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Anaïs Pélaquier – Et nos langues se pétrifièrent

Du 11 février au 26 mars 2026 

A l’invitation de l’atelier d’arts plastiques de la ville de Tarascon, Anaïs Pélaquier présente une exposition autour de l’organe de la langue et de la question de l’empêchement de la parole.

Depuis quelque années la langue semble avoir envahi mon travail. Il s’opère un jeu de variations, de déclinaisons presque obsessionnelles, comme une tentative d’épuisement, une interrogation sur la forme, les matériaux, les pistes de sens que chacun dévoile, met à jour, me fait creuser. La question de ce que je cherche là. Une tentative d’épuisement des langues.

« Essayez donc de tenir votre langue, de la saisir à deux mains, entre vos doigts serrés, mis en pince sur sa surface rugueuse et humide. Essayez de la retenir, elle se dérobe, glisse entre les doigts, se rétracte, rentre dans la caverne de la bouche, appelée par la gorge qui veut la reprendre. Elle est rétive, bien que captive de la cavité buccale, incapable de s’échapper, attachée au bord du gouffre de la gorge et pourtant n’y allant jamais voir. 

Peut être que si elle s’agite ainsi toujours au bord de nos lèvres c’est pour ne pas tomber de l’autre côté, aspirée par l’oesophage, vers le fond de nos entrailles. Il semblerait qu‘elle soit plus tentée par ces brèves incartades à l’extérieur. Mais la plupart du temps elle reste dans l’espace clos, tantôt elle y repose, hésite, tantôt elle s’agite, comme un animal en attente, prêt à bondir. »

Anaïs Pélaquier

Après des études de philosophie, de théâtre et une formation de comédienne, et parallèlement à des années d’un parcours au théâtre et à l’opéra, je me suis glissée dès 2012 dans un travail plus solitaire et plus personnel.

Dans Le parti pris des choses, texte sur lequel j’inscrirai mes traits, mes tracés et mes gouffres pour la série Dans le labyrinthe, Ponge « pense à ceux (qui) trouvent que les autres ont trop de part en eux mêmes ». 

Ce déplacement à soi, qui pose la question de notre place, de ce/ceux qui nous habitent, de ce dont on hérite et de ce sur quoi on bute a certainement occupé une partie de ma recherche, et se retrouve aujourd’hui dans un autre jeu de déplacements. Cette recherche m’a amenée à interroger la façon dont je m’inscris dans un territoire, que ce soit un espace géographique, géologique, mais également artistique, littéraire. Comment j’habite ? Comment mes pas et mes tracés s’immiscent et traversent ces espaces, s’y installent ou en prélèvent des fragments pour en faire une nouvelle écriture.

De là surgissent des rencontres, des écarts, des chemins imprévus et des rebonds. Cela m’amène souvent à un travail de séries ou de déclinaisons d’un support à un autre (installation, dessin, photo…), alors que mes vidéos s’appliquent à capter les premiers jets, non pas tant dans leur caractère de premier, mais dans celui de « ce qui advient », ce qui est arrivé, aussi heurté et incertain soit-il. Un processus inverse, d’une certaine façon, à la répétition au théâtre.

Tout au long de ces années, un fil plus ténu d’abord mais bien présent aujourd’hui s’attelle à soulever la question de l’empêchement de la parole.

Atelier Arts plastiques Tarascon, 8, quai Branly 13150 Tarascon Tél : 04 90 91 51 96