Samuel Spone – Blue Monday
Du 29 janvier au 21 mars 2026 – Vernissage jeudi 29 janvier à partir de 18.30
Le titre évocateur Blue Monday* signe cette nouvelle exposition construite autour d’une série de peintures récentes (2025) où règne l’incertaine lumière bleue du présent. Ce bleu se réfère aux tirages radiographiques, à la lueur des écrans, à l’apaisement des médicaments — comme une couleur de l’intériorité contemporaine.
Les formes hybrides organiques — synthétiques contiennent la logique de la modélisation 3D.
A l’aide de produits chimiques, comme la javel, l’artiste oscille de la calligraphie à la coulure, du dessin à la projection, avec une précision du geste – et donc du trait – qui convoque à notre étonnement la minutie et le métier d’une pratique picturale traditionnelle.
Cette exposition est partenaire de SOL ! 3 La biennale du territoire réalisée par le MO.CO consacré pour ce numéro au rôle majeur de l’Ecole des beaux-arts de Montpellier dans la vie artistique montpelliéraine.
Les galeries qui œuvrent depuis plusieurs décennies pour l’accompagnement des jeunes artistes issus de cette école, dont singulièrement Les chantiersBoîteNoire, seront présentes
* Au Royaune-uni, le troisième lundi de janvier supposé jour le plus déprimant de l’année, serait le point de convergence de plusieurs paramètres négatifs dont le début de semaine, le salaire du mois pas encore tombé, la météo, la saison froide et les nuits longues, la période post-fêtes,…
La série de tableaux N06BA0 se déploie comme une séquence continue de peintures de format unique. (58 x 42 cm)
S’inspirant librement des cavaliers de Paolo Uccello, des chronophotographies d’E. Muybridge et des boucles algorithmiques du présent numérique, ces peintures abordent le mouvement comme un paradoxe — quelque chose de simulé au sein d’images qui demeurent fondamentalement immobiles.
Chaque œuvre suggère un fragment d’une rotation invisible, une image extraite d’un cycle sans fin. Cette temporalité circulaire — faisant écho à la fois à l’automatisation industrielle et à la récursivité psychologique — évoque une condition proche du Réplicant avec la sensation d’exister dans une boucle qui dépasse sa propre agence.
Les figures biomorphiques naissent de gestes peints à la main, puis sont régénérées numériquement et mises en rotation dans l’espace virtuel.
Ces formes hybrides organiques — synthétiques contiennent la logique de la modélisation 3D : points de référence, vecteurs, distorsions et glitches infiltrent la surface, inscrivant une rationalité digitale dans la matérialité de la peinture.
Le bleu apparaît par réaction chimique là où l’eau de Javel révèle les couches antérieures, révélant « l ‘historique du tissu ». Ce bleu se réfère aux tirages radiographiques, à la lueur des écrans, à l’apaisement des médicaments — comme une couleur de l’intériorité contemporaine.
Des éléments typographiques tels que « N06BA0 » — code ATC, indiquant la présence de substance psychoactives dans la composition des médicaments — traversent les compositions dans une logique froide, étatique.
Ils renvoient aux protocoles des industries médicales et pharmaceutiques. Leur présence ancre ces formes biomorphiques dans une économie plus vaste du contrôle, de la sédation et de la répétition.
Tout au long de la série, des étirements, compressions et intrusions soudaines de couleur perturbent la boucle : des fractures dans un flux d’images anesthésiées. Ce sont les moments où le cycle vacille, où quelque chose résiste.
Chaque peinture devient le résidu de cette condition liminale — une capture d’écran d’un soi façonné par la répétition, par la mémoire numérique et par l’incertaine lumière bleue du présent
Galerie chantiersBoîteNoire Hôtel Baudon de Mauny 1 rue Carbonnerie 34000 Montpellier
Tél 06 86 58 25 62 / 04 67 66 25 87
- Arts Plastiques
- - Publié le
- Philippe Cadu














