Collection Valentine et Jean-Claude Marcadé – Anglet

Collection Valentine et Jean-Claude Marcadé Maxime ARKHANGUELSKI, Sans titre, 1970, ensemble de sculptures, métaux divers © Alexandra Vaquero

Collection Valentine et Jean-Claude Marcadé

Du 3 décembre 2022 au 1er avril 2023

Dans le cadre du cycle consacré aux collections, La Villa Beatrix Enea, centre d’art contemporain de la Ville d’Anglet, présente l’exposition Collection Valentine et Jean-Claude Marcadé, une exposition d’amitiés et de goût.

Se déployant du rez-de-chaussée au 1er étage de la villa, elle regroupe une sélection d’oeuvres – peintures, sculptures, oeuvres graphiques, photographies – issues de la collection dont Jean-Claude Marcadé a fait don à la Ville d’Anglet en 2021. Ce sont ainsi quelque 2 000 oeuvres réunies durant près de 60 ans qui font leur entrée dans le fonds d’art contemporain de la Ville.

Si la collection fait la part belle aux arts de la Russie et de l’Ukraine, elle donne aussi à voir la variété de la création contemporaine internationale du début du XXe siècle à nos jours.

Un don de 2 000 pièces qui vient enrichir la collection d’art contemporain de la Ville

Dans un geste d’une générosité sans précédent, Jean-Claude Marcadé a décidé de faire don à la Ville d’Anglet de sa collection constituée avec son épouse Valentine Marcadé.

Commencée dans les années 1960, cette collection réunit plus de 2 000 oeuvres collectées durant près de 60 ans. Elle est le fruit d’une passion commune, d’années de relations d’amitiés entre Valentine et Jean-Claude Marcadé et les plus de 160 artistes qui y sont représentés. Des débuts de l’avant-garde russe et ukrainienne des années 1910-1920 à la création contemporaine internationale, cette collection offre une vision remarquable des mouvements artistiques qui se sont déployés du début du XXe siècle à nos jours.

L’arrivée de cet ensemble majeur au sein de la collection de la Ville d’Anglet marque un nouveau tournant pour la collectivité qui possède déjà un fonds de plus de 1 300 oeuvres d’art contemporain que le centre d’art expose régulièrement dans le cadre de sa programmation.

Une mise en lumière remarquable de la création artistique russe et ukrainienne

Tous deux historiens et critiques d’art spécialistes de la création artistique russe et ukrainienne, Valentine et Jean-Claude Marcadé ont notamment contribué, par leurs recherches et leurs nombreux écrits, à la mise en valeur des arts de la Russie et de l’URSS.

En témoigne la présence, dans la collection, de nombre d’artistes russes et ukrainiens. Citons parmi eux le russe Kazimir Malévitch, dont Jean-Claude Marcadé est l’un des plus grands spécialistes, et l’ukrainienne Anna Staritsky. Parmi les courants artistiques, le suprématisme prend une place importante avec le cubo-futurisme très développé par les artistes russes, notamment dans la création de pièces de théâtre et de ballets. Variées, les créations des artistes de la collection proposent un aperçu de l’École de Paris, du fauvisme, du néo-réalisme ou encore du symbolisme et de l’abstraction lyrique.

Au-delà de cette mise en lumière remarquable de la création contemporaine russe et ukrainienne, la collection réunit également des oeuvres d’artistes originaires de bien d’autres pays. Parmi les pièces les plus récentes, citons les photographies de l’artiste malien Mohamed Camara, les oeuvres de la peintre allemande Sabine Buchmann ou l’hommage à Malévitch du français Marc-Antoine Decavèle.

Une collection, fruit d’une relation d’amitiés avec les artistes

L’appartement parisien de Valentine et Jean-Claude Marcadé, rue Saint-Sulpice dans le 6e arrondissement, fut un lieu d’accueil pour les artistes. Y étaient régulièrement organisées des expositions et des fêtes qui réunissaient historiens de l’art et artistes, devenant alors un foyer important de la vie culturelle parisienne.

C’est dans ce contexte que la collection du couple Marcadé a commencé à se constituer. Pour une part, les oeuvres ont fait l’objet d’un don direct de l’artiste ; dans d’autres circonstances, elles leur ont été transmises par héritage à la mort de l’artiste, comme ce fut le cas pour les créations de Mikhaïl Andreenko, Anna Staritsky, Bill Orix et Alvaro Vargas qui sont les artistes les plus représentés dans la collection. Ou encore, au gré des voyages et des rencontres, le couple Marcadé a également effectué des achats d’oeuvres, venant ainsi former un ensemble éclectique d’une grande richesse.

