Rétrospective Véronique ELLENA | Musée Réattu – Arles

Véronique ELLENA  RétrospectiveLe cycliste (détail), série Ceux qui ont la foi, 2003, collection particulière © Véronique Ellena, 2018

Du 30 juin au 30 décembre 2018

http://www.museereattu.arles.fr

Véronique ELLENA, Témoin passionné de la vie quotidienne dont elle révèle la spiritualité et magnifie la dimension rituelle à travers ses séries, photographe des choses simples auxquelles elle confère beauté et noblesse dans ses portraits, paysages et natures mortes délicatement mis en scène, Véronique Ellena est une artiste singulière dont le musée Réattu propose de découvrir l’oeuvre dans toute son ampleur.
Cette première rétrospective institutionnelle invite à s’immerger au coeur de trente années de création, ponctuées de séries emblématiques développées à travers la commande publique (Les Grands moments de la vie, Le plus bel âge, Le Havre) et émaillées de résidences artistiques donnant naissance à des ensembles majeurs comme Les Classiques cyclistes ou Les Natures mortes de la Villa Médicis.
La douceur qui imprègne sa pratique photographique lui permet d’aborder des sujets sensibles comme Les Invisibles, ou plus autobiographiques, quand elle s’intéresse aux maisons qui ont marqué son histoire familiale, sondant la présence de ceux qu’elle a aimés au détour de paysages intimes et de scènes d’intérieur dont l’enjeu n’est autre que celui de la mémoire.
Jeune fille dans sa chambre, série Le plus bel âge, 2000, Centre national des arts plastiques, inv. FNAC 991134 © Véronique Ellena, 2018Revendiquant une approche plasticienne du médium, elle relève aussi le défi de l’architecture en s’associant au maître-verrier Pierre-Alain Parot pour répondre à la commande du Vitrail du Millénaire de la Cathédrale de Strasbourg. Ce projet trouve un écho dans la réalisation d’un nouveau vitrail, La Vigne du Clos, qui vient interroger, au coeur même du musée Réattu, le rapport entre lumière et matière, image photographique et verre. Quant aux Clairs-Obscurs, ils constituent l’axe majeur des recherches actuelles de l’artiste, qui trouve dans ces images spectrales et mystérieuses une manière nouvelle de penser sa pratique photographique.

LA VIE QUOTIDIENNE (1)
Depuis le début des années quatre-vingt-dix, Véronique Ellena consacre une partie de son oeuvre à l’élaboration de grandes Un angle de l’avenue Foch, série Le Havre, 2007, collection du Musée d’art moderne André Malraux, Le Havre, inv. 2007.3.1 © Véronique Ellena, 2018reflétantfresques consacrées à la vie quotidienne : Les Dimanches, Les Recettes de cuisine, Les Supermarchés… Ancrées dans la société de son époque sans pour autant tenir du reportage, ces séries déclinent avec humour et tendresse les moments qui rythment la vie d’une classe moyenne que l’artiste met en scène avec justesse. Étonnant mélange de simplicité et de noblesse, ses images convoquent autant l’esthétique des séries photographiques d’Andreas Gursky sur la société de consommation que les scènes de genre des frères Le Nain au 17e siècle, en passant par la presse populaire contemporaine, de Femme actuelle à Nous deux. Faire son jogging, préparer un repas en famille, écrire son journal intime… Ces activités banales, a priori dénuées de tout intérêt artistique, s’inscrivent ainsi dans une quête permanente de beauté et de spiritualité au quotidien, qui trouve dans les portraits de Ceux qui ont la foi (2003) une incarnation plus parfaite encore.

Via Marsala, série Les invisibles, 2011, collection particulière © Véronique Ellena, 2018SUITES ITALIENNES (2)
En marge de sa vie de pensionnaire, c’est au cours d’échappées nocturnes que Véronique Ellena découvre la vraie Rome, celle qui se vit en dehors des monuments et des oeuvres d’art qui en constituent le saisissant décor. C’est à l’aube, lorsque la ville est silencieuse et débarrassée de ses touristes, que la présence des sans-abri qui la peuple en silence se fait la plus forte, et c’est avec toute la bienveillance de son regard qu’elle va immortaliser ces personnages semblant faire corps avec le paysage, devenus invisibles parce qu’on ne les regarde plus, écrasés sous le poids des architectures somptuaires qui monopolisent le regard. Poursuivie à Gênes et à Turin, cette ode sublime et sculpturale aux sans-abri reste fidèle à la dialectique première de l’oeuvre de l’artiste : établir des passerelles entre le Beau officiel, que la ville éternelle porte à son plus haut degré d’expression, et le monde tel qu’il est, sans voyeurisme ni violence.

Commissariat
Andy-William Neyrotti – Véronique Ellena

Musée des beaux-arts, Ancien Grand Prieuré de l’Ordre de Malte 10 rue du Grand Prieuré 13200 Arles tél : 04 90 49 38 34

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