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Julien Colombier & Gabrielle Kourdadzé – Contemplations

Du 17 mai au 14 juin 2023 – Vernissage samedi 20 mai de 15h à 19h 

La réunion de deux artistes :

Julien Colombier, artiste à la carrière ascensionnelle dans le monde de l’art contemporain et qui vient d’être promu par la Maison Hermès pour son univers végétal et floral. Une aubaine d’avoir pu obtenir de rares nouvelles toiles !

Gabrielle Kourdadzé de chez Poush Manifesto, étoile montante de la scène française mettant en lumière des silhouettes découpées dans un espace temps-suspendu. Catalogue de l’exposition disponible dès mardi prochain !

Visite guidée samedi 20 mai à 15h30 avec la présence de
l’artiste franco-géorgienne Gabrielle Kourdadzé

Rien ne les prédestinait à se retrouver en duo dans le contexte d’une même exposition. Rien, sinon la peinture. Si celle-ci a ses secrets, il est toujours possible de les percer pour entrevoir ce qui peut rassembler les uns et les autres. Il suffit tout d’abord de bien connaître ceux-ci, puis d’avoir perçu leur motivation à recourir à ce mode, enfin de prendre la mesure tant de ce qui les ressemble que de ce qui les distingue. Donc, rien, sinon la peinture et le désir d’un tiers.

L’art de Gabrielle Kourdadzé est requis par l’humain, celui de Julien Colombier par le végétal ; l’un est adossé au réel, l’autre puise dans l’imaginaire. Celle-ci use de la photographie pour saisir telle ou telle posture d’individus rencontrés ici et là ; celui-là n’accorde aucune place à l’espèce humaine et son univers n’est que pure fiction. 

Aussi pourrait-on penser qu’ils sont aux antipodes l’un de l’autre mais, ayant choisi la peinture pour moyen d’expression et la figure pour vecteur plastique, ils se rejoignent dans la façon d’appréhender cet exercice. Certes, l’art de celle-ci est fondé sur la problématique de l’inscription dans l’espace d’une ou plusieurs figures – sinon fragments de figures – contenues à l’intérieur du support sur lequel elle les représente tandis que la démarche de celui-là relève d’un lâcher prise de la couleur en surface pour exprimer quelque chose d’une force vitale. Mais, dans les deux cas, 

il s’agit pour l’un comme pour l’autre d’une tentative de dire un être-là, au sens où ce qui gouverne leur art respectif procède de cette nécessité intérieure que Kandinsky a définie comme condition sine qua non à tout acte de création.

De plus, chacun d’eux a une pratique du dessin qui est constitutive de leur démarche, donc à la source de leur création. Celle de Kourdadzé relève d’un soin particulièrement minutieux des motifs dont elle s’empare et ses encres sur papier jouent de subtiles valeurs monochromes. Le dessin, chez Colombier, est l’armature même de son champ d’exercice, qu’il occupe tout un mur ou la seule surface d’une feuille de papier, et l’usage qu’il fait du pastel lui permet de jouer de toutes sortes de veloutés et de vibrations chromatiques.

Le terme de Contemplations choisi pour leur exposition en dit long d’une attitude par rapport à la peinture, ici semblable à la façon dont en parlait Gasiorowski quand on lui rendait visite à l’atelier et qu’il nous invitait, à un certain moment, d’« aller voir

Peinture », l’incarnant dans le personnage mythicofictif de Kiga. Pris à la racine du mot, contemplation signifie littéralement « être avec une portion du ciel ». Il s’agit donc d’une invite à une élévation, celle de l’esprit. Mais il y est aussi question de temps, toute forme de contemplation exigeant en effet de le prendre ou de le donner. Cela rejoint ce qui fonde ontologiquement la peinture quand nous affirmons – et ici une nouvelle fois à l’adresse de ces deux artistes – que « le luxe de la peinture est de prendre son temps et que celui du peintre est de lui donner le sien. » Et le regardeur d’agir également. Comment pourrait-il y aller autrement, d’ailleurs, si l’on aspire à entrer en peinture ?

Les figures en arrêt de Kourdadzé tout comme les paysages invasifs de Colombier réclament que notre regard s’y attarde parce que, bien au-delà de ce qui est donné à voir, le sujet n’y est jamais que pré-texte alors que la peinture, elle, en est le texte. La texture,

la matière. Ici la couleur, en aplats contenus pour l’une, en vifs coups brossés pour l’autre – mais peu importe la manière. Ce qui les différencie et les rassemble,  témoigne de la possibilité d’un mode tant inépuisable dans ses ressources que résolument pérenne.

PHILIPPE PIGUET

Galerie Ars Longa 2 Rue Jaubert, 13100 Aix-en-Provence Tél : +33 (0) 6 07 60 60 69

Ouverture ; mardi au samedi 11h00 – 19h00

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