Fabula Rasa – Belette B. Verrey
Du 22 janvier au 1 février 2026 – Vernissage jeudi 22 janvier à partir de 18h
Fabula Rasa — première exposition de 2026
Pour marquer le lancement de cette nouvelle dynamique, la Place de l’Art Contemporain est heureuse d’accueillir Campus art Méditerranée, membre du réseau, pour l’exposition Fabula Rasa de Belette B. Verrey.
Cette exposition est l’aboutissement d’une résidence artistique menée depuis un an par Campus art Méditerranée dans le quartier de Saint-André, en collaboration avec la Bibliothèque Saint-André et l’Éducation nationale, et avec le soutien de la Cité Éducative Nord Littoral.
Sélectionnée en 2025, Belette B. Verrey y a développé une recherche collaborative autour de l’invention d’un nouveau calendrier, questionnant notre rapport au temps, à l’imaginaire et aux façons de l’habiter.
Fabula Rasa est une exposition sur le temps, la fin de l’ère industrielle et la mélancolie fossile. Elle réunit des pièces produites en résidence dans le quartier de Saint-André en 2025 : des compositions réalisées avec les enfants lors d’ateliers, une installation vidéo ainsi qu’un ensemble de tablettes de cire.
Le projet s’appuie sur l’Agglossarium, un recueil de chants tirés de romans de science-fiction, que j’ai composé pour mettre la voix et le chant au cœur des états qui nous traversent : anxiété, désir, révolte … Cette partition forme la base d’une culture orale imaginaire, née après la disparition des livres et des smartphones.Les tablettes de cire deviennent les supports de ces nouvelles histoires. Elles prolongent les paysages où elles ont été conçues : les plaines désertiques de Fos-sur-Mer, les ciels bleus et les nuits de Saint-André. Les langues secrètes de cet univers sont imprimées dans la cire d’abeille ou de paraffine, activées par les figures burlesques des saisons et par Pyro, fantôme-narrateur de ce récit choral.
Le travail de Belette B. Verrey se tourne vers les éléments : ceux langagiers et ceux naturels. Par bien des égards, il s’est attaché à rendre intelligible les tempéraments du monde, ces colères adolescentes qui rasent les terres arables et les forêts, son soleil écrasant, ses moments d’accalmie, voire notre déni auréolé de nostalgie. Face à ses feux cruels, il ne suffit plus d’écrire.
Il faut dessiner là où le langage s’arrête, puisque ces états météorologiques appellent un nouveau langage, faites de signes faibles et de traits conscients. Face aux vents impromptus, il nous faut dessiner un recueil qui nous guidera comme une boussole, contenant la fougue poétique et les failles du monde.
Belette y a donné une forme éminemment collégiale dans le sens où presque chaque pas s’appuie sur une logique d’invitation : inviter les enfants à dessiner et repenser ce bouleversement météorologique, inviter les autaires qui le précèdent pour en extraire des passages, et des poèmes (l’Agglossarium), et nous inviter en retour pour parfaire son rêve. Celui d’un langage clandestin, à la hauteur de ce réel qui se dérobe.
Texte de JuliaMarchand – regard critique
PAC Le Lieu, 20 rue Saint-Antoine, 13002 Marseille Tél : 09 50 71 13 54
- Arts Plastiques
- - Publié le
- Philippe Cadu














