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Vincent Jendly - One millimeter of black dirt, and a veil of dead cows

Du 24 février au 7 avril 2026 - Vernissage mercredi 25 février à 18h30

e photographe Vincent Jendly est né en 1969 en Suisse et basé à Lausanne. Arrivé tardivement à la photographie et complètement autodidacte, il se fait connaître avec une première série sur New York (2009–2012), exposée en Suisse, en Europe et aux Etats-Unis, et publiée en livre en 2013.

Entre 2015 et 2020, il crée la série Lux in Tenebris, une immersion intime dans le monde de la mer, exposée notamment aux biennales Images Vevey et Images Gibellina ainsi qu’au musée de la Photographie de Charleroi (Belgique). Le livre issu de cette série (2022) remporte en 2023 le Prix du beau livre de l’Académie de Marine de Paris et le Prix HIP du livre francophone.

Son projet le plus récent et exposé ici, One Millimeter of Black, and a Veil of Dead Cows (2021–2022), a été réalisé dans le port de Dunkerque. Ce travail marque son entrée dans une réflexion sur l’Anthropocène. Publié en 2024, l’ouvrage reçoit le Prix France Photobook 2025 des libraires français du livre de photographie.

One millimeter of black dirt, and a veil of dead cows

En découvrant le port de Dunkerque, les pieds dans la boue de charbon, j’ai eu l’impression de fixer une sombre figure du passé, surgi du temps de la révolution industrielle. 

J’avais devant moi un paysage recouvert de mélasse et de poussière noires, brutal et crasseux, transformé à l’extrême, une incarnation sombre et spectaculaire de l’anthropocène, cette « ère de l’humain », une de ces visions qui suggèrent un effondrement imminent, avec des allures presque apocalyptiques. Une perspective hypothétique mais tout de même : l’ampleur des marques sur ce lieu gigantesque me faisaient percevoir l’estampille de mes congénères à une échelle terrestre. 

D’ailleurs, c’est effectivement le cas : l’impact de nos activités est tel que l’homme devient une force géologique. Nous sommes en train de créer de nouveaux types de sédiments à venir comme le plastiglomérat, une strate de roches qui sera composée en grande partie de microplastiques, répartie sur tout le globe.

Autre nouveauté pour les paléontalogues du futur : à cause de la disparition de la mégafaune sauvage et de notre impact sur les espèces en général, 93% de la biomasse des vertébrés terrestres sont déjà constitués d’espèces domestiques, vaches en tête, qui couvrent nos appétits déraisonnables de viande. 

Il est même probable que d’ici trois siècles, la vache devienne le plus grand animal sur Terre, prévision presque incroyable. Dans les fouilles du futur, est-ce ce qui va rester de nous ? Des fossiles de vache et un millimètre de particules noires ?

www.ombres-blanches.fr

Librairie Ombres Blances, café Côté Cour 7 rue des Gestes 31000 Toulouse
Du mardi au vendredi : 14h-19h. Samedi : 10h-13h / 14h/19h