Ce travail est un dialogue entre la ligne claire tracée à l’encre de Chine de lapointe d’un stylet de verre et un feuillet humide. La rencontre est rapide, insaisissable, incontrôlable.
À peine la pointe du stylet effleure-t-elle le support mouillé que l’encre se répand, se diffuse, s’étire, se dégrade, prend des formes inattendues, parfois monstrueuses. Normalement cernées par le stylet, les figures dérivent, flottent, hésitent entre révélation et dissolution.
Lorsque le papier est sec (3 à 4 minutes), l’œuvre est terminée. Pas de repentir possible. Le message doit être simple, concis, efficace.
De cet équilibre fragile entre précision du tracé et hasard lié au séchage de l’encre dans l’humidité naît une tension puissante. Elle est le cœur du travail d ‘Alain BOULEROT qui traduit la nature humaine dans ses incertitudes, explore la trace : celle du temps, de la matière, des hommes comme celle de son propre passage.
L’entropie du désir désigne l’idée que le désir humain tend naturellement vers l’épuisement, le désordre ou la dissipation, à l’image de l’entropie en physique qui pousse les systèmes vers un désordre croissant.