Enna Chaton & Jihane Khelif – Nudité – Perpignan

Enna Chaton & Jihane Khelif – Nudité

www.galerielligat.com

Du 1 juin au 29 juillet 2023 – Vernissage samedi 17 juin de 15h à 21h

En présentant les œuvres d’Enna Chaton et Jihane Khelif, nous proposons une réflexion sur les formes de la nudité. Si la nudité renvoie au corps, au dénudement — sujet central de la recherche d’Enna Chaton exploré pendant de nombreuses années dans sa pratique photographique — elle interroge aussi les contours de l’intimité, le dévoilement : comment un espace privé, une histoire intime sont donnés à voir ? La nudité induit aussi, selon les mots de Giorgio Agamben, une réflexion sur l’image. 

Ainsi, les deux artistes questionnent le médium photographique, soit en transposant des éléments de séances de prises de vue (Enna Chaton qui redessine des corps photographiés sur le verre qui recouvre un dessin), soit en ressourçant le dessin avec des images collectées sur internet, prises à l’Iphone ou exhumées dans les albums de famille (Jihane Khelif). Chacune fait de l’histoire intime (vécue ou appropriée comme la collecte d’images sur des sites pornographiques par Jihane Khelif) l’origine du geste graphique, tout en cherchant à sonder la “connaissabilité” de la chose regardée : le sexe du père, une scène de fellation anonyme.

“La nudité du corps humain est son image, c’est à dire le tremblement qui le rend connaissable, mais qui reste, en soi, insaisissable. D’où la fascination tout à fait spéciale que les images ne manquent d’exercer sur l’esprit humain. C’est justement parce que l’image n’est pas la chose, mais sa connaissabilité (sa nudité) qu’elle n’exprime ni ne signifie la chose ; et pourtant, dans la mesure où elle n’est que le moyen par lequel la chose se donne à la connaissance, l’acte par lequel elle se dépouille des vêtements qui la recouvraient, la nudité n’est autre que la chose. Elle est la chose même.”
— Giorgio Agamben, Nudités, Paris, Payot-Rivages, 2009

Enna Chaton

Le corps commun

« Depuis les années 1990, je m’intéresse à la nudité mise en situation. Mes parents ont été les premiers modèles : des corps familiers placés dans des lieux domestiques. Posant nus, face et avec moi, j’ai dévoilé une part de leur intimité. Montrer ces corps, sans tabou ni pudeur a pro- voqué une subversion douce. Le point de vu frontal, banal volontairement adopté a déstabilisé la représentation habituelle du père et de la mère. Peu à peu je me suis adressée à d’autres personnes, j’ai poursuivi le travail avec la famille, puis, avec des proches, et enfin avec des inconnus, le corps commun. » Enna Chaton 2017.

Professeur aux Beaux-Arts de Sète, photographie, vidéo.
2009 > Concours Professeur territorial d’art, spécialité arts plastiques, photographie.
1995 > DNSEP, Ecole Nationale Supérieure d’Art de Cergy-Pontoise.

Jihane Khelif

« Mes recherches  plastiques s’intéressent à la représentation du corps dans l’espace (le paysage, l’espace de vie, l’espace social, l’espace vide …). Par des cadrages surprenants, des points de vue souvent incongrus, je revisite le genre traditionnel du portrait. Surgit un corps humain, parfois animal, vivant, parfois mort, souvent fantomatique […]. » Jihane Khelif, 2022.

Jihane Khélif est née en 1982 à Nogent sur Marne. Elle grandit à Marseille et y fréquente dès son plus jeune âge l’annexe de l’école des Beaux-Arts. Elle y développera sa passion pour le dessin et la peinture, puis poursuivra son parcours artistique à la Faculté de Lettres et Arts d’Aix-Marseille. En 2004 et 2013, elle réussit les concours du Capes et de l’Agrégation d’Arts Plastiques qui lui permettront d’enseigner et s’installe à Narbonne où elle continue ses recherches plastiques dans son atelier.

Galerie Lligat, 12 rue de la Révolution Française 66000 Perpignan

Du mercredi au vendredi 14 h-19 h samedi 11 h-18 h et sur rendez-vous Tél : +33 (0)6 14 36 40 01 

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