Les vies de la photographie
Du 17 octobre 2026 au 21 février 2027 - Vernissage jeudi 15 octobre à 18h
À l’occasion de la célébration du Bicentenaire de l’invention de la photographie (sept. 2026-sept. 2027), les collections du Château d’Eau, du musée Georges-Labit et du musée des Arts Précieux Paul-Dupuy sont réunies dans une exposition conçue pour mettre en lumière la richesse de ces fonds et créer un dialogue inédit entre les oeuvres.
Les images sont omniprésentes dans nos vies, mais quelles sont les vies de la photographie ? En croisant la collection du Château d’Eau avec celles du musée Georges-Labit et du musée des Arts Précieux Paul-Dupuy à l’occasion du Bicentenaire de l’invention de la photographie, cette exposition propose un récit en trois chapitres de ses existences plurielles du XIXe au XXIe siècle.
Évoquer « les vies » de la photographie, c’est insister sur la pluralité de ce qui la définit : une technique, un moyen d’expression, des pratiques, des images. Inventée en 1826-1827 par Nicéphore Niépce, elle est un nouvel outil de représentation. Le propos de l’exposition explore ce qui, dès sa naissance, dote ce médium de capacités particulières. Grâce à elles, une grammaire visuelle s’invente.
Au fil de son existence, la photographie se développe à travers des regards, des sensibilités diverses, sur des supports, dans des contextes et pour des usages différents. Dès les débuts, ils s’orientent en particulier dans deux directions toujours présentes aujourd’hui : entre art et document.
Mais pour que les images vivent, il faut un lieu pour les exposer et les collectionner. La galerie municipale du Château d’Eau a joué ce rôle inaugural en France dès 1974. Elle a ainsi participé à l’écriture d’une histoire de la photographie. Dans la diversité des approches, des lignes de force se sont dessinées au gré des directions artistiques. Parmi elles, un attachement à la photographie humaniste qui se prolonge dans une photographie contemporaine attentive aux questions sociales, un intérêt pour les États-Unis, un lien avec l’Espagne limitrophe sont mis en exergue. À travers les expositions, une collection s’est progressivement constituée. Un accrochage final en révèle la richesse.
Ainsi vont les vies de la photographie.
Nathalie Boulouch, commissaire de l’exposition et historienne de l’art contemporain & de la photographie
Un parcours organisé en trois séquences
La collection du Château d’Eau couvre essentiellement la période de la seconde moitié du XX siècle jusqu’à aujourd’hui. Elle constitue un ensemble dont la diversité iconographique est le reflet d’une histoire des expositions organisées depuis la création du lieu en 1974 et marquée par les choix des différents directeurs ; à commencer par Jean Dieuzaide. Bien qu’une partie de la collection ait été présentée en 2024 en regard de celle du musée des Abattoirs, sa richesse et sa diversité permet d’offrir l’opportunité de faire découvrir au public un nouveau pan de la collection selon une approche différente. e
Quant aux collections photographiques du musée Georges-Labit et du musée des Arts précieux Paul Dupuy, elles sont composées de fonds anciens (XIXe – début XXème siècle) – dont quelques daguerréotypes marquant les débuts de la photographie. Elles permettent ainsi d’aborder la naissance et le développement du medium à Toulouse et en Europe à cette époque. Ces images patrimoniales originales ont été très peu montrées. L’exposition offre une opportunité unique de les découvrir.
Un médium
En partant de la référence au Point de vue du Gras (Niépce, 1827), considérée comme la première photographie, ce premier volet, dans la Tour au rez-de-chaussée, offre une introduction en abordant ce qui définit ce médium, en précisant le lexique visuel qu’elle met en place à travers quelques notions illustrées par un ensemble de photographies empruntées aux trois collections.
En tant que nouveau moyen de représentation, la photographie introduit, au-delà d’une technique, un vocabulaire, un langage. Travail avec la lumière, point de vue, cadrage, temps d’exposition, mise au point, mais aussi l’usage de la couleur ou du noir et blanc et les possibilités de manipulation de l’image sont autant de choix offerts aux photographes. Grâce à sa reproductibilité, la photographie acquiert également un fort pouvoir de diffusion. En sélectionnant et en organisant les éléments du monde visible, chaque photographe construit et exprime sa propre vision
Entre art et document
Dans le prolongement du premier volet, la deuxième séquence, dans le niveau inférieur de la Tour, propose d’aborder deux thématiques qui illustrent les premiers enjeux déployés par l’invention de la photographie et sont toujours présents aujourd’hui. Elle s’ouvre sur le daguerréotype d’Antoine Bianchi réalisant, dès 1839, une vue de la façade du Capitole. En réalisant cette prise de vue, le toulousain immortalise le monument, symbole de la ville à lui tout seul. Il combine une double référence à l’art et au document qui est évoquée à travers un ensemble de photographies, du XIX au XXI siècle. e e
Dialoguer avec l’art : les rapports entre la photographie et les modèles que constituent la peinture, le dessin, la sculpture traversent l’histoire de la photographie. Elle en revisite les genres à travers la pratique de la nature morte, du portrait, du nu, du paysage jusqu’à la notion contemporaine de tableau photographique.
Archiver et dire le monde : dès l’invention, le désir de collecter des fragments du monde proche comme lointain par la photographie est présent. S’il fait « voyager dans son fauteuil » au XIX siècle, le médium participe aussi à la construction d’une vision conforme aux attentes d’un Occident dominant. Les XX et XXI siècle sont ceux du témoignage où les photographes s’attachent à parler d’un monde en tension.
Un lieu pour la photographie : Le Château d’Eau
Cette dernière séquence revient sur le rôle majeur joué par le Château d’Eau dans la diffusion et la reconnaissance de la photographie. Ouvert en 1974, il devient au fil des décennies un lieu de référence national dédié à la présentation d’expositions de photographie.
Portées par des directions artistiques attentives aux évolutions du médium et aux grandes actualités photographiques, ces nombreuses expositions de photographes locaux, nationaux et internationaux ont permis de constituer une collection riche et diversifiée que les deux derniers murs de la Galerie 2 cherchent à restituer. La séquence présente en outre trois lignes de force qui s’en dégagent : la photographie humaniste et sociale, l’influence de la photographie américaine et une forte représentation des photographes espagnols.
La collection du Château d’Eau représente aujourd’hui un ensemble de presque 6000 tirages. Constituée depuis 1974 par l’acquisition d’un ou deux tirages et par dons de la part des photographes, elle n’est pas marquée par une politique d’enrichissement structurée comme au sein d’un musée. Elle reflète une histoire des expositions et des résidences artistiques organisées par les directions successives. Elle illustre un pan de la création photographique française, européenne et internationale sur plus de cinquante ans.
www.chateaudeau.toulouse.fr
Galerie 2 Le Château d’Eau 1, Place Laganne 31300 Toulouse. Tél. 05 34 24 52 35
Du mardi au dimanche de 13h à 19h
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- - Publié le
- Philippe Cadu