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Pascal Borghi – En Corps

Du 29 juin au 3 août 2024 – Vernissage Café/Croissant samedi 29 juin de 10h à 13

Les rencontres peuvent être subtiles et émotionnelles. Je découvrais subrepticement Pascal BORGHI, artiste sculpteur au détour d’une page qu’un algorithme me proposait en lien avec une artiste expressionniste que j’affectionne particulièrement, Sylvie Cairon. 

Son ange blessé me heurta si profondément que je ne pus m’empêcher de lui exprimer mon émoi et la résonance qu’il avait provoquée en moi. Il avait conversé instantanément à mon âme meurtrie. La sculpture de Pascal Borghi provoque cet effet de questionnement sur les torsions de nos âmes en lien avec nos propres contradictions et au-delà, celles de notre société, entre nos croyances, nos doutes, nos névroses, nos besoins et les contraintes qui nous sont imposées ou que nous nous infligeons.

 De longs échanges artistiques suivirent et la présentation de sa dernière oeuvre  » le Crépuscule de Marianne » réveilla tellement ma conscience citoyenne dans un contexte trouble où l’obscurantisme recommence à s’infuser pernicieusement dans notre société que l’exposition « il ne restera de nous quelques de traces EN CORPS » s’imposa comme une évidence.

Cet homme intemporel, Pascal BORGHI, de famille italienne exilée fuyant le régime fasciste de Mussolini, porte en lui les stigmates de la répression des libertés. Né à Lyon en 1966, il étudie la peinture décorative. Ses premières expériences d’expression artistique sont le théâtre et la mise en scène.

En 2001, il débute sa carrière de sculpteur par la réalisation de bas reliefs en technique mixte avant que de croiser son matériau de prédilection, la Terre. Ses premières sculptures en terre chamotée cuite émergent en 2003. Grâce à ce matériau brut et primordial, il a l’impression de « presque insuffler la vie » en la modelant. 

Aujourd’hui, toutes ses oeuvres sont réalisées en céramique ou en bronze et ses oeuvres monumentales en technique mixte alliant la résine, la terre, le métal et le béton. Toutes donnent corps à ses idées en mettant en lumière « le corps émotionnel » et les tensions de nos vies intériorisées. Sa technique de finition par oxydation à froid, si personnelle, révèle l’intensité sensible de son travail.

Pascal extrait de ses rêves son inspiration, ces corps viennent à sa rencontre et il aime laisser ses mains reproduire les sensations et émotions qui l’ont traversée : le manque de liberté, la souffrance, le regret, le déséquilibre, le déficit existentiel… Il ne fait jamais de croquis ni de maquette au préalable, il sculpte d’un souffle les imperfections humaines et leur fragilité, il déchiffre et articule ce qui demeure inexprimé.

Ses sculptures sont aussi nées d’une résurgence de son vécu, en 1984 il connut la guerre civile au Liban pendant 2 ans. Habité par les cris des âmes meurtries et le murmure des âmes perdues, il restitue tel un messager ces corps rencontrés lors de cette guerre, corps inertes morts et parfois méconnaissables où nous perdons même parfois l’idée de l’intégrité d’un être, sa manière de témoigner du « plus jamais ça » comme un rugissement d’espoir.

Artiste expressionniste engagé, ses corps, perchés sur des tiges ou recroquevillés à terre à l’image des corps si souvent malmenés par la vie, par la société, par l’oppression, par la répression, sont aussi des corps en résistance qui cherchent leurs envols. Il construit des lignes imaginaires et insère habilement des extensions permettant aux corps de s’échapper vers la lumière ou de s’incarner fusionnellement avec mère Nature. 

Il aime à penser que chaque humain a le choix d’apaiser ses blessures par l’extension ou la métamorphose, convertissant l’espace du « Dedans » en corps hybrides, disloqués faisant apparaître leurs contradictions profondes tues, rendant visible, l’Invisible pour nous réveiller, nous renvoyer à notre Inconfort. Difficile de rester insensible à leurs douleurs ou à leurs efforts pour résister, se libérer avec des embryons d’ailes maladroites tels des Albatros qui tentent de s’élancer.

Chaque pièce a une double lecture à qui sait voir, la vision paradoxale entre la contrainte vécue et le besoin fondamental qui l’anime. Le regard se pose sur le sujet rompu ou démembré et se trouve immédiatement aspiré dans un espace plus ample, une invitation vers son soi véritable, une invitation à s’étendre dans notre Grandeur vers un équilibre au delà de soi, comme s’il soulignait le chemin vers l’Harmonie en se dépliant vers la lumière. Pascal BORGHI par son art nous révèle le primordial de chaque être, un élan vers son soi libéré. Le titre de chaque oeuvre que ses songes lui apportent,  comme « l’homme avec un grand H » ou « le dormeur doit se réveiller » parachève son intention, son cri de Vie, son infinie Humanité.

« Le sculpteur lié aux corps » porte l’espoir par le cortège de ses âmes déchues qui se délient qu’une illumination collective est EN CORPS possible. L’Homme singulier est pluriel, une ode à l’Humanité retrouvée, ensemble. 

Virginie PAPIN

Giron d’Art, 32, place du Baléjou, 09 200 Saint Girons. Tél : 09 51 43 64 79

Ouvert : Jeudi et vendredi de 16h à 19h / Samedi de 10h à 13h et de 15h à 18h

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