Exposition André Marfaing – Eymoutiers

Exposition André Marfaing - Eymoutiers

André Marfaing

Du  6 juin au 1er novembre 2021

Je ne mets pas de titre. Vous croiriez comprendre. COMPRENDRE.
Si on comprenait l’art, on comprendrait aussi le comment et le pourquoi de l’univers.
Nous n’en sommes pas là.
(André Marfaing – Notes et croquis, galerie Ariel 1966)

L’exposition rassemble 44 peintures, lavis et collages.
Une plongée, entre puissance et poésie, dans l’univers si particulier de Marfaing.

Un artiste qui, très tôt, s’engage dans la voie de l’abstraction et son voyage en Espagne, en 1957, au musée du Prado, entérine sa ferveur pour le noir d’une rare puissance chromatique et expressive chez les maîtres espagnols.

Revendiquant le geste et le signe, des amitiés se nouent alors avec d’autres artistes majeurs oeuvrant à un renouveau de la pratique picturale.

« Disposer la lumière — qu’elle devienne espace » (André Marfaing)

L’originalité de Marfaing se manifeste dans des créations intenses qui privilégient les rapports entre le noir et le blanc. Le geste est parfois vif et tranchant, écrivait Pierre Cabanne*, il scinde l’ombre ou la frôle, paraphe vertical sans pesanteur sur un blanc qui devient gris, ou ocre, parfois même bleu.

Le peintre organise l’espace de la toile selon des combinaisons de plus en plus épurées, presque architecturales, où les rapports entre le vide et le plein, l’ombre et la lumière, deviennent essentiels, jusqu’au signe tranchant comme une épée, lacérant verticalement la blancheur du jour et la déchirant, nous laissant cette blessure. Ce cri. Le dernier.

Toujours, le blanc surveille l’avenir du noir ; il ne se contente pas d’en être le contraire, de servir de contraste ou de rival. Il cherche sa place […] la faille où se glisser, jusqu’à envahir, petit à petit, l’espace de la toile, comme la quête d’un absolu.

La lumière soudain s’ouvre sur l’infini.

« …Au coeur de la peinture de Marfaing

il y a toujours une lumière qui veille… »

(*) Pierre Cabanne, extrait de la monographie Marfaing, Éditions de l’Amateur, 1991

Entre puissance et délicatesse, ce sont 45 peintures, lavis et collages qui seront exposés, retraçant le parcours de l’artiste pour nous emporter dans l’émotion et la poésie de son oeuvre. Entre le silence et le cri.

[…] L’ombre domine toujours, mais elle se déplace par plages, effets d’épaisseurs et de texture, très lents mouvements qui font bouger insensiblement les structures; le peintre contrôle de plus en plus la fuite du temps, il écrit largement, régularise les tensions et les contradictions, le contenu et le discontinu, met en jeu les transparences.
Le blanc surveille l’avenir du noir ; il ne se contente plus d’en être le contraire, de servir de contraste, ou de rival. […]
Il s’insinue par entrebâillement ou intervalles, et se croyant moins surveillé, par entailles discrètes, brèches ou échancrures étroites, puis plus larges fentes verticales ensuite.
[…]

André Marfaing – Michel Chapuis
Interview radiophonique, 1979 – Extrait du catalogue de l’exposition

[…] On fait des gestes — que l’on soit pointilliste, que l’on soit géométrique, que l’on soit virtuose de la peinture — on fait des gestes. Et ce geste, ou bien il est lent, ou bien il est rapide, et il n’exprimera pas la même chose suivant qu’il soit lent ou rapide. Donc la vitesse d’exécution est dans l’expression même, la chose la plus… c’est celle qui se voit, c’est celle qui donne une signification à la peinture : quelle signification, je n’en sais rien. Mais ça donne une signification à la peinture, elle est comme cela…

Pendant l’exposition, projections du film André Marfaing réalisé par Marie Marfaing (2007)

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Espace Paul Rebeyrolle, route de Nedde, 87120 Eymoutiers Téléphone +33 (0)5 55 69 58 88

Ouvert tous les jours : 10 h à 19 h jusqu’au 31 août |10 h à 18 h à partir du 1er septembre