Jean-Claude Guillaumon, Encore lui ! - Giulia Andreani - Regards sensibles
Du 6 mars au 12 juillet 2026 – Vernissage jeudi 5 mars 2026 de 18h30 à 1h
Jean-Claude Guillaumon, Encore lui !
Artiste autodidacte adepte du happening et de toutes les formes d’art éphémère, Jean-Claude Guillaumon, décédé en 2022 a marqué la scène artistique lyonnaise. Le macLYON présente la première rétrospective dédiée à cet artiste inclassable, empreint de facétie et d’ironie.
Né en 1943 à Lyon, Jean-Claude Guillaumon s’est consacré à la peinture avant de découvrir le happening et l’art environnemental en 1964 à la Biennale de Venise. Curieux de toutes les formes de création, il se tourne vers le mouvement Fluxus et collabore avec des artistes tels que Ben, George Brecht et Robert Filliou mais aussi Daniel Buren, Olivier Mosset ou encore ORLAN.
Adoptant la maxime L’art c’est la vie, il organise de nombreux happenings et contribue à l’essor de ce courant alternatif dans la région lyonnaise, bousculant au passage la scène artistique locale et ses institutions. À une époque où l’émergence des nouvelles formes d’art liées aux secondes avant-gardes restait très centralisée, notamment à Paris, ces artistes engagé·es en région apparaissent comme de véritables pionnier·ères.
Dans les années 1970, Jean-Claude Guillaumon s’éloigne progressivement du happening et de la vague Fluxus pour se consacrer à la photographie noir et blanc. Il met en scène son propre corps dans des compositions souvent burlesques, incarnant un regard à la fois plein de malice et engagé sur la société et l’art. « […] je me suis multiplié dans des compositions photographiques pour jouer tous les rôles du genre humain.
L’humour et la dérision, omniprésents dans ce travail, sont les seules façons de détruire la vanité de la représentation de ma propre image : je joue ainsi le rôle de l’homme ordinaire, mais aussi celui de l’artiste, de sa place dans la société, en référence à l’histoire de la peinture. » Tout au long de son existence, son œuvre réalisée avec peu de moyens aura défendu ce lien indissociable entre l’art et la vie. Bien avant l’apparition du selfie, son corps, à la fois sujet et objet de sa création, traverse le temps et les espaces, témoignant de la place de l’art dans ses relations personnelles, familiales et artistiques.
Commissaire : Matthieu Lelièvre, Responsable de la collection du macLYON
Regards sensibles — Œuvres vidéo de la collection Lemaître
Pendant plus de 30 ans, Isabelle et Jean-Conrad Lemaître ont constitué une collection exceptionnelle d’art vidéo, l’une des plus importantes en mains privées en France. Tasja Langenbach, spécialiste reconnue d’art vidéo, a été conviée par le macLYON afin d’assurer le commissariat de cette exposition. Elle a imaginé un parcours où l’émotion et le sensible sont à contre-courant de la pratique actuelle du scrolling.
Grands amateurs d’art, Isabelle et Jean‑Conrad Lemaître ont décidé, après quelques années de collection d’œuvres d’art plus classiques (peinture, gravure, photographie…), de se consacrer uniquement à l’art vidéo, réunissant ainsi un ensemble unique d’œuvres réalisées entre 1984 et 2025. Cette collection se distingue par sa vision singulière. Voyageurs, curieux et intuitifs, les Lemaître ont surtout procédé par choix affectifs et personnels. Leur regard d’une ouverture intellectuelle rare, s’est tourné vers des œuvres qui abordent des enjeux sociaux, politiques et économiques.
Figure emblématique de l’art vidéo en Europe, et à la tête du Videonale – Festival for Video and Time-Based Arts à Bonn en Allemagne depuis 2012, Tasja Langenbach a conçu un parcours spécifique à partir d’une sélection d’œuvres, complété par un programme de projections et de rencontres, qui permettra de découvrir cette collection hors normes.
Commissaire : Tasja Langenbach
Artistes présenté·es : Jumana Emil Abboud, Emad Aleebrahim Dehkordi, Marcos Ávila Forero, Johanna Billing, Katinka Bock, Ulla von Brandenburg, Elina Brotherus, Clément Cogitore, Keren Cytter, Patricia Esquivias, Cédrick Eymenier, Annika Kahrs, Kai Kaljo, Arthur Kleinjan, Takehito Koganezawa, Evangelia Kranióti, Hayoun Kwon, Marjan Laaper, Sigalit Landau, Klara Lidén, Aernout Mik, Enrique Ramírez, Christoph Rütimann, Eske Schlüters, SUPERFLEX, Walid Raad, Mariana Vassileva, Gillian Wearing.
Peinture froide. Giulia Andreani
Le macLYON invite Giulia Andreani pour une exposition monographique retraçant plus d’une décennie de sa pratique artistique, tout en révélant l’évolution de sa peinture. Intitulée Peinture froide, l’exposition explore la représentation des pouvoirs au 20e siècle, qu’il s’agisse de guerres, d’art, de l’histoire officielle ou de celle des marges.
Férue d’histoire, l’artiste-peintre Giulia Andreani redonne une forte présence à la peinture figurative sur la scène artistique française. Son œuvre retrace les récits de l’Histoire et les luttes du 20e siècle, qu’elle réinterprète à travers des figures politiques, féministes et marginales. Ses peintures font émerger les traces du passé et soulignent leur résonance avec les enjeux sociétaux et politiques actuels.
Articulée autour de trois chapitres, l’exposition aborde successivement la fascination de l’artiste pour la « Grande Histoire », qui s’affirme par le pouvoir et la domination, la « Petite Histoire », qui fait ressurgir les figures oubliées et leur rôle social majeur, ainsi que l’inscription de la mémoire collective dans l’histoire de l’art. Giulia Andreani porte un regard critique et personnel sur les hiérarchies et sur le rôle que les figures historiques et les artistes occupent dans la société.
Réunissant plus d’une cinquantaine d’œuvres, des peintures et des aquarelles de formats variés, et dans une scénographie conçue spécialement pour l’exposition, Peinture froide évoque les sujets engagés chers à l’artiste mais aussi l’humour, souvent ironique, qui infuse dans ses œuvres. Une peinture monumentale inédite incarne l’aboutissement de ses recherches menées pour l’exposition et confirme la place désormais incontournable de Giulia Andreani parmi les artistes majeur·es de sa génération.
Le titre de l’exposition fait écho aux interrogations de l’artiste sur la manière dont les contextes politiques influencent la peinture, notamment celui de la guerre froide (1947-1991), période historique que Giulia Andreani étudie avec intérêt.
« Je me sens très concernée par ce qui se passe autour de moi et je réagis beaucoup à chaud, ma peinture s’inscrit dans une urgence extrêmement actuelle. Malgré la lenteur de l’exécution et une apparence très lisse, je fais une peinture d’énervée. »
Commissaire : Marilou Laneuville, Responsable des expositions et des éditions au macLYON
www.mac-lyon.com
Cité Internationale 81 quai Charles de Gaulle 69463 Lyon cedex 06
Du mercredi au dimanche, de 11h à 18h. Au Living, 1er étage du macLYON
- Arts Plastiques, Vidéo
- - Publié le
- Philippe Cadu