 

Jean-Claude Marcadé

Jean-Claude Marcadé, « gascon, russophile, ukrainophile, gréco-phile » comme il se présente lui-même, est docteur ès lettres, historien de l’art et traducteur du russe, de l’ukrainien et de l’allemand. Né en 1937 dans les Landes, Jean-Claude Marcadé fait des études de lettres classiques à l’université de Bordeaux avant de passer le CAPES de lettres classiques en 1961 puis l’agrégation de russe en 1965. Il rencontre Valentine Vassutinsky dans les années 1950 alors qu’il est son élève, puis l’épouse en 1966 après huit ans de vie commune. Il devient professeur de langue et de littérature russes au Centre universitaire des langues orientales vivantes (futur INALCO) puis est nommé directeur de recherche au Centre National de la Recherche Scientifique (CNRS) en 1970. Il soutient en 1987 sa thèse de doctorat sur l’écrivain russe Nikolaï Leskov à la Sorbonne.

Spécialisé dans l’histoire de l’art de l’avant-garde russe et ukrainienne, notamment de l’oeuvre de Kazimir Malévitch, Jean-Claude Marcadé a un très grand nombre d’ouvrages sur ces sujets à son actif. Il participe régulièrement à l’élaboration d’expositions en tant que commissaire et conseiller scientifique dans différentes institutions à travers le monde telles que « Le symbolisme russe » au musée des Beaux-arts de Bordeaux en 2000 (puis à Madrid et Barcelone) ou encore l’exposition « Paris Russe. 1910-1960 », organisée par le Musée national russe de Saint-Pétersbourg en collaboration avec le Von der Heydt-Museum de Wuppertal et le Musée des Beaux-arts de Bordeaux.

Président de l’association des amis du sculpteur biélorusse Antoine Pevsner et membre de la société des amis de Nicolas Berdiaev, Jean-Claude Marcadé entretient des relations proches avec les nombreux artistes qu’il rencontre et dont il collectionne les oeuvres. Il vit aujourd’hui à Pontonx-sur-l’Adour.

Valentine Marcadé

Valentine Marcadé, née Vassutinsky, est historienne de l’art, traductrice, spécialiste de l’art et de la littérature russes et ukrainiens. Née en 1910 à Odessa, dans une famille issue de la noblesse ukrainienne, elle passe son enfance en Bulgarie, avant de terminer ses études secondaires en Tchécoslovaquie. Elle s’installe ensuite en France dans les années 1930 et y suit notamment les cours du célèbre slaviste et spécialiste de la Russie, Pierre Pascal. En 1950, Valentine Marcadé suit des cours de philologie, de langue et de littérature russes à l’université de Bordeaux. Elle rencontre Jean-Claude Marcadé durant cette même période, alors qu’elle est assistante de russe dans un lycée bordelais où il est élève. Une fois ses études terminées, elle retourne à Paris en 1955, rejointe en 1958 par Jean-Claude Marcadé qu’elle épouse en 1966. Elle suit les cours de Pierre Francastel, fondateur de la « sociologie de l’art » et prépare sous sa direction, une thèse du troisième cycle sur Le renouveau de l’art pictural russe (1863-1914) qu’elle soutient en 1969 à Paris-Nanterre. En 1981, elle soutient, en ukrainien, une seconde thèse pour son doctorat intitulée Contribution à l’étude des beaux-arts ukrainiens à l’université Paris III-Sorbonne Nouvelle. L’année suivante, elle devient maître de conférences à l’INALCO où elle enseigne la langue, la littérature ainsi que l’histoire de l’art russes et ukrainiens.

Valentine Marcadé a contribué à la revalorisation de l’art ukrainien en rédigeant le premier ouvrage consacré à l’art ukrainien en Europe, Art d’Ukraine, publié en 1990. Pionnière dans ce domaine, ses recherches contribuent à la redécouverte de certains maîtres de l’avant-garde russe et ukrainienne du début du XXe siècle tels que Alexandre Archipenko, Alexandre Bogomazov, Kazimir Malévitch ou encore Vladimir Tatline. Elle meurt en 1994 et est enterrée à Pontonx-sur-l’Adour où s’était installé le couple un an auparavant.

La Villa Beatrix Enea 2, rue Albert‐le‐Barillier, 64600 Anglet

Ouvert du mardi au samedi de 10h à 12h et de 14h à 19h. Entrée libre.

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