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La colombe de la paix Pablo Picasso

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Henri Cueco Chiens courants, 1993 Acrylique sur toile 130 x 162 cm Crédit photo : Nabil Boutros Musée d’art moderne et contemporain Exposition Musées en exil - Montpellier

Musées en exil

Du 11 novembre 2022 au 5 février 2023 – Vernissage jeudi 10 novembre de 18h à 21h

Musées en exil explore pourquoi et comment des collections d’art contemporain sont créées en temps de conflits, leur rôle symbolique d’unité nationale et de résistance, tout autant que d’espoir, pour les peuples. Trois collections exemplaires sont étudiées : celle du Museo Internacional de la Resistencia Salvador Allende, initiée en 1975 après la prise de pouvoir du général Pinochet au Chili ; Ars Aevi, créée pendant le siège de Sarajevo en 1992, et celle du Musée national d’Art moderne et contemporain de la Palestine, fondée en 2015, et, toujours exilée à Paris. L’exposition ouvre sur l’exil spectaculaire de collections européennes au XXe siècle, sur l’impact militant et politique de l’art et sa force d’opposition face à la barbarie. Guernica : une oeuvre de guerre et d’exil Pablo Picasso peint Guernica en 1937, sans doute inspiré par Dora Maar qui documente sa création.

L’oeuvre, réalisée pour le pavillon espagnol de l’exposition universelle à Paris, est une oeuvre de combat. Picasso y dénonce le bombardement de la ville basque de Guernica par l’armée nazie et l’Aviation Légionnaire italienne fasciste, venues soutenir les troupes du général Franco contre les Républicains. Picasso refuse que Guernica soit exposée en Espagne tant que le pays est dirigé par Franco.

Le tableau fera le tour du monde, pour récolter des fonds et lutter contre le franquisme. Après un exil de 44 ans, l’oeuvre rejoint en 1981 les collections du Prado et la patrie pour laquelle elle a été peinte. Guernica est un chef-d’oeuvre du XXe siècle, c’est aussi un symbole de résistance qui inspire les artistes. Rudolf Baranik réalise en 1967 des affiches contre la guerre du Vietnam. Anne-Lise Coste s’en empare en 2012, en réaction à la guerre en Syrie.

Enfin un collectif, via l’association Guernica Remakings, s’inspire de l’oeuvre et en fait une bannière en patchwork, brandie lors de manifestations pour les droits de l’homme.

Évacuer le Prado : l’urgence d’une odyssée

Picasso avait été nommé symboliquement directeur du musée du Prado. En 1936, celuici est évacué face aux avancées franquistes et aux risques de destruction. Plus de 300 chefs-d’oeuvre sont cachés pendant trois ans en Espagne, témoignant de l’importance du patrimoine dans l’unité nationale contre l’avancée fasciste. En février 1939, après un périple en camion sous les bombes, puis à travers la France en train, les collections exilées trouvent refuge en Suisse, au moment où les troupes de Franco prennent Madrid. Elles sont exposées, l’été suivant, au Musée d’art et d’histoire de Genève, avec l’accord du nouveau chef d’Etat, Franco. Suite à cet événement servant finalement la propagande franquiste, les oeuvres retournent au Prado.

Cette évacuation spectaculaire et largement documentée, est un jalon qui fait prendre conscience aux directeurs de musées des risques encourus par les collections pendant un conflit, tout en soulignant le rôle symbolique et politique d’unité nationale de ces collections.

Musée du Louvre : l’exil des chefs d’oeuvre

L’évacuation du Prado est une répétition pour celle du Louvre en 1939. L’évacuation du plus grand musée du monde avait été planifiée minutieusement. Plusieurs évacuations, en 1870 et 1914, avaient été mal orchestrées. Celle de 1939 reste exemplaire. Les oeuvres sont inspectées, inventoriées, mises en caisse : tous les corps de métier participent à sauver le patrimoine français des destructions ou des pillages. Les collections quittent Paris en plusieurs convois la veille de la guerre. Elles s’exilent en France d’abord, puis en “zone libre”, occupant plusieurs châteaux et monuments réquisitionnés par le gouvernement, s’adaptant au gré des avancées des troupes allemandes et des conditions de conservation.

L’évacuation du Louvre est largement illustrée d’images d’archives grâce aux partenariats avec le musée du Louvre, le château de Chambord et les Archives Nationales, ainsi que le prêt exceptionnel du Musée des moulages, à Montpellier, la copie en plâtre de la Vénus de Milo, identique à celle vue par les nazis lors de la réouverture du musée du Louvre en octobre 1940, alors que l’originale était cachée. Ce n’est qu’à partir de 1945, après un exil de 6 ans et la capitulation de l’Allemagne, que les collections des musées de France retrouvent leurs lieux de conservation originels.

Évacuer le Musée Fabre : la mesure des risques

En 1942, ordre est donné au Musée Fabre de Montpellier d’évacuer également ses collections. Les documents d’archive nous permettent de comprendre les décisions qui ont dû être prises pour trouver un compromis entre les risques des déplacements, et la nécessité d’échapper à la guerre. L’Ange déchu d’Alexandre Cabanel prêté à titre exceptionnel par le Musée Fabre, en est le témoin symbolique : sa hanche a été transpercée lors de son évacuation. En collaboration avec le Musée Fabre et les archives départementales de l’Hérault, les documents d’époque explorent les dangers encourus par les oeuvres, quand il s’agit paradoxalement de les sauver.

Créer sous les bombes

Aujourd’hui, la technologie et les réseaux sociaux jouent un rôle clé dans la diffusion immédiate des connaissances liées aux événements d’un conflit. Ces nouveaux outils permettent aussi aux artistes restés en Ukraine de diffuser leurs créations, de témoigner de leur réalité, d’alerter le monde et de résister en continuant de créer.

L’association Artists Support Ukraine propose de soutenir artistes et travailleurs culturels ukrainiens, en rassemblant des oeuvres d’artistes restés sur place dans le cadre d’expositions itinérantes à imprimer. Pour Musées en exil, 16 oeuvres de l’exposition Art to Print sont présentées, ainsi qu’une commande in situ réalisée par l’artiste ukrainienne Daria Koltsova, Theory of Protection.

Le MO.CO., comme d’autres institutions avant lui, s’est engagé auprès de l’association en faisant un don accompagnant ce droit de monstration, contribuant ainsi à l’effort de diffusion et d’alerte, tout en soutenant les artistes ukrainiens.

À travers ces créations contemporaines, l’art engage, dénonce, résiste et donne espoir, au même titre que les trois collections créées en exil que nous accueillons sur chacun de nos plateaux d’exposition

Les commissaires
Sous la direction artistique de Numa Hambursin, directeur général 
Commissariat : Vincent Honoré, directeur des expositions et Pauline Faure, curator, assistés de Ashley Marsden

Scénographie : Maud Martinot et Xavier Morlet

MO.CO Hôtel des collections, 13 rue de la république, 34000 Montpellier

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