Jürg Nänni, Art & Science – L’art extra-terrestre au XXIè siècle
Du 24 janvier au 3 mai 2026 – Vernissage samedi 24 janvier à 11h
Jürg Nänni, Art & Science
L’Espace de l’Art Concret est heureux de présenter pour la première fois en France l’œuvre du physicien, enseignant et artiste suisse Jürg Nänni (1942—2019).
Tout a commencé en 1991 avec le désormais célèbre livre noir, publié par Jürg Nänni en collaboration avec Hans Knuchel aux éditions Lars Müller. Cet ouvrage a suscité un vif enthousiasme parmi les amateurs de couleurs, grâce à sa sobriété formelle et à sa rigueur conceptuelle. Il ouvrait la voie à un univers visuel fondé sur une disposition cartésienne des couleurs primaires, où bleu, jaune et rouge jouent les rôles principaux, tandis que le noir et le blanc occupent des rôles secondaires.
S’appuyant sur des règles mathématiques strictes et une précision géométrique, Nänni a élaboré un corpus d’œuvres relevant de l’art concret, longtemps resté confidentiel et redécouvert seulement récemment lors de sa succession. Il connaissait parfaitement les chefs-d’œuvre du groupe d’art concret de Zurich, admirait les compositions chromatiques rigoureuses de Richard P. Lohse ainsi que l’orthogonalité radicale de François Morellet, mais ses recherches allaient plus loin, intégrant la puissance des permutations algorithmiques grâce à des outils informatiques.
L’usage de générateurs aléatoires et le recours à des automates cellulaires ont donné naissance à des compositions à la fois imprévisibles et visuellement saisissantes. Le résultat est un langage plastique singulier — aux antipodes des pratiques traditionnelles du pinceau ou de la lithographie — que Nänni exprimait à travers le clavier de l’ordinateur, avant de confier ses instructions précises aux imprimeurs couleur.
Trente-cinq ans plus tard, le projet Jürg Nänni • Art & Science offre un regard rétrospectif sur cet œuvre atypique, avec une exposition à l’eac., doublée d’expositions parallèles à Brugg et Bienne, en Suisse. Un catalogue complet, publié aux éditions Niggli, accompagne l’ensemble : il répertorie ses œuvres, explique ses méthodes et théories, et met en lumière l’étendue de sa démarche.
L’art concret constitue le fil rouge des quelque 1 400 œuvres recensées, réalisées entre 1988 et 2015.
Son évolution artistique se déploie depuis les premières compositions rigides aux couleurs primaires jusqu’aux structures plus libres des années 2010 : des grilles cartésiennes des débuts, en passant par les tapis visuels chaotiques des années 1990, générés aléatoirement, jusqu’aux vagues moirées vibrantes et aux formes libres aux couleurs variées de sa dernière période.
L’exposition à l’eac. propose également une installation interactive inédite : le « Kiosque des Couleurs », un écran tactile qui permet au public — adultes comme jeunes — d’explorer de manière ludique les expériences complexes de Nänni sur les interactions chromatiques.
Au-delà de ses œuvres visuelles, Jürg Nänni a laissé une théorie complète de la perception des images, qu’il a exposée dès 2008 dans l’ouvrage Perception visuelle, également publié chez Niggli. Il y développe une pensée originale sur la manière dont notre regard interprète formes, contrastes et couleurs, prolongeant ainsi son travail plastique dans une réflexion scientifique exigeante.
Commissariat : Conrad U. Brunner et Fabienne Grasser-Fulchéri, directrice de l’eac.
L’art extra-terrestre au XXIè siècle
Artistes : Renaud Auguste-Dormeuil, Alain Bublex, Arthur Desmoulin, Eduardo Kac, Rob Miles, Élise Parré, Bertrand Rigaux, Smith, Stéphanie Solinas, Stéphane Thidet, Victoire Thierrée
L’eac. – centre d’art contemporain d’intérêt national en partenariat avec l’Observatoire de l’Espace, le laboratoire culturel du CNES présente le travail d’artistes contemporains qui ont abordé l’art extra-terrestre. Cette exposition-manifeste se veut fondatrice de la conceptualisation de l’art extra-terrestre du XXIè siècle.
Au fil de ses résidences de création donnant accès aux artistes à des moyens spatiaux, l’Observatoire de l’Espace du Cnes a constitué au sein de sa collection d’art contemporain un ensemble d’œuvres issues d’une interaction directe avec le milieu spatial. La Station spatiale internationale sert ainsi de lieu de création, réelle ou virtuelle, à des œuvres qui rendent comptes des perceptions sensorielles nouvelles générées par l’impesanteur sur les objets ou les corps.
Œuvres vidéo, dessin, sculpture ou encore photographie produites à bord de l’Airbus ZERO-G explorent l’adaptation de médiums terrestres à l’impesanteur à l’aide de dispositifs de création spécifiquement conçus pour répondre au contexte du vol parabolique. Enfin, les vols en ballon stratosphérique permettent de s’élever progressivement vers l’Espace apportant un nouveau point de vue sur l’extra-terrestre et transformant la matière grâce à un contact direct avec le milieu spatial.
Cette exploration de l’art extra-terrestre s’appuie sur les premières expérimentations des artistes du Space art menées dans les années 1980-1990 et prend place dans une actualité où les annonces sur une prochaine présence d’humains sur la Lune se multiplient et se conjuguent à une activité protéiforme dans le domaine spatial conduite tant par des acteurs institutionnels que des protagonistes du NewSpace. Dans cette efflorescence actuelle, la création contemporaine semble disposer d’une opportunité exceptionnelle pour ouvrir un nouveau chapitre de l’histoire de l’art.
L’exposition L’art extra-terrestre au XXIe siècle partage avec le public le résultat d’une interaction directe et originale avec l’Espace mise en œuvre par les artistes contemporains.
Espace de l art concret, Château de Mouans, 06370 Mouans-Sartoux Tél : +33 (0)4 93 75 71 50
- Arts Plastiques
- - Publié le
- Philippe Cadu














