Rétrospective Jean Dieuzaide – 60 ans de photographie – Toulouse

Jean Dieuzaide, Les Carmélites bûcheronnes, Carmel de Muret, 1967. Mairie de Toulouse, Archives municipales - 60 ans de photographie - 100 ans - Toulouse

Jean Dieuzaide – 60 ans de photographie Centenaire de sa naissance

Du 4 décembre 2021 au 6 mars 2022

Dieuzaide dans la ville

À l’occasion du centenaire de la naissance de Jean Dieuzaide, la Mairie de Toulouse consacre une grande exposition rétrospective à ce photographe d’envergure.

Dieuzaide connu et inconnu

L’exposition mêle à la fois des oeuvres bien connues du public et des photographies peu présentées, voire jamais exposées. Une relecture de l’oeuvre a permis de mettre en lumière des facettes moins explorées, de découvrir des oeuvres pourtant sélectionnées par le photographe, mais qui sont restées le plus souvent dans ses cartons comme Hommage à Moussorgsky, Dialogue chez mes beaux-parents à Tarbes ou bien encore Parachutisme. Une attention particulière est dédiée à des photographies prises en reportage où Dieuzaide laisse en suspension le décisif et met à distance l’événement.

Dieuzaide, un grand professionnel, un artiste

Comme les photographes de sa génération, grand professionnel, Dieuzaide répond à des commandes pour des sociétés de la région toulousaine : Pechiney, Aquitaine chimie, AZF, Sud-Aviation et Aérospatiale… L’exposition montre d’ailleurs le photographe en action en une dizaine de portraits, ainsi que son atelier dont il a dessiné les plans. Et en majesté sur les cimaises, figurent des prises de vue exceptionnelles sélectionnées par l’artiste : Deux Concordes en stationnement, le Four solaire de Mont-Louis…

Collaborateur de plusieurs maisons d’éditions, Jean Dieuzaide effectue de nombreux reportages en France, en Sardaigne, dans la péninsule Ibérique, en Turquie et signe une trentaine d’ouvrages. Plusieurs photographies sont devenues des icônes. La part humaniste de l’oeuvre figure en bonne place dans l’exposition qui offre bien d’autres merveilles d’une oeuvre riche et singulièrement plus complexe.

Hors de toute commande, Dieuzaide effectue des recherches personnelles à la prise de vue et au laboratoire. L’exposition en propose un large éventail puisé dans la célèbre série Vacances dans ma maison, mais aussi Le brai ou bien encore Recherches pour l’exposition de l’électronique.

Des oeuvres, des reportages et des archives

L’exposition offre 148 oeuvres, et 81 documents dont la plupart proviennent du fonds Jean Dieuzaide conservé aux archives municipales de Toulouse.

Des planches contact, des contacts agrandis, des livres, des périodiques, des films mettent en perspective l’oeuvre et ses conditions d’élaboration dans le contexte artistique et culturel des Trente Glorieuses et des décennies suivantes.

Les oeuvres dites artistiques et les photographies de reportage sont différenciées dans leur présentation sur les cimaises alors que les archives prennent place dans des vitrines.

Françoise Denoyelle

Commissaire de l’exposition, historienne de la photographie

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La Mairie de Toulouse, qui est propriétaire de la plus grande partie du fonds Dieuzaide et qui souhaite le faire vivre, présente plus de 200 oeuvres et archives, parfois inédites, révélant le talent d’un artiste capable de transcender le réel et le rôle d’un homme essentiel pour la reconnaissance de la photographie.

Talentueux, exigeant et prolifique, pendant presque 60 ans, Jean Dieuzaide a travaillé sans relâche, mêlant les commandes – presse, industrie, édition et institutions – et les explorations personnelles. Si sa carrière est propulsée par le portrait du général de Gaulle en 1944, elle se poursuit en cherchant l’image forte, unique, graphique. Il la trouvait dans les rues de Toulouse, les champs du Portugal, en Catalogne ou dans les montagnes de Turquie, mais aussi dans les grands chantiers de la France des Trente Glorieuses.

Au service d’une photographie narrative, il approfondit ses prises de vue jusqu’à dévoiler sa vision, abstraite et esthétique, d’un événement, un paysage, un édifice. Il reste toujours en alerte, à la recherche d’un au-delà à révéler, comme dans son travail sur le brai, matière visqueuse rencontrée lors d’un reportage pour les Houillères du bassin d’Aquitaine et qui l’a fasciné. Il en a tiré la série intime Mon aventure avec le brai.

Très tôt, il échange avec ses pairs, rejoint plusieurs cercles de photographes, en crée, intensifiant son engagement pour la reconnaissance du métier et de la discipline. Naturellement, il s’implique dans les Rencontres internationales de la photographie, à Arles, auxquelles il offre un écho en créant, en 1974, la galerie municipale du Château d’Eau, à Toulouse. Elle devient la première galerie publique exclusivement dédiée à l’exposition de photographie en France.

Que ce soit à Arles, Toulouse ou Paris, Jean Dieuzaide couvre, en reporter, ces années foisonnantes, créant un fonds d’archives photographiques unique.

Sous le commissariat de Françoise Denoyelle, historienne de la photographie, auteure de nombreux ouvrages, le Château d’Eau et les Archives municipales, où est conservé le fonds, se sont mobilisés pour présenter des oeuvres provenant des réserves de la Ville de Toulouse, de la famille Dieuzaide – Madame Françoise Dieuzaide et Monsieur Michel Dieuzaide – d’institutions publiques et de collectionneurs privés.

Certaines de ces images sont des icônes : Dali dans l’eau, La Petite Fille au lapin, ou encore La Gitane du Sacromonte. D’autres, sans avoir le même retentissement, ont été largement publiées et exposées. La richesse du fonds nous a permis de révéler de grandes photographies, restées inexploitées jusqu’à aujourd’hui et ouvre de nouvelles perspectives de valorisation.

Des archives audiovisuelles viennent compléter cette rétrospective présentée au réfectoire du Couvent des Jacobins. Le catalogue reprend l’ensemble de l’exposition et, avec ses archives documentées, constitue un ouvrage de référence sur Jean Dieuzaide et le monde de la photographie des années 1950-1980.

 

Vue de l’exposition

Couvent des Jacobins, Entrée par l’église, Place des Jacobins – Allée Maurice Prin 31 000 Toulouse