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Antoni Campañà – Icônes cachées 1936 – 1939

Prolongée jusqu’au 10 décembre 2023

Du 29 juin au 24 septembre 2023 – Vernissage mercredi 28 juin 2023 à 18h30

Les images méconnues de la guerre d’Espagne (1936 – 1939)

Pour la seconde fois -après l’année 2018, consacrée aux questions de propagande (« Henrich Hoffmann, un dictateur en images »), de lutte contre le racisme dans les Etats-Unis des années 1960 (« I Am A Man »), ou encore à la place du témoignage ethnographique contre le colonialisme (« Aurès, 1935. Photographies de Thérèse Rivière et Germaine Tillion ») – le Pavillon Populaire s’engage, pour sa programmation de 2023, dans une série d’expositions éclairant les rapports entre la photographie et l’Histoire.

Si au début de l’année la présentation de Madame d’Ora, portraitiste viennoise et phare de la mode à Paris dans les années 1930, nous permettait de découvrir, chez cette étonnante femme-photographe, la prise de conscience du poids du nazisme et de ses conséquences dans sa carrière de juive exilée témoignant des malheurs de l’Autriche d’après-guerre, l’exposition estivale, « Antoni Campañà. Icônes cachées, les images méconnues de la guerre d’Espagne (1936-1939) » revient, elle, sur la trouble et violente époque de la guerre d’Espagne, enregistrée par un photographe différent des habituels opérateurs de guerre, dont Ropert Capa constituait l’archétype. Campañà vit comme un témoin plutôt neutre, loin de tout engagement politique affirmé, le siège de la ville de Barcelone, et la victoire finale du franquisme. Toutes en nuances, ses images inédites que l’exposition fera découvrir, montrent comment la photographie, dans une période aussi agitée, s’éloigne de la recherche d’une vérité absolue pour s’attacher aux effets quotidiens d’une guerre trouble.

Enfin, le Pavillon Populaire présentera pour la première fois en France, le travail de « Paul Wolff, l’homme au Leica », le photographe allemand le plus populaire, et le moins connu, des années 1930. C’est lui qui démocratisera, à travers son utilisation du Leica, et à destination du public d’amateurs, la photographie au petit format. Il fut le « passeur » le plus actif des avant-gardes photographiques de son époque, et l’agent le plus prolifique des utilisations de la photographie vers les supports de la presse et de l’édition. Ce qui pose, sous le régime nationalsocialiste, les rapports ambigus entre la photographie et ses débordements idéologiques…

Défricher / Déchiffrer : voici, depuis 12 ans, la double perspective que j’ai assignée au Pavillon Populaire, en accord avec la municipalité. La fonction de défrichage consiste à proposer, en exclusivité, une programmation permettant de découvrir les grands noms délaissés, ou les oubliés de l’histoire de la photographie, par-delà les effets de mode ou de complaisance. Si elle ne s’accompagne pas d’une action explicative, celle du déchiffrage des œuvres présentées, alors la programmation perd de son contenu, ne rejoint pas efficacement les attentes de son public, ne le rencontre que partiellement.

C’est la jonction de cette double fonction qui a donné au Pavillon Populaire la place unique, éminente, qu’il a acquise sur la scène locale, nationale et internationale.

Gilles Mora
Directeur artistique

Le Pavillon Populaire de Montpellier présente la première grande exposition en France sur l’œuvre du photographe catalan Antoni Campañà i Bandranas (Arbúcies, 1906 – Sant Cugat del Vallès, 1989) consacrée à la guerre d’Espagne.

Caché et inédit pendant quatre-vingts ans – jusqu’à la découverte, il y a cinq ans, de sa fameuse « boîte rouge », contenant cinq mille photographies prises durant les trois années de la guerre civile espagnole –, son travail déroule la complexité du conflit et des tensions croisées qui éclateront à l’été 1936 et finiront par entraîner l’Europe dans la seconde guerre mondiale.

Partant du principe que la guerre est l’expérience la plus absolue, à travers des milliers d’images, Campañà en relève les contradictions, sans concession à la propagande d’aucune partie, avec la recherche de la beauté totale comme prémisse. Là où il y a destruction, il cherche la vie ; là où il y a l’euphorie des uns il nous montre la terreur des autres ; parmi les ruines de Barcelone bombardée, se dessine le portrait de l’âme humaine.

Lui qui n’est ni un opérateur politiquement engagé ni un photographe de guerre, décide de ne pas détourner son regard du conflit total qui se présente à lui. Utilisant l’appareil photo comme thérapie personnelle, ce catholique et photographe artistique enregistre les églises détruites par l’euphorie iconoclaste des miliciens anarchistes qu’il dépeint avec empathie, créant de magnifiques icônes révolutionnaires d’impact mondial. Lui, qui n’est pas franquiste, présente les troupes fascistes italiennes, maures et nazies allemandes victorieuses défilant à Barcelone en 1939 en usant d’une approche esthétique comparable. Campañà photographie le début et la fin du conflit dans sa ville avec le même malaise.

Au fil des images – staliniens catalans, réfugiés, barcelonais tentant de poursuivre leur vie quotidienne – c’est une immense tapisserie des multiples facettes d’un conflit total qui se déroule, laquelle impactera l’opinion publique française et occidentale et d’où, finalement, naîtra la photographie de guerre moderne.

Campañà connaissant les décors et personnes qu’il met en scène, son regard manifeste une complexité qui nous oblige à réfléchir et nous positionner à travers une oeuvre beaucoup plus nuancée que celle d’autres grands noms de la photographie, présents dans les mêmes rues et fronts de bataille. Utilisés par toutes les parties en guerre, manipulés et décontextualisés, les instantanés de Campañà offrent un point de vue jusqu’ici inexploré sur cette période encore à découvrir.

Sous le commissariat d’Arnau Gonzàlez i Vilalta, professeur d’histoire moderne et contemporaine à l’Université autonome de Barcelone, de Plàcid Garcia-

Planas Marcet, journaliste et correspondant de guerre à La Vanguardia, et Toni Monné Campañà, petit-fils du photographe et représentant du Fonds Campañà, l’exposition du Pavillon Populaire explore un ensemble de près de deux-cents images, dont beaucoup d’inédites, accompagnées d’un matériau historique (documents iconographiques, objets) venant constituer un contexte explicatif nécessaire à la compréhension globale de cette période dramatique de l’histoire de l’Espagne et de l’ensemble de l’Europe.

www.montpellier.fr/pavillon-populaire

Pavillon Populaire, Esplanade Charles de Gaulle — 34000 Montpellier T +33 (0)4 67 66 13 46

Du mardi au dimanche (sauf 25 décembre, 1er janvier et 1er mai)
Hiver : 10h – 13h et de 14h – 18h / Eté : 11h – 13h et 14h – 19h

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