit dans la matière de la peinture pour l’élever à une pure présence de son abstraction palpable et tangible dans la mesure où nous l’éprouvons dans notre corps au moyen de la sensation immédiate, saisissant au présent éternitaire de l’œuvre les surfaces picturales inspirées et vibrantes.

Joël Couve, écrivain

Galerie Valérie Eymeric, 33 rue Auguste Comte – 69002 Lyon Tél : 06 95 72 48 74

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